Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 27 février 2015

écouter: Stanislas Morel, La médicalisation de l'échec scolaire



écouter: Stanislas Morel, La médicalisation de l'échec scolaire
Les Oreilles Loin Du Front, 28.01.2015

Stanislas Morel
La médicalisation de l'échec scolaire
La Dispute
2014

Présentation de l'éditeur
Phobie scolaire, dyslexie, précocité intellectuelle, hyperactivité : les enseignants et les professionnels du soin sont aujourd'hui submergés par les demandes de traitement de « difficultés scolaires » imputées à un ensemble de plus en plus étendu de « troubles ». Comment expliquer cette manière de concevoir l'échec scolaire comme un problème strictement individuel et de nature psychologique ou médicale ?
Dans cette enquête, l’auteur, maître de conférences en sociologie, questionne la médicalisation de l'échec scolaire et montre pourquoi ces diagnostics et les traitements qui les accompagnent paraissent de plus en plus naturels. Il analyse la contribution respective des scientifiques et des professionnels du soin, des hauts fonctionnaires et des experts des questions scolaires, des familles et des associations de parents, de l'école et des enseignants, à la construction de cette prétendue évidence.
Cet ouvrage éclaire d'un nouveau jour les inégalités à l'école, et interroge la situation d'une institution en passe de perdre la main sur la résolution collective du problème de l'échec scolaire.
Stanislas Morel, Maître de conférences à l'Université de Saint-Étienne
Extrait

jeudi 26 février 2015

écouter: Christelle Avril, Les aides à domicile : Un autre monde populaire



écouter:  Christelle Avril, Les aides à domicile : Un autre monde populaire
Midi Magazine par Laurence Arven, 30.10.2014
Christelle Avril
Les aides à domicile
Un autre monde populaire
Postface d'Olivier Schwartz
 La Dispute
Corps Santé Société
2014
 
Présentation de l'éditeur
Plus de cinq cent mille femmes travaillent comme aides à domicile en France ; ce chiffre ne cesse d’augmenter face aux besoins croissants des personnes âgées et des familles. Mais qui sont ces femmes – parce que ce sont essentiellement des femmes – et quelles sont leurs conditions d’existence ? Sait-on vraiment en quoi consiste leur travail quotidien ? Que signifie pour elles travailler auprès de personnes âgées ?
Christelle Avril, sociologue, maîtresse de conférences à l’université Paris-XIII et chercheuse au laboratoire IRIS, travaille sur l’articulation entre classe, genre et « race » dans une perspective résolument empirique et en multipliant les méthodes d’enquête et d’analyse. Elle éclaire l’univers des femmes des milieux populaires en partant, de façon inédite, de la scène professionnelle.
L’auteure révèle ainsi parmi ces travailleuses du bas de l’échelle sociale de profondes divisions qui différencient les attitudes de classe, opposent immigrées et non immigrées, ou encore distinguent les conceptions de l’identité féminine.
Fondé sur une enquête de terrain extrêmement riche et sur des données chiffrées, cet ouvrage, dont Olivier Schwartz souligne dans sa postface l’importance et l’audace, éclaire les rapports et les tensions qui mettent en mouvement l’ensemble de la société.
Christelle Avril est sociologue, maîtresse de conférences en sociologie à l'université Paris 13-Nord, membre du laboratoire IRIS (CNRS, INSERM) et du master "Genre, politique, sexualité" de l'EHESS. Elle a contribué à l'ouvrage Charges de famille : Dépendance et parenté dans la France contemporaine, La Découverte, en 2003 et à L'insertion professionnelle des femmes : Entre contraintes et stratégies d'adaptation, aux PUR, en 2006.
Elle a co-dirigé "Classes populaires et services publics" de la revue Sociétés contemporaines, en 2005. Elle est également l'auteure de plusieurs articles dans des revues de sciences sociales et a publié, en collaboration avec Marie Cartier et Delphine Serre, Enquêter sur le travail : Concepts, méthodes, récits, La Découverte, "Grands Repères", en 2010. 
extraits

mercredi 25 février 2015

en ligne: Savoir/agir n°27, Syndicalismes en luttes

en ligne sur le site de Savoir/agir:

Savoir/agir n°27, Syndicalismes en luttes
Editions du Croquant, 2014
s'abonner


Dossier coordonné par Nathalie Ethuin et Karel Yon

Éditorial

Quand le gardien du Temple devient le sauveur des marchés financiers, par Frédéric Lebaron

