« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ». Pierre Bourdieu (1992)

lundi 30 novembre 2015

écouter: Franz Schultheis, présente Société à responsabilité limitée. Enquête sur la crise du modèle allemand (Sous la direction de Schultheis & Kristina Schulz)


écouter: Franz Schultheis, présente Société à responsabilité limitée. Enquête sur la crise du modèle allemand (Sous la direction de Schultheis & Kristina Schulz)
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 28.11.2015

Sous la direction de
Franz Schultheis
& Kristina Schulz
Société à responsabilité limitée
Enquête sur la crise du modèle allemand
Raisons d'agir
Cours & Travaux
2015

Présentation de l'éditeur
L’Allemagne, constituée en modèle de rigueur financière et de vertu économique par l’orthodoxie néolibérale, n’échappe pas plus que les autres pays européens aux conséquences du couperet budgétaire. Au début des années 2000, la troisième voie sociale-libérale telle que l’ont définie Blair et Shröder amorce le passage d’un État social à vocation universelle à un État dispensant une assistance résiduelle. Incarné par les « jobs à un euro », le démantèlement du modèle salarial et du système de santé allemands laisse une part croissante de la population en souffrance dans une société désormais « à responsabilité limitée ».
Sous la direction de Franz Schultheis et Kristina Schulz, une équipe de chercheurs s’est attachée à rendre raison de la situation sociale de l’Allemagne et des contreparties réelles de son modèle à travers des enquêtes approfondies et des entretiens compréhensifs, inspirés du travail collectif réalisé sous la direction de Pierre Bourdieu dans La Misère du monde. Le tableau sociologiquement construit des témoignages recueillis dans ce livre démontre comment la précarité sociale s’inscrit désormais au cœur de la société allemande.
Traduction par Anaïs Cretin, Karim Fertikh et Claudine Girod, avec le concours de Frédéric Chateigner et Nadine Willmann 
 

samedi 28 novembre 2015

BOURDIEU, LE RETOUR... Un film en chantier de Pierre Carles et Annie Gonzalez, 1er décembre 2015 à Villeurbanne


BOURDIEU, LE RETOUR...
mardi 1er décembre 2015 à 20h
Villeurbanne - au cinéma Le Zola - 117, Cours Emile Zola
Un film en chantier de Pierre Carles et Annie Gonzalez
Au programme, six interviews de Alain Accardo, Patrick Champagne, Monique Pinçon-Charlot, Christian Baudelot, Bernadette et Claude Seibel.
Le sujet : que reste-t-il de PIERRE BOURDIEU, celui des années 60, des "héritiers" de "la distinction" ?
Une soirée proposée par Yakavoir



Description :
Répondez à cette question : êtes-vous un héritier ?
Telle est la question que l’association Yakavoir pose avec Pierre Carles, réalisateur de « La sociologie est un sport de combat » (2001) sur le sociologue Pierre Bourdieu, et en compagnie d'Annie Gonzalez, co-réalisatrice du film « Bourdieu, le retour… ».
Ce film, actuellement en chantier, sera présenté au public à différentes étapes de sa construction.

« Bourdieu, le retour » s’attache plus particulièrement aux débuts de Pierre Bourdieu, celui qui, dans les années 60 écrit « Les héritiers » et « La distinction » qui marquent durablement, de par leurs protocoles et leur engagement, la vision de l’école, de la transmission et démontrent dans une étude implacable les blocages et les inégalités dans la société et l’école d’alors.
Ceux qui travaillèrent avec Pierre Bourdieu à cette époque (Monique Pinçon-Charlot, Christian Baudelot, Alain Accardo, Patrick Champagne, Bernadette et Claude Seibel), et devenus aujourd’hui des sociologues de premier rang, confirment tous l’extraordinaire ébullition qui régnait à l’époque dans l’université. Un 68 juste avant l’heure !
Pierre Carles et Annie Gonzalez, les ont filmés et proposent ici une sélection de 6 entretiens d’une durée moyenne de 10 minutes qui formeront l’épine dorsale du documentaire à venir.

Première présentation de ce film "en construction" en présence d’Annie Gonzalez.

Soirée organisée en partenariat avec l’association YAKAVOIR*, et animée par Jean-Marc Grefferat. 

