« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ». Pierre Bourdieu (1992)

lundi 7 décembre 2015

Gaëtan Flocco, Des dominants très dominés. Pourquoi les cadres acceptent leur servitude

Gaëtan Flocco
Des dominants très dominés
Pourquoi les cadres acceptent leur servitude
Raisons d'Agir
Raisons d'agir
2015

Présentation de l'éditeur
Les cadres ont incarné la société salariale : entre le travail et le capital, ils ont prospéré pendant quatre décennies. Depuis les années 1990, eux aussi subissent les effets de l'intensification du travail, des restructurations dans les entreprises et de la peur du chômage. Pourtant, les cadres, plus que les autres salariés, semblent embrasser leur condition. Ils trouvent dans le stress, les responsabilités, la compétition, et des marges de manoeuvre pourtant réduites autant de sources de gratification symbolique.
Loin d'une adhésion enchantée à l'idéologie managériale, les cadres rencontrés au cours de son enquête par Gaëtan Flocco expriment un rapport au travail qui, malgré tout, relève autant de la réalisation de soi que de l'exploitation. Ainsi, le livre explore l'ambivalence fondamentale qui fait des cadres les complices de leur propre servitude. 

dimanche 6 décembre 2015

Le Symbolique et le Social. La réception internationale de la pensée de Pierre Bourdieu, Sous la direction de Jacques Dubois, Pascal Durand, Yves Winkin (Nouvelle édition avec mise à jour de l'introduction)

Le Symbolique et le Social
La réception internationale de la pensée de Pierre Bourdieu
Sous la direction de
Jacques Dubois, Pascal Durand, Yves Winkin
 (Nouvelle édition avec mise à jour de l'introduction)
P.U.Liège
Situations
2015

Présentation de l'éditeur
La catégorie du symbolique joue un rôle central dans la pensée de Pierre Bourdieu. Elle a pourtant a été assez peu théorisée en tant que telle, alors que d’autres notions clés, comme celles d’habitus ou de champ, ont fait l’objet de reprises méthodiques et de commentaires minutieux. C’est à combler cette lacune que l’on s’emploie dans le présent ouvrage, en faisant valoir que le symbolique concentre la démarche du sociologue dans ce qu’elle a de plus singulier.
Sociologues, philosophes, théoriciens du langage, spécialistes de la littérature ou des médias, les auteurs réunis ici procèdent à cette réévaluation sous trois aspects, qui correspondent à autant de champs de réflexion : anthropologie, culture et politique. Au-delà, c’est du rayonnement international de l’oeuvre de Pierre Bourdieu qu’il s’agit de témoigner, et aussi de la diversité des objets qu’une même discipline de pensée continue de prendre en
compte : de la gastronomie à la photographie, des littératures périphériques à l’art d’avantgarde, des politiques de contrôle social aux pratiques journalistiques.
Le présent volume constitue une nouvelle édition des Actes du colloque qui s’est tenu au Centre Culturel International de Cerisy du 12 au 19 juillet 2001 avec la participation du sociologue, dont l’intervention est recueillie au sommaire. L’introduction générale en a été mise à jour afin de faire place aux développements apportés par celui-ci au concept de symbolique dans ses cours au Collège de France sur la genèse de l’État, publiés entre-temps. L’épilogue de l’ouvrage est assuré par l’écrivain Annie Ernaux.

Note liminaire
Jacques Dubois, Pascal Durand, Yves Winkin – Le symbolique est le social
Première partie : Refondations
Tassadit Yacine – Bourdieu et l'Algérie ;
Yves Winkin – Portrait du photographe et jeune antropologue ;
Bridget Fowler – La photographie et l'esthétisme aristocratique ;
Cornelia Bohn – Les conséquences réelles de l'auto-illusionnement ;
Jean-Marie Klinkenberg – De la sociolinguistique à l'action linguistique ;
Priscilla P. Ferguson – L'ostentation culinaire. Naissance du champ gastronomique ;
José Sérgio Leite Lopes – Le rôle de Bourdieu dans le renouveau des enquêtes ethnologiques et sociologiques au Brésil.
Deuxième partie : Champs culturels et formes symboliques
Constante Baethge – Une littérature sans littéralité. Pour une autonomie de l'œuvre d'art ;
Anthony Glinoer – Enfances du champ littéraire français : à propos de l'époque romantique ;
Pascal Durand – Les ruses de l'illusion : le cas Mallarmé ;
Wolfgang Asholt – La notion d’avant-garde dans les Règles de l’art ;
Benoît Denis – La littérature francophone de Belgique. Périphérie et autonomie ;
Jérôme Meizoz – Pierre Bourdieu et la question de la forme. Vers une sociologie du style ;
Paul Dirkx – Réception et récepteur des Règles de l’art ;
Johan Heilbron – Innovation institutionnelle et transmission artistique ;
Michael Grenfell – Balises pour une morphologie sociale de l’art contemporain en Grande-Bretagne.
Troisième partie : Champ politique et politique de la science
Craig Calhoun – Centralité du social et possibilité de la politique ;
Teresa Orozco – La réception de Hannah Arendt en Allemagne et ses enjeux ;
Luc van Campenhoudt – La dimension symbolique des politiques de sécurité ;
Geoffrey Geuens – Logique de champs et habitus journalistique ;
Wolfgang Settekorn – Du sport à l’économie. Les constituants d’un cercle enchanté ;
Philippe Fritsch – Les vétérinaires dans le champ du pouvoir ;
Nikos Panayotopoulos – La sociologie de Bourdieu : une théorie comme praxis et non comme logos ;
Pierre Bourdieu – « Secouez un peu vos structures ! ».
Épilogue
Annie Ernaux – Raisons d’écrire


