"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

jeudi 30 novembre 2017

audio: Pierre Bourdieu, dialogue avec les auditeurs de France Culture autour de la sociologie de l'éducation, Ne quittez pas l’écoute, 26/09/1977

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audio: Pierre Bourdieu, dialogue avec les auditeurs de France Culture autour de la sociologie de l'éducation, Ne quittez pas l’écoute, 26/09/1977
Ne quittez pas l’écoute,  par Françoise Malletra
Les après midi de France Culture, Archive Ina-Radio France


écoutez la deuxième émission

audio: Pierre Bourdieu, autour de la sociologie de l’éducation et de la culture, Ne quittez pas l'écoute, 27/09/1977




vendredi 24 novembre 2017

Traduction: Pierre Bourdieu, Über den Staat, Vorlesungen am Collège de France, 1989–1992

 
Pierre Bourdieu 
Über den Staat
Vorlesungen am Collège de France 
1989–1992 
Suhrkamp taschenbuch 
wissenschaft 
2017 


Herausgegeben von Patrick Champagne, Remi Lenoir, Franck Poupeau und Marie-Christine Rivière

Aus dem Französischen von Horst Brühmann und Petra Willim 
Présentation de l'éditeur
Kaum ein Wissenschaftler war politisch so engagiert wie Pierre Bourdieu. Umso mehr überrascht es, dass er dem Staat keine eigene Monographie gewidmet hat. Dass er sich dennoch intensiv mit dem Thema beschäftigte, belegen seine Vorlesungen am Collège de France, deren fulminanter Auftakt Über den Staat bildet. Bourdieu geht es sowohl um Fragen der Methodologie und Theorie bei der Untersuchung des Staates als Forschungsobjekt als auch um die historische Genese dieser Institution. Er analysiert zentrale Unterscheidungen wie die zwischen öffentlich und privat sowie den Einfluss der Massenmedien. Über den Staat ist eine große Synthese – und das eigentliche Hauptwerk Bourdieus zur politischen Soziologie.  


 

mercredi 22 novembre 2017

Pascal Marichalar, Qui a tué les verriers de Givors ? Une enquête de sciences sociales

 
Pascal Marichalar
Qui a tué les verriers de Givors ?
Une enquête de sciences sociales
La Découverte
L'envers des faits 
2017

Présentation de l'éditeur
Dans la petite ville de Givors, proche de Lyon, des hommes meurent les uns après les autres, emportés par des cancers à un âge relativement jeune. Leur point commun : ils ont travaillé pour produire des bouteilles et des pots à la verrerie qui a fermé ses portes en 2003. La compagne d’un verrier malade fait alors équipe avec un imprimeur à la retraite pour résoudre ce mystère. Ils comprennent vite que ce ne sera pas une enquête policière classique : c’est à eux de prouver qu’il y a eu un crime, et plus ils avancent vers la vérité, moins la justice semble disposée à juger les faits. Cependant, grâce à la force collective des verriers et de leurs soutiens, ils vont lever progressivement le voile sur un véritable scandale d’État.
Ce livre est une enquête sur cette enquête. Avec les outils des sciences sociales, l’auteur analyse les procédures, les mensonges et les injustices qui font que tous les jours autour du monde des millions de femmes et d’hommes sont mis en danger impunément.  

Pascal Marichalar est sociologue et historien, chercheur au CNRS, membre de l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux.

 

mardi 21 novembre 2017

L’intervention du support. Médiation esthétique et énonciation éditoriale, Sous la direction de Pascal Durand et Christine Servais

L’intervention du support
Médiation esthétique et énonciation éditoriale

Sous la direction de Pascal Durand et Christine Servais
P.U.Liège
2017

Présentation de l'éditeur
On sait, depuis Mallarmé, que « rien n’aura eu lieu que le lieu » et, depuis McLuhan, que « le message c’est le médium ». Les supports de l’inscription n’en sont pas moins demeurés les parents pauvres des études littéraires et artistiques : envisagés, au mieux, pour les effets de cadrage qu’ils exercent sur les oeuvres, ou bien réduits, trop souvent, au niveau de substrats fonctionnels.
Les sciences de la communication en ont fait en revanche leur objet principal, à travers la notion de « médium » et l’analyse des discours, des oeuvres et des pratiques en contexte. Objet pour elles à trois dimensions : symbolique, technique et sociale.
Le renouvellement des technologies esthétiques, la labilité des frontières au sein de l’univers numérique, la circulation accrue des contenus d’un média à d’autres appellent, en ce sens, à porter une attention plus grande non seulement aux supports en tant que tels, mais surtout à la variété et à l’étendue de leurs « interventions ».
C’est à quoi s’emploient les spécialistes ici réunis : de la poésie à l’architecture, du cinéma et du théâtre à l’espace urbain, de l’énonciation éditoriale aux dispositifs du jeu vidéo.

