« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ». Pierre Bourdieu (1992)

mercredi 11 novembre 2015

Les contre-cultures - Genèses, circulations, pratiques. Sous la direction de Bernard Lacroix, Xavier Landrin, Anne-Marie Pailhès, Caroline Rolland-Diamond

Les contre-cultures
Genèses, circulations, pratiques 
Bernard Lacroix, Xavier Landrin, Anne-Marie Pailhès
Caroline Rolland-Diamond (dir.)
Syllepse
La politique au scalpel
2015

Présentation de l'éditeur
Prendre la route, s’installer en communauté, adopter un mode de vie alternatif, militer pour les droits civiques ou contre la guerre du Vietnam, s’engager dans les luttes féministes ou écologistes… Autant de pratiques contestataires que le regard rétrospectif associe spontanément aux «contre-cultures» des années 1960-1970.
Est-il pertinent de reconnaître dans ces deux décennies l’équivalent d’un Âge d’or de la critique sociale et de l’invention utopique ?
Comment rendre compte aujourd’hui de la diversité et de la portée des styles contre-culturels qui voient le jour dans cette période ?
Sous quelles formes et par quelles trajectoires ces styles sont-ils hérités et retravaillés ?
L’analyse conduite ici par des universitaires d’origines géographique et disciplinaire différentes se propose de mettre en perspective, par-delà la diversité des scènes contre-culturelles, des processus rarement interrogés : la formation d’un canon contre-culturel recouvrant aussi bien des productions littéraires, artistiques et musicales (la beat generation, Susan Sontag ou Herbert Marcuse, le free-jazz ou le punk, le situationnisme ou le living theatre) ; la circulation internationale des mots d’ordre et des modes de rassemblement (du «retour à la terre» au Do it yourself, des sit-ins aux différentes formes d’autogestion) ; le dépassement par la pratique elle-même des alternatives (exit ou protestation, critique ou récupération) dans lesquelles on enferme souvent le destin des contre-cultures.

Bernard Lacroix est professeur de  science politique à l’Université Paris-Ouest-Nanterre. Il a notamment publié  L’Utopie  communautaire  (PUF, 1981, 2e  éd., 2006).
Xavier Landrin est enseignant chercheur  en sciences politiques à l’Université Paris -Ouest-Nanterre. Il a publié différents  articles et chapitres d’ouvrages sur la  circulation transnationale des idées. Anne-Marie Pailhès, germaniste, est maître de conférences à l’Université Paris -Ouest-Nanterre et spécialiste de l’histoire  culturelle de l’Allemagne de l’Est.
Caroline Rolland-Diamond, historienne  des États-Unis, est maître de conférences  à l’Université Paris Ouest-Nanterre. Elle  est notamment l’auteure de Chicago : le  moment 68.  (Syllepse, 2011)

mardi 10 novembre 2015

Vanessa Codaccioni, Justice d'exception. L'État face aux crimes politiques et terroristes


Vanessa Codaccioni 
Justice d'exception 
L'État face aux crimes politiques et terroristes 
CNRS
2015

Présentation de l'éditeur
Qu’ont en commun d’anciens collaborateurs qui ont fui la France à la Libération, des activistes de l’OAS, des espions soviétiques, des gauchistes de Mai 68 et de la Gauche prolétarienne, des autonomistes corses, basques et bretons ou des membres d’Action Directe ? D’avoir été jugés par la Cour de sûreté de l’État, une juridiction d’exception créée par le général de Gaulle à la fin de la guerre d’Algérie et supprimée par François Mitterrand au début de son premier septennat.
Siégeant pendant dix-huit ans et réservant à des milliers de militants un traitement radical et spécifique, comme les gardes à vue prolongées, les arrestations de nuit, le jugement par des militaires ou les examens psychiatriques, elle illustre une tradition française de justice politique. Or, ces dispositions contre les « ennemis intérieurs » ne disparaissent pas en 1981 et sont progressivement réintégrées dans l’arsenal sécuritaire pour constituer le socle de la lutte antiterroriste. De la répression de l’OAS au jugement des « malfaiteurs terroristes » par une justice dérogatoire au droit commun aujourd’hui, c’est toute la généalogie de l’antiterrorisme que ce livre retrace.
Par cet ouvrage passionnant qui s’appuie sur des archives inédites, Vanessa Codaccioni interroge la manière dont l’État fait face aux crimes politiques et terroristes depuis les débuts de la Ve République. Mais elle engage une réflexion plus générale sur les frontières, toujours ténues, entre justice ordinaire et justice politique, et sur l’utilisation de dispositifs d’exception en régime démocratique.