(source: Le Zola)

vendredi 27 novembre 2015

écouter: Frédéric Lordon, On achève bien les Grecs. Chroniques de l'euro 2015


écouter:

Frédéric Lordon, On achève bien les Grecs. Chroniques de l'euro 2015
La Grande table (2ème partie) par Caroline Broué, 10.12.2015

Frédéric Lordon, On achève bien les Grecs. Chroniques de l'euro 2015
Le téléphone sonne, 26.11.2015

Frédéric Lordon
On achève bien les Grecs
Chroniques de l'euro 2015
Les Liens qui Libèrent
2015

Présentation de l'éditeur
L’eurozone a jeté le masque. S’il en était encore besoin, 2015 aura été la date de la pleine révélation, et la Grèce son lieu. Nous savons désormais quel cas l’Union monétaire européenne fait des peuples européens et de la démocratie. La brutalité sans frein, le chantage ouvert, l’humiliation sans pitié : rien n’a été épargné au gouvernement Syriza – mais c’est qu’il s’agissait de faire un exemple. Un exemple pour montrer à tous ce qu’il adviendra à tout gouvernement authentiquement de gauche en Europe.
Syriza a été broyée. Mais ce sont sa pusillanimité stratégique et le refus d’envisager la rupture qui ont scellé son échec. Il est temps, pour tous ceux qui à gauche ont trop longtemps poursuivi la chimère d’un « autre euro possible », de méditer cette leçon : il n’existe aucune solution institutionnelle de transformation réellement progressiste de l’euro. Les institutions de l’euro ne laissent que le choix de les souffrir, de les fuir ou de les détruire. C’est à la gauche qu’il appartient de rompre, et dans les formes d’un internationalisme enfin bien compris.
Frédéric Lordon est économiste et philosophe au CNRS, il est l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Imperium. Structures et affects des corps politiques (La Fabrique, 2015) ou La malfaçon. Monnaie européenne et souveraineté démocratique (LLL, 2014).


jeudi 26 novembre 2015

Arnault Skornicki, La grande soif de l'État. Michel Foucault avec les sciences sociales


Arnault Skornicki
La grande soif de l'État
Michel Foucault avec les sciences sociales 
Les Prairies Ordinaires
2015

Présentation de l'éditeur
Michel Foucault n’est pas réputé être un théoricien de l’État, mais un penseur du pouvoir partout où il se trouve (dans l’école, la prison, la caserne, l’usine, l’hôpital). Et pourtant, il apparaît qu’il s’était lancé dans une grande généalogie de l’État moderne. Cet ouvrage se propose de dissiper ce paradoxe en démontrant deux choses.
Oui, il existe bel et bien une théorie foucaldienne de l’État : elle n’est ni systématique ni achevée, mais on peut la reconstituer tant à partir de la fabuleuse richesse des textes de Foucault qu’en le faisant dialoguer avec de grandes entreprises voisines, venues de la philosophie et des sciences sociales : le marxisme, Weber, Elias et Bourdieu, entre autres.
Oui, la généalogie est compatible avec la sociologie. Les concepts de biopolitique, discipline, pastorale, gouvernementalité ne sont pas autre chose que des outils pour saisir l’étatisation des rapports de pouvoir, c’est-à-dire les processus de monopolisation politique qui, du Moyen Âge à nos jours, sont au principe de nos prétendus Léviathans en Europe. L’État ? Non pas le plus froid de tous les monstres froids, ni seulement un grand appareil répressif, mais l’effet et l’opérateur de gouvernementalités multiples, de rationalités hétérogènes, de dispositifs variés.
Ceci n’est pas un nouveau livre sur Foucault. C’est un livre sur l’État et la possibilité toujours vivante d’en faire une théorie, retrempée dans l’eau acide de la généalogie.
Arnault Skornicki est maître de conférences en science politique à à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense. Il est l’auteur de deux livres : L’Économiste, la cour et la patrie. L’économie politique dans la France des Lumières (2011) et, avec Jérôme Tournadre, La nouvelle histoire des idées politiques (2015).




mercredi 25 novembre 2015

Agone Hors-série, Le pire des mondes possible

Agone Hors-série
Le pire des mondes possible
Agone
2015

Présentation de l'éditeur
Hors-série 2015 de la revue Agone issu du Baffler (USA)
Coordination : Thierry Discepolo, Marie Hermann et Clément Petitjean
S’il est devenu si difficile d’envisager de sortir de la crise que perpétuent les démocraties occidentales (et dont les États-Unis bornent l’évolution), ce n’est pas tant à cause de la crise elle-même que du travail des « décideurs » qui, depuis vingt-cinq ans, monopolisent le futur et la croyance dans le futur que leur a donné le pouvoir de l’argent. Pour mettre en lumière les forces motrices de la désintégration américaine – aux niveaux politique, économique, social, artistique et intellectuel –, ce recueil propose de réintroduire la classe au centre de l’analyse ; de briser les utopies et les idoles des 1 % les plus riches ; de faire émerger un contre-récit des principaux centres de stagnation où domine l’optimisme bêlant de la culture du consensus.

Sur le ton caustique de l’essayisme satirique sont analysés l’« économie de l’innovation », où la recherche sert l’accroissement des taux de profit aux dépens de tout progrès social ; la convergence des visions du monde des milieux dirigeants et des médias, appartenant aux mêmes cercles de sociabilité ; le détournement des mots d’ordre féministes par celles qui ne veulent qu’accroître leur propre pouvoir ; la monopolisation de l’art par un petit groupe de collectionneurs richissimes ; et la gentrification des villes moyennes désindustrialisées grâce au « dynamisme des classes créatives ».