samedi 5 décembre 2015

Pierre Bourdieu présente Homo academicus


Pierre Bourdieu présente Homo academicus
Minuit, Le sens commun, 1984 (édition augmentée en 1992)




(Cette liste de publications sera mise à jour au fur et à mesure,  Gilbert Quélennec)
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Université: les rois sont nus, Entretien avec Didier Eribon (Nouvel Observateur, ven 02 nov 1984, nº1043),
in  Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique, Agone, 2002,  P.189-198

Objectiver le sujet objectivant, (décembre 1984), in Choses dites, Minuit, Le sens commun, 1987

video: entretien avec Pierre Bourdieu à propos de Homo academicus
Alsace soir - 29/01/1985 

Preface to the English Edition, Homo Academicus, Polity Press, 1988,  xi-xxvi.

avec Loïc Wacquant, Towards a Reflexive Sociology: A Workshop with Pierre Bourdieu, Sociological Theory, Vol. 7, No. 1. (Spring 1989), pp. 26-63, aussi Invitation à la sociologie réflexive (avec Loïc Wacquant) , deuxième édition, traduction intégrale, corrigée et augmentée, (première édition en 1992 au Seuil dans une version abrégée), Seuil, Collection Liber, 2014

For a Socio-Analysis of Intellectuals: On 'Homo Academicus' , entretien avec L. Wacquant (avril 1989), in Berkeley Journal of Sociology 34, 1989, 1-29 


 
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voir également:
Pierre Bourdieu présente Ce que parler veut dire et Language and Symbolic Power

Pierre Bourdieu présente Le sens pratique

Pierre Bourdieu présente le modèle qu'il a construit dans La Distinction  


Publications de Pierre Bourdieu: Sociologie de la sociologie (socioanalyse, objectivation participante, biais scolastique, réflexivité, réappropriation de l'inconscient social)

Publications de Pierre Bourdieu: Sur les Intellectuels (champ, intellectuel collectif, les "intellectuels médiatiques" sont une parodie)

Publications de Pierre Bourdieu: Sur l'Éducation (sociologie, Mai 68, surnuméraires, rapports officiels, l'ARESER, livres)


vendredi 4 décembre 2015

Franck Fischbach, Le sens du social. Les puissances de la coopération


Franck Fischbach
Le sens du social 
Les puissances de la coopération 
Lux
Humanités
2015

Présentation de l'éditeur
Nous vivons depuis quelques décennies une privatisation et une atomisation de la société, qui instituent les individus en concurrents et leur font perdre le véritable sens du social: la coopération. En philosophie aussi, le concept de « social », auquel on préfère souvent les idées de « commun » ou de « communauté », peine aujourd’hui encore à être reconnu. Cet essai propose donc, à la suite de Dewey, de défendre « la valeur du social en tant que catégorie » de la pensée.
Il s'agit d'analyser les raisons qui ont conduit à ce discrédit, puis de reconstruire un concept qui possède à la fois une fonction descriptive et une portée morale et politique. Le livre avance la thèse que le travail, en tant qu’association et coopération, est porteur d’une exigence proprement démocratique, et que cette exigence n’est autre que l’expression politique de la structure sociale. Sur cette base, devient possible une critique des dispositifs qui privent concrètement le travail de sa dimension démocratique et répriment sa logique coopérative.
Franck Fischbach est professeur de philosophie à l’Université de Strasbourg. Traducteur d’œuvres de Hegel, Schelling, Marx et Honneth, il est l’auteur entre autres d’un Manifeste pour une philosophie sociale (La Découverte, 2009), de La privation de monde (Vrin, 2011) et des Philosophies de Marx (Vrin, 2015).

jeudi 3 décembre 2015

en ligne: Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Tentative d'évasion (fiscale)