Maîtresse de conférences en science politique à l’Université Paris 8, Vanessa Codaccioni est notamment l’auteure de Punir les opposants. PCF et procès politiques, 1947-1962 (2013).

lundi 9 novembre 2015

écouter: Nicolas Roussellier, La force de gouverner. Le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXIe siècles


écouter:
Nicolas Roussellier, La force de gouverner. Le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXIe siècles
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 31.10.2015

Nicolas Roussellier
La force de gouverner
Le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXIe siècles
Gallimard
NRF Essais
2015

Présentation de l'éditeur
Au commencement, les régimes politiques modernes visèrent à affaiblir les pouvoirs du gouvernement. En France, les républicains n'eurent de cesse de réduire la puissance du pouvoir exécutif, afin de conjurer l’arbitraire de la monarchie et de l’empire. Aujourd’hui, notre démocratie présidentielle est concentrée autour d’un chef suprême, tenu non plus pour un obstacle à l’expression du peuple mais pour son principal vecteur. Que s’est-il passé?
Des années 1870 aux années 1930, les assemblées ont contrôlé l’essentiel de la confection des lois et ont dominé l’action du gouvernement, dans une continuité stable, grâce notamment à la permanence des commissions, alors que se succédaient les cabinets. On doit à cette République du Parlement, donc du débat et du compromis, le substrat qui nous régit encore : laïcité, libertés publiques (presse, réunion, syndicats, associations), système moderne de l’enseignement public, protection sociale.
La conduite de la guerre devenue mondiale et le combat contre la crise économique majeure de 1929 instillent à droite comme à gauche l’idée d’un Exécutif fort, clé de voûte constitutionnelle. Depuis la Cinquième République, l’Exécutif décide des lois et de leur instabilité car il en change selon sa couleur politique, et limite la discussion parlementaire qui n’inspire plus l'esprit du régime.
D’où le paradoxe qu’analyse Nicolas Roussellier dans ce grand livre : les juristes se gargarisent d’une «tradition républicaine», véritable vue de l’esprit puisque la logique du régime actuel est l’exact opposé de l’ancien esprit républicain. Historiquement parlant, il n’y a pas eu une République mais deux. Et contrairement à d’autres pays, la France n’a pas su mener à bien la modernisation du pouvoir gouvernemental tout en préservant une tradition parlementaire : elle est passée d’un déséquilibre institutionnel à un autre. Chaque jour, on le constate, elle en paie politiquement le prix fort.  
Historien de la France politique contemporaine, Nicolas Roussellier enseigne à l'Institut des sciences politiques de Paris. 

samedi 7 novembre 2015

Pierre Bourdieu présente Le sens pratique



Pierre Bourdieu présente Le sens pratique, Minuit, Le sens commun, 1980





(Cette liste sera mise à jour au fur et à mesure, Gilbert Quélennec)
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Le sens pratique, Actes de la recherche en sciences sociales, 1976, Numéro 2.1, pp. 43-86

La grande illusion des intellectuels, Entretien avec Didier Eribon, Le Monde Dimanche, 4 mai 1980, aussi Comment libérer les intellectuels libres?, in Questions de sociologie, Minuit, 1980

Entretien avec Pierre Bourdieu : la sociologie est-elle une science ?, par Pierre Thuillier, Recherche, no 112, juin 1980, p. 735-743, aussi Une science qui dérange, in Questions de sociologie