Au sommaire, des textes de Thomas Frank, Rick Perlstein, John Summers, Anne Elizabeth Moore, Rhonda Lieberman, Susan Faludi, Heather Havrilesky, Evgeny Morozov, Chris Lehmann et Mark Dancey.


mardi 24 novembre 2015

Max Weber, Discours de guerre et ­d’après-guerre

Max Weber
Discours de guerre et ­d’après-guerre
EHESS
Audiographie
2015
Présentation de l'éditeur
Textes réunis et présentés par Hinnerk Bruhns
Traductions de Pierre de Larminat & Ostiane Courau, revues par Hinnerk Bruhns
Qu’allait dire donc de la guerre celui qui sera considéré plus tard comme le père fondateur de la sociologie allemande, celui même qui, dès le mois d’août 1914, n’avait cessé de s’enthousiasmer, dans des lettres privées : « Que la guerre est grande et merveilleuse ! » ?
Après avoir organisé et dirigé des hôpitaux militaires pendant toute la première année de guerre, d’août 1914 à octobre 1915, Max Weber intervient de plus en plus fortement, comme orateur et comme rédacteur de mémorandums et d’articles de presse, dans le débat public sur la guerre, la politique et les indispensables réformes sociales et constitutionnelles que l’Allemagne devrait mettre en œuvre après la guerre. Les trois discours et l’article de presse reproduits dans ce livre, traduits pour la première fois, montrent un nationaliste convaincu, critique féroce de la politique du gouvernement allemand et des ambitions annexionnistes des pangermanistes, autant que des visées françaises sur la Sarre et du traité de Versailles dont il avait pu suivre de près les « négociations » comme expert au sein de la délégation allemande.

Table des matières

Présentation
I. De 1916 au traité de Versailles : la hantise d’une paix constructive

II. Le sociologue et la guerre
1. Max Weber et le refus de la « guerre des esprits »
2. Une sociologie de la guerre ?
3. L’avenir de la nation

Épilogue
Textes :
I. Au seuil de la troisième année de guerre (1916)
II. La situation de l’Allemagne dans la politique ­mondiale (1916)
III. De la culpabilité du déclenchement de la guerre (1919)
IV. L’appartenance économique de la Sarre à ­l’Allemagne (1919)
Repères bibliographiques
 

lundi 23 novembre 2015

en poche: Jack Goody, Le vol de l'Histoire. Comment l'Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde

Jack Goody
Le vol de l'Histoire
Comment l'Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde
Gallimard
Folio Histoire
2015



Présentation de l'éditeur
Trad. de l'anglais par Fabienne Durand-Bogaert
Une fois encore, comme hier à propos de la famille en Europe ou de la place de l'écriture dans notre civilisation, Jack Goody vient perturber la ronde des historiens emportés par leurs certitudes. À la question soulevée par l'anthropologue britannique, on devine déjà ce qu'argueront les esprits chagrinés par cette interpellation d'exigence : comparaison n'est pas raison. Or, c'est bien de cela qu'il s'agit. 
La question? C'est le «vol de l'histoire», c'est-à-dire la mainmise de l'Occident sur l'histoire du reste du monde. À partir d'événements qui se sont produits à son échelle provinciale, l'Europe a conceptualisé et fabriqué une représentation du passé toute à sa gloire et qu'elle a ensuite imposée au cours des autres civilisations. Le continent européen revendique l'invention de la démocratie, du féodalisme, du capitalisme de marché, de la liberté, de l'individualisme, voire de l'amour, courtois notamment, qui serait le fruit de sa modernisation urbaine. 
Plusieurs années passées en Afrique, particulièrement au Ghana, conduisent Jack Goody à mettre aujourd'hui en doute nombre d'«inventions» auxquelles les Européens prétendent, sous les plumes de Fernand Braudel, Joseph Needham ou Norbert Elias notamment, alors que ces mêmes éléments se retrouvent dans bien d'autres sociétés, du moins à l'état embryonnaire. Économiquement et intellectuellement parlant, seul un écart relativement récent et temporaire sépare l'Occident de l'Orient ou de l'Afrique. 
Des différences existent. Mais c'est d'une comparaison plus rapprochée que nous avons besoin, et non d'une opposition tranchée entre le monde et l'Occident, au seul profit de ce dernier. 
Jack Goody, anthopologue britannique, professeur à Oxford, est l'auteur de travaux aussi divers que marquants sur l'invention de l'écriture, les structures familiales en Occident, l'identité culinaire des sociétés ou les rapports de celles-ci aux fleurs.