Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mardi 7 avril 2015

écouter: Céline Braconnier, Les inaudibles. Sociologie politique des précaires


écouter:
Céline Braconnier, Les inaudibles. Sociologie politique des précaires (avec Nonna Mayer)
La La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 06.06.2015

Céline Braconnier Les inaudibles. Sociologie politique des précaires(avec Nonna Mayer)
La Grande table (2ème partie) par Caroline Broué, 30.03.2015



Sous la direction de
Céline Braconnier et Nonna Mayer
Les inaudibles 
Sociologie politique des précaires 
Presses de Sciences Po
2015

Présentation de l'éditeur
Ce livre va au-devant d'une population oubliée et hétérogène, celle des « précaires » : travailleurs pauvres, chômeurs en fin de droits, mères seules avec enfants, bénéficiaires des minima sociaux ou personnes en hébergement d'urgence. Il s'appuie sur une enquête réalisée lors de l’élection présidentielle de 2012, qui cherchait à comprendre et à mesurer l’impact de la précarité sur les rapports des individus à la politique, et sur des entretiens effectués dans des centres d’accueil de jour et lieux de distribution alimentaire à Paris, Grenoble et Bordeaux.
La lutte quotidienne pour la survie incite aux comportements individualistes, à la « débrouille » plus qu’à l’action collective. Elle suscite un profond sentiment d’injustice face aux riches, mais ne pousse pas à la révolte. Le lien avec la politique institutionnelle n’est pourtant pas rompu : les hommes et les femmes en situation de précarité suivent la campagne présidentielle, expriment des préférences, font davantage confiance à François Hollande qu’à Nicolas Sarkozy et plus à Marine le Pen qu’au candidat du Front de gauche.
Ces positions se traduisent néanmoins rarement en bulletins de vote. Faute de dispositifs leur facilitant l’accès à l’espace public, les individus en situation de précarité demeurent, la plupart du temps, inaudibles.
Céline Braconnier est professeure des Universités et directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Nonna Mayer est directrice de recherche CNRS émérite au Centre d'études européennes (CEE) de Sciences Po.




samedi 4 avril 2015

vidéo: La responsabilité de l’écrivain aujourd’hui. Rencontre avec Erri de Luca, autour de son livre ​La Parole contraire, animée par Gisèle Sapiro


La responsabilité de l’écrivain aujourd’hui.  
Rencontre avec Erri de Luca, autour de son livre ​La Parole contraire (Gallimard, 2014), animée par Gisèle Sapiro (directrice d’études à l’EHESS)
EHESS, 12 janvier 2015

Les rendez-vous littéraires de l’EHESS –  Écrire le monde, réfléchir l’écriture
en partenariat avec le Labex TEPSIS et la Maison de la Poésie.
Cette rencontre a été organisée avec le concours des Éditions Gallimard et parrainée par La Nouvelle Quinzaine littéraire et la librairie Tschann.
 © Direction de l'image et de l'audiovisuel de l'EHESS / 2015, Canal-U

vendredi 3 avril 2015

Initiales n° 05 – Initiales A.F. (Andrea Fraser)

Initiales n° 05 Initiales A.F. (Andrea Fraser)
Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Lyon
2015

Présentation de l'éditeur
Le cinquième numéro de la revue d'art et de recherche « rétro-prospective » est consacré à l'artiste et performeuse Andrea Fraser, figure clé de l'art des années 1990 et 2000 et du courant de la « critique institutionnelle » (une monographie complétée par une grande enquête sur l'espace critique réalisée auprès d'une cinquantaine d'artistes, critiques et philosophes internationaux).
Très influencée par la pensée de Pierre Bourdieu (qui signa la préface de son anthologie de textes) et porte-parole d’une critique institutionnelle « deuxième génération », qui après les travaux menés par Daniel Buren, Hans Haacke ou Michael Asher, a élargi la réflexion à d’autres espaces et acteurs institutionnels, ainsi qu’à des méthodologies empruntées à d’autres champs, Andrea Fraser fait partie de ceux qui, au tournant des années 2000, s’est interrogée sur la réconciliation entre la question des affects, du sujet, et celle de l’institution.
Cette question centrale dans le travail de Fraser s’incarne chez elle, dans les changements d’identité et les attributs dont elle se pare : costume strict et «genré» de médiatrice de musée (Museum Highlights - 1989) ; tenue d’Eve quand elle se vend, littéralement, à son collectionneur (Untitled -2003) ; visage nu et en pleurs quand ce sont ses affects d’artiste qu’elle met en pâture chez son psychanalyste (Projection – 2008). A travers ses textes et performances, Andrea Fraser décortique les mécanismes à l’œuvre dans le champ de l’art, son contexte économique, social et politique pour mieux en révéler les ressorts cachés.
Au sommaire de cet Initiales AF, qui a bénéficié du concours actif et précieux de Marie de Brugerolle, la traduction de trois textes inédits en français d’Andrea Fraser, ainsi qu’un grand entretien inédit avec elle ; des essais de Kader Attia, François Cusset, Inès Champey, Ida Soulard, Vincent Normand ; des contributions visuelles signées Philippe Durand, Jean-Luc Moulène, Gerald Petit ou Jean-Baptiste Sauvage. Un cahier spécial dédié à l’actualité et aux formes de l’espace critique vient compléter le numéro. Il comprend des contributions inédites de Dora Garcia, Thomas Hirschhorn, Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós (le peuple qui manque), Council, Yann Moulier Boutang, Michel Surya etc.