De la règle aux stratégies : entretien avec P. Bourdieu, P. Lamaison, Terrain, n° 4, 1985, pp. 93-100. 4-8, in Choses dites, Minuit, Le sens commun, 1987, P.75-93




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 voir également:


Pierre Bourdieu présente le modèle qu'il a construit dans La Distinction 

Publications de Pierre Bourdieu, autour du livre Le sens pratique 

Pierre Bourdieu avec Abdelmalek Sayad et Bourdieu à propos de Sayad

Pierre Bourdieu avec Mouloud Mammeri et Bourdieu à propos de Mammeri 

Publications de Pierre Bourdieu: à propos de Claude Lévi-Strauss

Publications de Pierre Bourdieu: Ethnologie et sociologie rurale (Algérie, Béarn)

 
Publications de Pierre Bourdieu: la notion de Stratégie

Publications de Pierre Bourdieu: les concepts d'habitus, de capital et de champ 


vendredi 6 novembre 2015

Michel Foucault, Œuvres I, II

Michel Foucault
Œuvres I, II
Gallimard 
Bibliothèque de la Pléiade
2015 


Présentation de l'éditeur
Édition publiée sous la direction de Frédéric Gros avec la collaboration de Jean-François Bert, Daniel Defert, Francois Delaporte et Philippe Sabot, Philippe Chevallier, Bernard Harcourt, Martin Rueff et Michel Senellart
Son œuvre, entre philosophie, histoire et littérature, est difficile à situer. Les disciplines traditionnelles peinent à la contenir. Sa chaire au Collège de France s’intitulait «Histoire des systèmes de pensée». Lui-même ne cessa jamais de relire Kant, Nietzsche, Heidegger, mais il cite moins les classiques de la philosophie que d’obscurs traités, règlements ou manuels conservés dans des fonds d'archives, royaumes des historiens. Des historiens «professionnels» de son temps Foucault partage d’ailleurs l’ambition : ouvrir l’histoire à de nouveaux objets. Il reste que ce sont bien des problématiques philosophiques que renouvellent ses «histoires» (de la folie, de la sexualité), ses «archéologies» (des sciences humaines, du savoir), ses récits de «naissance» (de la clinique, de la prison). «Et j'ai beau dire que je ne suis pas un philosophe, si c'est tout de même de la vérité que je m'occupe, je suis malgré tout philosophe.» Philosophe «malgré tout», Foucault a inventé une nouvelle manière de faire de la philosophie. Il n’a pas apporté une pierre de plus à l’édifice compartimenté de la pensée : en en abattant les cloisons, il en a bouleversé l’architecture. Il a rendu les disciplines communicantes. Certains spécialistes n’ont pas manqué de le lui reprocher.
Et la littérature? Ses livres sont savants. Ils témoignent d’une érudition stupéfiante. Encore faut-il donner forme à l’informe de l’archive. Les citations, le maillage de références, la mise en scène d’épisodes historiques, tout, chez Foucault, est déplié, exposé dans une écriture tour à tour baroque et rigoureuse, austère et splendide, démesurée et classique. En bibliothèque, il se sent porté par les mots des autres. Leur intensité nourrit son écriture. «La lecture se prolonge, se renforce, se réactive par l’écriture, écriture qui est elle aussi un exercice, elle aussi un élément de méditation.» Le matériau des historiens et l’horizon tracé par les philosophes s’augmentent chez lui d’une exigence littéraire apprise auprès de Flaubert, Blanchot, Beckett. Le traiter de «styliste» serait réducteur. Foucault, qui se disait artisan, est un écrivain.
Outre un choix de textes brefs, articles, préfaces ou conférences, cette édition rassemble tous ses livres personnels. Leur influence est immense. Mais leur réunion ne vise pas à former une autobiographie intellectuelle. «Je ne veux pas de ce qui pourrait donner l’impression de rassembler ce que j’ai fait en une espèce d'unité qui me caractériserait et me justifierait.» Voyons plutôt en elle ce que Foucault disait d’Histoire de la folie en 1975 : «J’envisageais ce livre comme une espèce de souffle vraiment matériel, et je continue à le rêver comme ça, une espèce de souffle faisant éclater des portes et des fenêtres…» 

jeudi 5 novembre 2015

Le discours "néo-réactionnaire", Sous la direction de Pascal Durand & Sarah Sindaco