Pascal DURAND et Christine SERVAIS enseignent tous deux au sein du Département de Communication de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Liège.

Contributions de Julie Delbouille, Pascal Durand, Nancy Delhalle, Tanguy Habrand, Pierre-Yves Hurel, Bernard Lamizet, Bertrand Legendre, Guy Lelong, Marc-Emmanuel Mélon, Didier Plassard, Christine Servais et Marie-Ève Thérenty.

lundi 20 novembre 2017

Eric Toussaint, Le système dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation

Eric Toussaint
Le système dette 
Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation
Les Liens qui Libèrent
2017

Présentation de l'éditeur
De l’Amérique latine à la Chine en passant par la Grèce, la Tunisie et l’Égypte, la dette a de tous temps été utilisée comme une arme de domination et de spoliation. Le recours à l’endettement extérieur et l’adoption du libre-échange constituent à partir du 19e siècle un facteur fondamental de la mise sous tutelle d’économies entières par les puissances capitalistes. La Grèce des années 2010 est un exemple supplémentaire d’un pays et d’un peuple privés de liberté sous le prétexte de rembourser une dette illégitime.
Cette dictature de la dette n’est pas inéluctable. En deux siècles, plusieurs États ont annulé leurs dettes avec succès. L’auteur analyse les répudiations réalisées par le Mexique, les États-Unis, Cuba, le Costa Rica et la Russie des soviets. Il met en lumière et actualise la doctrine de la dette odieuse.
Eric Toussaint, historien et docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, est porte-parole du CADTM international (Comité pour l’abolition des dettes illégitimes). Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont Bancocratie (Éditions Aden). Et a notamment coordonné les travaux de la Commission pour la vérité sur la dette publique créée en 2015 par la présidente du Parlement grec.



dimanche 19 novembre 2017

Traduction: deuxième édition de Homo academicus au Brésil



Pierre Bourdieu
Homo academicus
UFSC
2017


Présentation de l'éditeur
Traduit par Ione Ribeiro Valle et Nilton Valle.
‘Um livro para queimar’? é o capítulo número um de “homo academicus”, livro que chega agora como uma das últimas novidades da Editora da UFSC e mostra a ousadia acadêmica de seu autor, Pierre Bourdieu.
Parte da ideia inicial de que analisar cientificamente o mundo universitário significa eleger como objeto uma instituição que é socialmente reconhecida, que goza de toda legitimidade graças ao seu caráter nacional, que é vista como “mágica” e que se pretende objetiva e universal. Na obra, Bourdieu revela conflitos, contradições, crises, desilusões, interesses, relações de força, hierarquia de prestígios, ruptura de equilíbrios.
Ao compreender o mundo universitário francês como um campo no qual se confrontam múltiplos poderes que correspondem às trajetórias sociais e escolares e também às produções culturais dos seus agentes, ele demonstra que a produção científica está longe de ser o resultado de uma forma de meritocracia que consagra os talentos individuais.
A originalidade de sua tese, observa a professora Ione Ribeiro Valle, professora da UFSC e coordenadora do Laboratório de Pesquisas Sociológicas Pierre Bourdieu (LAPSB/CNPq), está em mostrar que as tomadas de posição dos intelectuais ou as políticas educacionais, tanto nos períodos de equilíbrio quanto em tempos de crise, são determinadas pelos mecanismos de reprodução de privilégios herdados. ”Bourdieu produz uma sociologia crítica que procura compreender as relações entre cultura, ciência, escola, mídia e reprodução social”.
Pierre Félix Bourdieu(1930-2002) vem da École Normale Supérieur de Paris e dedica sua vida acadêmica desenvolvendo um trabalho científico de fôlego, regular, cotidiano, sistemático, persistente, sólido, polêmico. É dono de um estilo hermético, linguagem austera, marcas do filósofo, presentes em obras como A ontologia política de Martin Heidegger, de 1988, e Meditações pascalianas, de 1997).
Para compreender homo academicus, avisa Ione Valle, é preciso lê-lo como marco de uma ruptura radical com os pressupostos tácitos do universo acadêmico no qual as dissensões aparentes mascaram o consenso profundo. É preciso lê-lo imaginando que a escola e a universidade são capazes de distribuir de maneira ampla e plena as aquisições científicas e culturais acumuladas e que o impossível possível, ao mesmo tempo rejeitado e reivindicado, pode prometer – e promover – um futuro para “crianças e povos sem futuro”.



(merci à Ione Valle‎ pour l'info)