"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

mardi 16 janvier 2018

Réédition revue: Serge Halimi, Quand la gauche essayait. Les leçons du pouvoir (1924, 1936, 1944, 1981)

Serge Halimi
Quand la gauche essayait
Les leçons du pouvoir (1924, 1936, 1944, 1981)
Réédition revue
Agone
Éléments
2018

Présentation de l'éditeur
Longtemps, la gauche au pouvoir a caboté entre deux récifs. Tantôt sa volonté de transformation sociale butait sur les “contraintes” imposées par l’ordre capitaliste. Tantôt sa pratique du pouvoir devançait les préférences et les exigences de ses adversaires. En France, au cours du XXe siècle, les périodes associées au Cartel des gauches (1924–1926), au Front populaire (1936–1938), à la Libération (1944–1947), et aux premières années de l’ère mitterrandienne (1981–1986) ont illustré cette tension entre espérance et renoncement, audace et enlisement.
La gauche a chevauché au pouvoir la puissance de passions collectives, dont celle de l’égalité. Mais elle a accepté ensuite de les dompter, avant de les étouffer sous une couverture de rationalité technique. Cette retraite bureaucratique, cette nouvelle conscience qui ne voit dans le monde que moyens et machines ont forgé les barreaux de sa cage de fer.
Réédition, légèrement revue, d’un ouvrage épuisé depuis plus de dix ans, ce livre reste la seule étude comparative sur les réalisations et les échecs de la gauche française.
Directeur du Monde diplomatique, Serge Halimi est notamment l’auteur des Nouveaux Chiens de garde (1997) et du Grand Bond en arrière (2004).
 


samedi 13 janvier 2018

Publications de Pierre Bourdieu: autour de Mai 68 et du champ universitaire



Publications de Pierre Bourdieu
autour de Mai 68 
et 
du champ universitaire






(Cette liste sera mise à jour au fur et à mesure, Gilbert Quélennec)
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Publications de Pierre Bourdieu: autour de Mai-Juin 1968


Publications de Pierre Bourdieu: Le champ universitaire





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voir également:

Interventions de Pierre Bourdieu: en soutien aux mobilisations étudiantes et lycéennes

Publications de Pierre Bourdieu: à propos des surnuméraires (un des grands facteurs de changement historique est le décalage entre la production du système scolaire et les postes fournis)


Pierre Bourdieu, "Dans le « Rapport du Collège de France sur l'enseignement et l'avenir», il y avait une proposition extrêmement révolutionnaire – qu'évidemment personne n'a vue – qui consistait à dire qu'on pouvait concevoir que les titres scolaires soient à validité limitée dans le temps, qu'ils valent pour cinq ans et soient non renouvelables."

Publications de Pierre Bourdieu:  La logique spécifique de chacun des Champs (littéraire, artistique, intellectuel, religieux, philosophique, scientifique, politique, juridique, étatique, journalistique, économique, du pouvoir) 






vendredi 12 janvier 2018

Boris Gobille, Le Mai 68 des écrivains. Crise politique et avant-gardes litteraires

Boris Gobille
Le Mai 68 des écrivains 
Crise politique et avant-gardes litteraires
CNRS
Culture & Société
2018

Présentation de l'éditeur
Mai-Juin 68 : la contestation saisit des pans entiers de la société française, des lycéens aux étudiants, des ouvriers aux employés, des cadres aux acteurs de la culture. Facultés, usines, institutions occupées se transforment en une immense scène où tout est passé au crible de la critique : exploitation, aliénation, gaullisme, normes sociales, hiérarchies, domination, autorité. Cette gigantesque prise de parole est marquée par une créativité inédite. « Tous créateurs ! », dit d’ailleurs un slogan, « Écrivez partout », renchérit un autre. Roland Barthes célèbre la « parole sauvage » de Mai, Michel de Certeau observe qu’« une foule est devenue poétique ». Difficile pour les écrivains, en particulier d’avant-garde, de rester à l’écart de ce grand ébranlement de l’ordre symbolique…
C’est à ces avant-gardes littéraires qu’est consacrée l’étude de Boris Gobille. Durant ces semaines de fièvre, elles descendent dans la rue, multiplient les prises de position publiques, forment des collectifs et expérimentent de nouvelles articulations entre écriture et « révolution »… Autant d’enjeux explorés dans cet ouvrage qui revisite la question de l’engagement de la littérature et de la responsabilité des écrivains face aux événements politiques de leur temps. On y croisera des surréalistes, des existentialistes, des structuralistes, des communistes, des « gauchistes », des revues comme Tel Quel, Change, Action poétique, Les Lettres Françaises, La Nouvelle Critique, mais aussi Sartre, Beauvoir, Aragon, Sollers, Faye, Roubaud, Pingaud, Blanchot, Duras, Mascolo – parmi tant d’autres plus ou moins obscurs, plus ou moins renommés, tous acteurs de cette singulière aventure qui vit les écrivains s’emparer de 68 et 68 s’emparer des écrivains.

Spécialiste de Mai 68, des crises politiques et de l’engagement des intellectuels, Boris Gobille est maître de conférences de science politique à l’École Normale Supérieure de Lyon et chercheur au laboratoire Triangle.

jeudi 11 janvier 2018

Les savoirs de sciences humaines et sociales en débat. Controverses et polémiques, Sophie Richardot, Sabine Rozier (dir.)

