Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mardi 31 mars 2015

Catherine Dossin, The Rise and Fall of American Art, 1940s–1980s. A Geopolitics of Western Art Worlds

Catherine Dossin
The Rise and Fall of American Art, 1940s–1980s
A Geopolitics of Western Art Worlds
Ashgate
2015

Présentation de l'éditeur
In The Rise and Fall of American Art, 1940s-1980s, Catherine Dossin challenges the now-mythic perception of New York as the undisputed center of the art world between the end of World War II and the fall of the Berlin Wall, a position of power that brought the city prestige, money, and historical recognition. Dossin reconstructs the concrete factors that led to the shift of international attention from Paris to New York in the 1950s, and documents how ‘peripheries’ such as Italy, Belgium, and West Germany exerted a decisive influence on this displacement of power. As the US economy sank into recession in the 1970s, however, American artists and dealers became increasingly dependent on the support of Western Europeans, and cities like Cologne and Turin emerged as major commercial and artistic hubs - a development that enabled European artists to return to the forefront of the international art scene in the 1980s. Dossin analyses in detail these changing distributions of geopolitical and symbolic power in the Western art worlds - a story that spans two continents, forty years, and hundreds of actors. Her transnational and interdisciplinary study provides an original and welcome supplement to more traditional formal and national readings of the period. 
Catherine Dossin is Associate Professor of Art History at Purdue University, USA.

lundi 30 mars 2015

Christophe Charle, La dérégulation culturelle. Essai d'histoire des cultures en Europe au XIXe siècle

Christophe Charle
La dérégulation culturelle
Essai d'histoire des cultures en Europe au XIXe siècle
PUF
2015

Présentation de l'éditeur
Le XIXe siècle fut le moment d’affirmation et de construction d’une véritable Europe des cultures où romans, opéras, pièces, musiques, idées nouvelles ont circulé comme jamais auparavant. La dérégulation culturelle fonde cette dynamique contradictoire où se rencontrent les forces du marché, les aspirations à la liberté créatrice, les volontés d’émancipation par l’accès aux pratiques culturelles, l’émulation entre anciennes et jeunes nations.
Christophe Charle propose ici une relecture originale des cultures nées dans une Europe qui exporte dans le monde entier livres, musiques, opéras, œuvres d’art, modes de vie et innovations techniques. Les frontières politiques et religieuses s’ouvrent, les censures s’atténuent, les héritages académiques laissent enfin place aux innovations et aux transgressions entre les genres, les arts, les pratiques et les publics. Synthèse de très nombreux travaux dans plusieurs langues et d’enquêtes originales issues de trois décennies de recherches personnelles et collectives de l’auteur, ce livre restitue la modernité sociale et symbolique d’un moment capital de notre patrimoine culturel.
Christophe Charle est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, spécialiste d’histoire sociale et culturelle comparée de l’Europe. Il a écrit ou dirigé une trentaine d’ouvrages, dont Discordance des temps, une brève histoire de la modernité (A. Colin, 2011), Histoire des universités (avec J. Verger, Puf, 2012) et Homo historicus (A. Colin, 2013).

samedi 28 mars 2015

Michel Foucault, Qu’est-ce que la critique? Suivie de La culture de soi

Michel Foucault 
Qu’est-ce que la critique? 
Suivie de
La culture de soi
Vrin
2015

Présentation de l'éditeur
Édition établie par H.-P. Fruchaud et D. Lorenzini
Introduction et apparat critique par D. Lorenzini et A.I. Davidson
Le 27 mai 1978, Michel Foucault prononce devant la Société française de Philosophie une conférence où il inscrit sa démarche dans la perspective ouverte par l’article de Kant Qu’est-ce que les Lumières? (1784), et définit la critique, de manière frappante, comme une attitude éthico-politique consistant dans l’art de n’être pas tellement gouverné. Ce volume en présente pour la première fois l’édition critique.
Il présente également la traduction d’une conférence inédite intitulée La culture de soi, prononcée à l’Université de Californie à Berkeley le 12 avril 1983. C’est le seul moment où, en définissant son travail comme une ontologie historique de nous-mêmes, Foucault établit un lien significatif entre ses réflexions sur l’Aufklärung et ses analyses de l’Antiquité gréco-romaine. Au cours du même séjour en Californie, Foucault participe aussi à trois débats publics où il est amené à revenir sur plusieurs aspects de son parcours philosophique, et dont on trouvera les textes à la suite de la conférence.

vendredi 27 mars 2015

écouter: Dominique Plihon, présentation de l'ouvrage d'ATTAC & Basta! Le livre noir des banques


écouter: Dominique Plihon, présentation de l'ouvrage d'ATTAC & Basta! Le livre noir des banques
La Grande table (2ème partie) par Caroline Broué, 17.02.2015