Le discours "néo-réactionnaire" 
Sous la direction de Pascal Durand & Sarah Sindaco
CNRS
Culture & Société
2015

Présentation de l'éditeur
Les nouveaux réactionnaires » : l’appellation trouve sa source principale dans un bref pamphlet paru en 2002 sous ce titre. La polémique, aussitôt très vive, n’a pas cessé, depuis, d’envenimer l’espace médiatique et intellectuel français.
Quoi de commun pourtant entre la pensée d’un Marcel Gauchet et les best-sellers d’un Éric Zemmour ? Entre la phraséologie aristocratique d’un Richard Millet et le parler-peuple d’un Robert Ménard ? Entre la mélancolie indignée d’un Alain Finkielkraut et le dandysme désabusé d’un Michel Houellebecq ?
Un tempérament réfractaire sans doute, articulant transgression et conservatisme ; une même volonté d’en découdre avec le « politiquement correct » et la « police de la pensée » ; une même propension, aussi, à se penser en représentants minoritaires d’une majorité opprimée, sur fond de désenchantement démocratique et de hantise du déclin. Romanciers, philosophes, intellectuels « médiatiques », historiens, journalistes : le spectre des « néo-réactionnaires » est large, au risque de la confusion et de l’amalgame. Les auteurs réunis dans cet ouvrage entendent contribuer à un examen dépassionné de cette nébuleuse, en soulignant la diversité des champs d’appartenance et des registres d’expression de ceux qui la composent ou s’y trouvent rangés à leur corps plus ou moins défendant.

Pascal Durand, professeur à l’Université de Liège, sociologue de la littérature et de l’édition, est spécialiste de l’œuvre de Mallarmé. On lui doit d’autre part différents travaux sur les figures de l’orthodoxie politico-médiatique contemporaine : Médias et Censure (2004), La Censure invisible (2006) et Les Nouveaux Mots du pouvoir. Abécédaire critique (2007).
Docteure de l’Université de Liège, Sarah Sindaco est spécialiste de la littérature française des XXe et XXIe_siècles et des rapports entre texte et idéologie. Elle a notamment publié La Fabrique du Français moyen. Productions culturelles et imaginaire social dans la France gaullienne (1958-1981) (2009).

dimanche 1 novembre 2015

Pierre Bourdieu, Sociologie générale, Vol. 1. Cours au Collège de France, 1981-1983


Pierre Bourdieu
Sociologie générale 
Vol. 1
Cours au Collège de France 
1981-1983
Raisons d'agir/Seuil
Cours & Travaux
2015

Présentation de l'éditeur
L'édition a été établie par Patrick Champagne, Julien Duval, Franck Poupeau et Marie-Christine Rivière
Pierre Bourdieu consacra les cinq premières années de son enseignement au Collège de France à un « Cours de sociologie générale », selon l’intitulé qu’il choisit lui-même de retenir. Le présent volume, qui sera suivi d’un second, en constitue la première partie.
Prononcées dans une institution au sein de laquelle la place de la sociologie était encore largement à faire, ces leçons exposent d’une manière particulièrement claire et méthodique les concepts fondamentaux qu’il a développés et les différentes traditions, en philosophie et en sciences sociales, avec ou contre lesquelles il les a forgés. Cette intention pédagogique se démarque toutefois profondément de la rhétorique qui l’accompagne d’ordinaire en s’efforçant de transmettre un mode de pensée original plutôt qu’un corpus de connaissances établies.
En raison de l’objectif affiché, ce cours peut être lu comme une présentation systématique de la théorie qu’il a élaborée, doublée d’une reconstruction inédite de sa genèse. Si Bourdieu a continué d’approfondir et de complexifier ses analyses au fil de son œuvre, l’entreprise menée ici est restée sans équivalent et représente sans doute la meilleure introduction jamais donnée à son travail.