Dossier

Syndicalismes en luttes, coordonné par Nathalie Ethuin et Karel Yon
Les formes contemporaines de l’activité gréviste en Europe occidentale : la domination de la grève politique de masse, par Gregor Gall
Les syndicats dans le capitalisme financier européen : Le cas allemand, par Hans-Jürgen Urban
Les mouvements sociaux dans le Brésil de Lula et Dilma : quelle place pour le syndicalisme ?, par Andréia Galvão
Le syndicalisme en (dans la) crise. Quelques réflexions à partir des réformes du marché du travail en Espagne, par Adoración Guamán et Francisco Trillo
Une mobilisation syndicale traversée par le souffle des Indignés ? La « marée verte » dans le secteur de l’éducation à Madrid, par Sophie Béroud
Le syndicalisme français en proie à la logique des « camps », par Jean-Marie Pernot
Se syndiquer pour l’indépendance : quelques remarques à propos de l’Union Générale des Travailleurs de la Guadeloupe, par Pierre Odin

Grand entretien

Faire de la sociologie des sciences avec un marteau ? Science et éthique en action. Entretien avec Yves Gingras

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche. Des municipales aux européennes, par Louis Weber

Sociogenèse du Front de gauche

Syndicalistes entrés en politique avec le Front de gauche

La rhétorique réationnaire

La valse des étiquettes politiques, par Gérard Mauger

Chronique d’outre-Manche

L’esprit de 1945, par Keith Dixon



mardi 24 février 2015

en ligne: Actes de la recherche en sciences sociales, n° 188 – Juin 2011 // Statistiques et sociologie


en ligne sur Cairn.info:   
Actes de la recherche en sciences sociales, n° 188 – Juin 2011 // Statistiques et sociologie, Seuil
S'abonner

Jean-Claude Combessie
Analyse critique d'une histoire des traitements statistiques des inégalités de destin  
Le cas de l'évolution des chances d'accès à l'enseignement supérieur
Ferdinand Tönnies
Statistique et sociographie
Version HTML 
Bénédicte Zimmermann
Ferdinand Tönnies, sociologue empiriste

Hors thème

Daniel Bachet
Des pratiques professionnelles sous tension
L'examen clinique des salariés en médecine du travail
Arnaud Sébileau
Le monopole professoral en question
Le cas de l'éducation physique et sportive en France
Marie-Pierre Pouly 
Proust ethnographe et policier symbolique
Diffusion de l'anglais et maintien des écarts linguistiques
Version HTML


lundi 23 février 2015

Arnaud Sébileau, Rester dans le vent. Sociologie des véliplanchistes et de leurs temporalités

Arnaud Sébileau
Rester dans le vent
Sociologie des véliplanchistes et de leurs temporalités
Préface de Gildas Loirand
P.U. Rennes
2014


Présentation de l'éditeur
Tout en retraçant l'histoire sociale de la planche à voile, cet ouvrage traite des conflits entre les promoteurs de ce sport à propos des rythmes de renouvellement de l'offre d'équipements et de la légitimité conditionnelle, du point de vue de la demande, de ces temporalités d'innovation. Principalement membres de la bourgeoisie nouvelle, les véliplanchistes n'actualisent effectivement pas tous leurs pratiques et leurs matériels à la même vitesse que les fabricants et navigateurs de l'élite professionnelle.
Les pratiquants ayant tardé à renouveler leurs équipements s'exposent à être relégués au statut d'amateurs peu éclairés et à être dépassés sur l'eau par des adversaires mieux armés. Ceux qui restent au contraire dans le rythme de transformation de l'offre de matériels et de modalités de navigations ont ainsi le pouvoir de mettre en défaut culturel les plus en retard en la matière. Car ne pas suivre ce tempo condamne à la relégation : c'est ce que subissent les adeptes de la planche à voile disqualifiée d'arrière-garde par ceux qui, parmi eux, sont passés au kitesurf.
Pour rester compétitif et "dans le vent", il ne suffit pas pour autant d'acheter les derniers nés des produits : il faut surtout aux pratiquants de ces sports concéder du temps pour actualiser sans cesse leurs savoirs et prétendre maîtriser la culture légitime en ce domaine. Construite autour de la problématique de la discordance temporelle entre l'offre et la demande, l'analyse proposée par ce livre ne se restreint pas à celle d'un sport : elle permet de comprendre comment, dans les classes dominantes, les produits culturels sont érigés en "mode" et comment ils deviennent désuets.
Arnaud Sébileau est sociologue à l'institut de formation à l'Éducation physique et en sport d'Angers (ifepsa), membre de l'équipe de recherche "Activité physique, corps, sports et santé" (APCoSS) au sein du pôle de recherche de l'université catholique de l'Ouest (UCO), et chercheur titulaire du Centre nantais de sociologie (CENS EA 3260) de l'université de Nantes. 