jeudi 2 avril 2015

Cécile Rabot, La construction de la visibilité littéraire en bibliothèque

Cécile Rabot
La construction de la visibilité littéraire en bibliothèque
Presses de l'enssib
2015

Lire l'introduction

Présentation de l'éditeur
L’accroissement de la production éditoriale, quand il ne le laisse pas le lecteur démuni, engendre le risque d’une concentration sur un nombre réduit de titres médiatisés. Les bibliothèques ont un rôle essentiel à jouer dans cette économie de l’attention, comme instance de construction de la valeur et de la visibilité.
À partir d’une enquête menée de 2004 à 2010 au sein des bibliothèques de la ville de Paris dans le cadre d’une thèse de doctorat, l’ouvrage interroge les politiques et dispositifs de valorisation des collections. À travers leurs pratiques de sélection, c’est l’identité des bibliothécaires de lecture publique qui se construit, dans un lien ambigu avec l’école et les instances plus reconnues du champ littéraire.
Sociologue, membre du Centre européen de socio­logie et de science politique, Cécile Rabot étudie les mécanismes de production de la valeur littéraire et termine actuellement une étude sur les politiques des bibliothèques municipales en direction des adolescents. Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, elle enseigne au Pôle métiers du livre de Saint-Cloud.


mercredi 1 avril 2015

L'Œil littéraire. La vision comme opérateur scriptural, Etudes réunies par Paul Dirkx

L'Œil littéraire
La vision comme opérateur scriptural
Etudes réunies par Paul Dirkx
P.U.Rennes
2015

Les auteurs

Présentation de l'éditeur
LE regard, qu’il soit insensible ou insistant, discret ou fuyant, semble être inhérent à l’écriture littéraire, quels que soient l’époque, l’aire géographique, le genre ou le type d’écrivain considérés. Toutes les strates textuelles recèlent quelque dispositif optique, du coup d’œil de tel personnage à la visualisation par l’auteur de fragments de son texte en passant par les figures de style imagé ou la focalisation du narrateur. Écriture littéraire et perception visuelle apparaissent comme naturellement coextensives. À telle enseigne que cette relation passe souvent pour une évidence qui ne demande plus vraiment à être examinée. 
En dix chapitres consacrés à autant de corpus relevant des principaux genres et couvrant les xvii e - xxi e siècles, ce livre fait le point sur la question, tout en ouvrant de nouvelles pistes de recherche. Ainsi, l’écriture littéraire entendue comme « écriture-vision » permet de réévaluer le rôle de la lecture en termes de « lecture-vision » plus ou moins compatible. Véritable matrice de vision spéci - fiquement littéraire, cet « œil littéraire » est également un révélateur singulier des options poétiques ou éthiques qui travaillent le texte. Il permet d’avoir une perspective enrichissante sur l’œuvre d’auteurs aussi différents que La Bruyère, Diderot, Woolf ou Bonnefoy, mais aussi sur les logiques et l’évolution du champ littéraire dans son ensemble, espace de points de vue sur la littérature.

Paul Dirkx (université de Lorraine) travaille sur le corps de l’écrivain. Il est l’auteur de livres tels que la Sociologie de la littérature (2000), Les « amis belges ». Presse littéraire et franco-universalisme (2006) et, avec Pascal Mougin, Claude Simon : situations (Lyon, ENS Éditions, 2011).