Zones, 2015

Présentation de l'éditeur
Comment planquer son magot ? Inspirés par les récents exemples de Jérôme Cahuzac et de Liliane Bettencourt, deux sociologies décident à leur tour d’extrader leur maigre fortune. Un jeu de rôle commence, qui va les mener au cœur du système de l’évasion fiscale.
Cette tentative d’évasion les conduit d’abord en Suisse, où ils se livrent à une observation in vivo du petit monde doré des exilés fiscaux. De banques en trusts, ils expliquent au passage comment les milliards fugitifs s’abritent derrière un maquis touffu de montages financiers.
Mais si la grande évasion fiscale finit sa course sous les palmiers ou au pied de grands sommets enneigés, elle s’organise en réalité beaucoup plus près de chez nous. Où l’on découvre, de retour en France, les petits arrangements entre amis qui se trament sous la houlette de Bercy…
Au-delà des scandales qui font la une, voilà une enquête vivante et accessible permettant de comprendre les rouages de l’évasion fiscale et ses enjeux politiques. Une investigation éclairante dont l’objectif est de battre en brèche le pouvoir symbolique lié à l’opacité de la spéculation financière, à la cupidité et au cynisme des plus riches mobilisés pour accumuler toujours plus d’argent.
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS, ont notamment publié Sociologie de la bourgeoisie (La Découverte, « Repères », 2000), Les Ghettos du Gotha. Comment la bourgeoisie défend ses espaces (Seuil, 2007), Le Président des riches. Enquête sur l'oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy (Zones, 2010) et La Violence des riches. Chronique d'une immense casse sociale (Zones, 2013).
 

mercredi 2 décembre 2015

Eleonora Elguezabal, Frontières urbaines. Les mondes sociaux des copropriétés fermées

Eleonora Elguezabal 
Frontières urbaines
Les mondes sociaux des copropriétés fermées
Préface de préface de Christian Topalov
P.U.Rennes
Géographie sociale 
2015


Présentation de l'éditeur
La prolifération d’espaces résidentiels « fermés » dans différentes villes du monde est couramment interprétée comme l’une des principales preuves que la ville ne serait plus simplement ségrégée, mais qu’elle serait de nos jours fragmentée, voire duale. Selon cette approche, ces « enclaves résidentielles » matérialiseraient dans l’espace de nouvelles frontières sociales : à l’intérieur de leurs murs, l’entre-soi des riches, à l’extérieur, l’exclusion et l’abandon.
Ce livre se propose de renouveler l’étude de ces frontières urbaines en opérant un changement d’échelle d’analyse : aux approches typologiques et macro-analytiques dominant la recherche sur les gated communities, il oppose une démarche microsociologique mettant la focale sur les expériences des acteurs et sur leurs représentations, pratiques et usages de la « clôture ». À partir d’une enquête de terrain réalisée dans les « copropriétés fermées » de Buenos Aires (Argentine), l’ouvrage montre que leurs frontières ne sont pas étanches et rigides comme le suppose la notion d’enclave, mais plutôt labiles – changeantes, toutes relatives – et poreuses – traversées jour après jour par de nombreux employés subalternes de service.
En explorant ces labilités et porosités, ce sont des mondes sociaux hétérogènes, conflictuels et dynamiques, qui se donnent à voir. Au fil des pages, l’« enclave résidentielle », plutôt que comme un fait établi, apparaît comme un modèle, que certains acteurs cherchent à transformer en réalité ou approuvent, mais auquel d’autres résistent et qu’ils mettent en échec
Eleonora Elguezabal est sociologue, chargée de recherche à l’INRA (CESAER). Cet ouvrage est issu de sa thèse de doctorat, soutenue à l’EHESS en 2011.

mardi 1 décembre 2015

Shamus Khan, La nouvelle école des élites

Shamus Khan 
La nouvelle école des élites 
Traduit de l’anglais par 
Damien-Guillaume et Marie-Blanche Audollent
Agone
L'Ordre des choses
2015


Présentation de l'éditeur
Ce livre est l’histoire d’une nouvelle élite, dont la connaissance réarme notre compréhension de ce qu’est l’inégalité dans une méritocratie.
“J’étais à peu près sûr de ce que j’allais trouver. J’allais revoir le monde de mon premier jour d’école. Intégrer un campus peuplé d’étudiants riches et issus de longues lignées, où quelques étudiants pauvres, noirs ou latinos seraient séquestrés dans leur dortoir. J’allais retrouver les avantages sociaux et culturels des étudiants qui, au moment où ils posent le pied dans cette école, forment déjà la prochaine génération de l’élite. Mais le lycée dans lequel je suis revenu était très différent de celui que j’avais quitté dix ans auparavant. L’arrogance des nobles avait laissé la place à un rapport décontracté au privilège.”
Ethnographie de Saint-Paul, lycée d’élite américain par lequel sont passées nombre de figures de premier plan du monde politique et administratif actuel, ce livre remet en cause de nombreux préjugés sur le fonctionnement des élites d’aujourd’hui. L’auteur, d’origine pakistanaise et issu d’un milieu comparativement modeste, a lui-même étudié à Saint-Paul avant de revenir y enseigner dans le but d’y mener cette enquête. Mesurant les changements réels qu’a connus ce pensionnat (où, voilà trente ans, les élèves dits « de couleur » dormaient dans des dortoirs à part), il montre comment, au-delà de la revendication d’une distinction fondée sur la maîtrise de la culture WASP, l’aristocratisme américain proclame désormais son ouverture d’esprit envers les minorités : une forme de cosmopolitisme au service du maintien des inégalités sociales.
Professeur à l’université de Columbia, Shamus Khan est spécialisé en sociologie des élites. Paru en 2011 aux Presses universitaires de Princeton (sous le titre Privilege. The Making of an Adolescent Elite at St. Paul’s School), La Nouvelle École des élites est son premier livre.