dimanche 22 février 2015

Stéphane Rennesson, Les Coulisses du Muay Thai. Anthropologie d'un art martial en Thaïlande


Stéphane Rennesson
Les Coulisses du Muay Thai
Anthropologie d'un art martial en Thaïlande
Les Indes Savantes
2013

Présentation de l'éditeur
Construit à partir d'une enquête ethnographique de plus de deux ans, cet ouvrage rend compte de manière vivante des différentes étapes de la filière qui font de jeunes garçons du Nord-Est thaïlandais, pour la plupart fils de paysans et d'ouvriers, des boxeurs de muay thai accomplis. Ce véritable sport national n'est ni une catharsis des passions refoulées dans une société imprégnée par le bouddhisme theravada où l'on valorise le contrôle de soi et l'évitement des conflits, ni une pratique de combat efficace car hyper violente.
Loin des clichés, Stéphane Rennesson préfère envisager le duel physique brutal organisé dans la boxe thaïlandaise comme une mise en jeu paroxystique des valeurs morales des individus permettant de jouer de l'aspect équivoque de la violence physique et des codes locaux d'interaction. La complexité des enjeux sociaux que le muay thai cristallise est rendue par la description méticuleuse de tout ce qui se joue autour des pugilistes, leurs parents, leurs entraîneurs ainsi que le monde des promoteurs, des juges arbitres, des parieurs, des journalistes et des hommes politiques.
La filière de la boxe se déploie alors selon deux fils directeurs. Le premier correspond à l'organisation d'un combat depuis l'entraînement jusqu'au ring en passant par les séances de comparaison, la préparation des compétitions et leur médiatisation. Le second satisfait à la progression d'un boxeur, depuis son initiation jusqu'à sa consécration dans les médias. En faisant du corps à corps la forme relationnelle de référence et autour de laquelle les autres se tissent, Les coulisses du Muay thai propose un anthropologie des corps au pluriel et non au singulier : chaque boxeur ne vaut vraiment que dans la perspective future, présente et/ou passée de sa confrontation avec ses pairs sur le ring.
Le lecteur se retrouve ainsi au plus près de l'action et accède directement à la façon si particulière dont la recherche et l'organisation de la confrontation entre deux individus produit dans la boxe thaïlandaise une science de l'interaction tout à fait remarquable.  
Anthropologue, Stéphane Rennesson est chargé de recherches au CNRS et enseigne à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. Après la boxe, il étudie en Thaïlande d'autres jeux populaires qui requièrent plus spécifiquement l'instauration de collaborations insolites entre humains et animaux : combats de scarabées, de poissons, de coqs et de taureaux, concours de chant de tourterelles et de bulbuls Orphée.

vendredi 20 février 2015

Sébastien Fontenelle, Éditocrates sous perfusion : les aides publiques à la presse, trente ans de gabegie

Sébastien Fontenelle
Éditocrates sous perfusion 
Les aides publiques à la presse, trente ans de gabegie
Libertalia
2014

Présentation de l'éditeur
« Les journaux et magazines “de référence” publient régulièrement de longues exhortations à “réduire la dépense publique”, et des anathèmes contre “la France des assistés”.
Mais depuis trente ans, ces mêmes publications sont littéralement gavées de millions d’euros d’aides publiques – qui ne servent à rien, puisque la presse écrite continue de s’enfoncer dans une crise structurelle. Mais qui représentent jusqu’à 12 % de leur chiffre d’affaires.
Cette gabegie, documentée par de nombreux rapports, est de celles qui font généralement, pour les journalistes spécialisés dans la chasse à l’“assistanat” et aux “gaspillages”, un scandale réussi.

Or la révélation que le contribuable nantit la presse écrite de gigantesques subventions ne leur inspire aucun commentaire. Car ici, le silence est d’or : l’éditocratie sous perfusion l’a parfaitement compris, qui continue de faire sponsoriser par l’État ses incessants appels à diminuer la dépense étatique… »
Sébastien Fontenelle est journaliste. Il est l’auteur de Poste stressante (Le Seuil, 2013) et de La Position du penseur couché (Libertalia, 2007). Il a contribué à l’ouvrage collectif Les Éditocrates (La Découverte, 2009).