ATTAC & Basta!
Le livre noir des banques
Les Liens qui Libèrent
2015

Présentation de l'éditeur
Des centaines de milliards d’euros : c’est ce qu’ont coûté les plans de sauvetage des banques françaises après le quasi-effondrement du système financier mondial en 2008, pris au piège de ses propres folies spéculatives. Indignation de l’opinion, grandes promesses de régulation : on allait voir ce qu’on allait voir pour recadrer une finance devenue « ennemie ».
Six ans plus tard, où en est-on ? Les banques sont-elles redevenues utiles à l’économie et à la société ? C’est tout le contraire ! Elles paient toujours moins d’impôts et favorisent l’évasion fiscale. Elles continuent de spéculer sur les matières premières et financent des projets très polluants. Elles détournent l’épargne d’utilité sociale ainsi que les financements abondants et gratuits reçus de la Banque centrale européenne. Nos banques coûtent très cher à la société et constituent une véritable et dangereuse bombe à retardement. Ce livre révèle le prix exorbitant, mais passé sous silence, de leurs activités. Et permet de comprendre comment la finance, et notamment les principales banques françaises, organise cette gigantesque captation de richesse, d'une ampleur inégalée.
Ce livre explique aussi pourquoi les responsables politiques ont accepté, sans exception, de maintenir un système qui privatise les profits et socialise les pertes. Il montre comment les réformes annoncées ont été réduites à minima. Il retrace l'histoire de conflits d'intérêts et de collusions incroyables, d'une capture idéologique inouïe, de responsables politiques et administratifs sous influence. Une histoire de renoncements, d'aveuglements et de complicités. Entrons dans le monde des banques françaises. Là où la finance a un visage. Celui d'une oligarchie bancaire plus que grassement rémunérée, coupable d’un véritable hold-up planétaire… 


jeudi 26 mars 2015

Maryse Bresson, Fabrice Colomb, Jean-François Gaspar (dir.), Les territoires vécus de l'intervention sociale

Maryse Bresson, Fabrice Colomb, Jean-François Gaspar (dir.)
Les territoires vécus de l'intervention sociale
Presses Universitaires du Septentrion
Le regard sociologique
2015

Présentation de l'éditeur
La territorialisation, en déplaçant les politiques publiques nationales vers l'échelle locale, permet-elle de dépasser les limites des politiques sociales et de repenser l’enjeu du « vivre ensemble » ?
Les auteurs, sociologues et politistes de différents pays apportent un éclairage renouvelé sur cet enjeu majeur des réformes engagées depuis les années 1980, en se situant sous l’angle des territoires vécus par les acteurs.
Sans occulter les différences selon les territoires, l’ouvrage met en évidence une remarquable convergence des évolutions dans leurs pays. La montée en puissance des systèmes locaux et les partenariats, les modes d’organisation et de partition renouvelés de l’espace et des pratiques professionnelles sont resitués dans un mouvement plus global de fragmentation et d’individualisation du social, justifiant l’idée de territorialisation néolibérale. Pourtant, les facettes de la territorialisation sont multiples, inséparables de la diversité des « problèmes » que s’attache à résoudre l’intervention sociale. Les interactions et les luttes pour définir les rôles de chacun, politiques, professionnels, bénévoles contribuent à la façonner. Et trop souvent alibi de réformes qu’ils perçoivent peu et mal, les usagers-bénéficiaires mettent en œuvre des formes de réappropriation. Aussi cet ouvrage invite à poursuivre et ouvrir les débats sur le type de solidarité qui, à travers la territorialisation, participe d’un processus général de transformation de la société.
Maryse Bresson, Professeure de sociologie, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Fabrice Colomb, Maître de conférences en sociologie, Université d’Evry Val d’Essonne, Centre Pierre Naville. Jean-François Gaspar, Maître assistant, Haute Ecole Louvain en Hainaut, Haute Ecole Namur-Liège-Luxembourg, Centre d’Etudes et de Recherches en Ingénierie et Action Sociales, Centre européen de sociologie et de science politique (équipe CSE).

mercredi 25 mars 2015

Désordre scolaire. L'école, les familles et les dispositifs relais, Martine Kherroubi, Mathias Millet et Daniel Thin


Désordre scolaire
L'école, les familles et les dispositifs relais
Martine Kherroubi
Mathias Millet
Daniel Thin
PETRA
2015

Présentation de l'éditeur
Nés dans les années 1990, les "dispositifs relais" ont pour mission de prendre en charge les collégiens en ruptures scolaires. Loin de se centrer sur le seul rattrapage scolaire, ces dispositifs mènent une action éducative sur les collégiens et interviennent auprès des familles qu'ils cherchent à impliquer dans le travail de remédiation. En ce sens, ils s'inscrivent dans l'histoire des dispositifs créés par les politiques publiques pour encadrer et transformer les pratiques familiales les moins conformes.
Tout en s'attachant à restituer les pratiques et les logiques institutionnelles, le livre rend compte des relations complexes qu'entretiennent les familles de milieux populaires et les dispositifs de lutte contre le "désordre" scolaire. Il éclaire ainsi les façons dont se structurent les relations de ces familles aux institutions d'encadrement et de socialisation. Il analyse en outre les rapports entre les divers acteurs des dispositifs, notamment la rencontre entre éducateurs et enseignants et ses effets sur les relations avec les parents des collégiens.
L'articulation des logiques institutionnelles et des modes d'appropriation par les familles permet aux auteurs d'éviter deux écueils: ne voir dans ces politiques sociales et leurs dispositifs qu'une forme de contrôle social; ou ne voir, à l'inverse, que l'aide et l'accompagnement mis en avant par les acteurs institutionnels, qui ferait oublier l'asymétrie des positions entre enseignants ou éducateurs et familles.
Le livre restitue de façon vivante le résultat d'une longue enquête, menée par observations, entretiens, questionnaires et archives, auprès des professionnels, des familles et des élèves.
Martine KHERROUBI, Mathias MILLET et Daniel THIN sont sociologues, tous trois spécialistes des questions d'éducation et des milieux populaires. Ils sont respectivement chercheurs au CERLIS (CNRS - Université Paris Descartes), à CITERES (CNRS - Université de Tours) et à TRIANGLE (CNRS/Université Lyon 2).