Les savoirs de sciences humaines et sociales en débat
Controverses et polémiques
Sophie Richardot, Sabine Rozier (dir.)
Septentrion
Paradoxa 
2017

Présentation de l'éditeur
Comment expliquer que les savoirs de sciences humaines et sociales soient à ce point contestés voire ignorés dans les lieux où ils pourraient pourtant éclairer la réflexion et l'action ? Comment expliquer la défiance et l’incompréhension qu’ils suscitent parfois ? Les savoirs de sciences humaines et sociales ont la particularité de circuler dans des espaces variés et de devoir composer avec une critique prompte à remettre en cause leur validité et leur légitimité. Leur acceptabilité sociale ne se joue pas dans la seule communauté savante mais bien dans les multiples réinterprétations et traductions auxquelles ils donnent lieu. Les études réunies dans ce volume analysent sept controverses ayant pour enjeu le sort réservé à des savoirs issus de la réflexion philosophique, sociologique, psychologique ou se revendiquant d’une économie hétérodoxe. Elles montrent que les résistances qu’ils rencontrent sont la marque paradoxale de leur vigueur et de leur capacité à bousculer les évidences partagées.

mardi 9 janvier 2018

Yves Gingras, Histoire des sciences

Yves Gingras
Histoire des sciences
PUF
Que sais-je?
2018

Présentation de l'éditeur
Aristote, Euclide, Archimède, Ptolémée ou encore Galien ont inauguré une tradition scientifique qui a fait référence jusqu'aux années 1600. Mais à partir de cette date, de nouveaux instruments permettant de voir des objets jusqu'alors invisibles à l’œil nu (télescope, microscope…) donnent aux savants la possibilité de faire des mesures et des expériences de façon beaucoup plus systématique. La révolution scientifique « moderne » est en marche !
Or, depuis 1800, les disciplines et les spécialités n’ont cessé de se multiplier, fondées de plus en plus sur des instruments coûteux et une forte division du travail. Est-ce la raison pour laquelle les universités sont devenues les lieux privilégiés de la recherche et de la formation des chercheurs ?
C’est cette fabuleuse histoire faite d'évolutions et de révolutions que retrace Yves Gingras, une histoire qui est aussi une géographie...
Yves Gingras est professeur à l’université du Québec à Montréal (UQAM), où il est titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Il est notamment l’auteur de L’Impossible Dialogue. Sciences et religions (Puf, 2016) et, en « Que sais-je ? », d’une Sociologie des sciences (no 3950).
 


vendredi 5 janvier 2018

Pierre Bourdieu: Entretiens avec une critique d'art (Inès Champey) et une critique littéraire (Pascale Casanova)



Pierre Bourdieu 
Entretiens avec 
une critique d'art (Inès Champey
et 
une critique littéraire (Pascale Casanova)






(Cette liste sera mise à jour au fur et à mesure, Gilbert Quélennec)
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Pierre Bourdieu: entretiens avec Inès Champey, et publications d'Inès Champey sur Pierre Bourdieu et l'art

Pierre Bourdieu: entretiens avec Pascale Casanova, et Pascale Casanova à propos de Bourdieu





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voir également:

Pierre Bourdieu: Entretiens avec des écrivain-e-s (Morisson, Grass) et un artiste (Haacke)

Pierre Bourdieu: Entretiens avec des historiens

Pierre Bourdieu: Entretiens avec des ethnologues et anthropologues

Publications de Pierre Bourdieu: Le champ littéraire, Le champ artistique et Le champ de la critique

Publications de Pierre Bourdieu: à propos de Marcel Duchamp, Patrick Saytour, Hans Haacke, Daniel Buren et Andrea Fraser

Publications de Pierre Bourdieu, sur Manet

 
Publications de Pierre Bourdieu: autour de la revue Liber- Revue européenne des livres (Revue internationale des livres à partir de 1994)

Interventions de Pierre Bourdieu: avec le Parlement International des Ecrivains 

Publications de Pierre Bourdieu: autour du livre Les règles de l'art  



mardi 2 janvier 2018

Jacques Dubois, Tout le reste est littérature, Entretiens avec Laurent Demoulin

Jacques Dubois
Tout le reste est littérature
Entretiens avec Laurent Demoulin
Les impressions nouvelles
Réflexions faites
2017

Présentation de l'éditeur
Dans ce recueil d’entretiens, Jacques Dubois répond, sans complaisance et sans tabou, aux questions de Laurent Demoulin, qui conduit la conversation avec beaucoup d’intelligence et de verve.
Il évoque d’abord son milieu familial et social, son père instituteur communiste, sa mère pleine d’ambition pour ses fils, les premières lectures… Ensuite, est commentée une carrière étonnamment diverse. Dubois ne s’est pas contenté d’enseigner la littérature française des XIXe et XXe siècles à l’Université de Liège, il a aussi été professeur aux États-Unis, en Suisse, au Québec, à Paris ou à Madagascar. Il a par ailleurs développé une activité scientifique de premier plan en participant à l’aventure du Groupe µ et de sa Rhétorique générale, puis en publiant de nombreux ouvrages sur la littérature en référence à une sociologie, du Roman policier ou la modernité aux Figures du désir en passant par Pour Albertine. À quoi s’ajoute l’édition en Pléiade de l’œuvre de Georges Simenon (avec Benoît Denis). Jacques Dubois a aussi dirigé le quotidien La Wallonie ; il a contribué à la naissance de collections dont « Espace Nord » chez Labor et « Points Lettres » au Seuil, et a été un des rédacteurs du Manifeste pour la culture wallonne de 1982. Ces activités ne sont pas narrées froidement : elles donnent lieu à des anecdotes succulentes et à maintes réflexions.
Mais il est question aussi des hommes et des femmes rencontrés par Dubois au fil du temps : parmi eux, Pierre Bourdieu occupe une place éminente aux côtés de personnalités aussi diverses qu’Hubert Nyssen ou Brigitte Lahaie !
Avant tout, pour Jacques Dubois la littérature est une raison de vivre et de combattre qu’il a aimé partager, ici même, avec Laurent Demoulin.