"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

mercredi 28 février 2018

vidéo: Présentation et discussion (en présence des auteurs) de :L’illusion du bloc bourgeois; L’économie politique du néolibéralisme et de L’économie politique n’est pas une science morale, LIRE LES SCIENCES SOCIALES 2017/2018, 12 janvier 2018



LIRE LES SCIENCES SOCIALES 2017/2018
12 janvier 2018
14 h 00 - 16 h 30
CNRS/Site Pouchet
Paris
Présentation et discussion (en présence des auteurs) de :
Bruno Amable et Stefano Palombarini, L’illusion du bloc bourgeois. Alliances sociales et avenir du modèle français, Paris, Raisons d’agir éditions, 2017
Bruno Amable, Elvire Guillaud et Stefano Palombarini, L’économie politique du néolibéralisme. Le cas de la France et de l’Italie, Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2012
Bruno Amable et Stefano Palombarini, L’économie politique n’est pas une science morale, Paris, Paris, Raisons d’agir éditions, 2005
Par Antony Burlaud et Frédéric Lebaron

1. Les sciences sociales et l’économie politique sont menacées par le retour d’un moralisme qui nie le conflit social et discrédite l’opposition aux projets élaborés en vue d’un prétendu bien commun. […] Bruno Amable et Stefano Palombarini proposent une théorie néoréaliste du changement institutionnel  […] qui permet de reconnaître, derrière la rhétorique du bien commun, la frontière entre intérêts dominants et intérêts dominés.
2. En France et en Italie, la dissolution des anciennes alliances sociales a rendu nécessaire la reconstitution d’un bloc social dominant. Mais le noyau dur du bloc néolibéral constituant une minorité politique, la stratégie consiste à s’appuyer sur une coalition sociale élargie. […] La participation à l’Union Européenne implique dans les deux pays une pression politique forte qui est favorable à la mise en place d’une stratégie néolibérale sous des formes politiques variées.
3. La crise politique française entre dans sa phase la plus aigüe depuis plus de trente ans, avec l’éclatement des blocs traditionnels, de gauche et de droite. L’éloignement des partis « de gouvernement » des classes populaires semble inexorable […] L’avenir du modèle français dépend de l’issue d’une crise politique qui n’est pas liée à des querelles d’appareils et encore moins de personnes, mais à la difficulté de former un nouveau bloc dominant. Elle est loin d’être terminée.


lundi 26 février 2018

vidéo: Cédric Hugrée et Alexis Spire présentent Les classes sociales en Europe. Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent (avec Étienne Pénissat )



vidéo: Cédric Hugrée et Alexis Spire présentent Les classes sociales en Europe. Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent (avec Étienne Pénissat )
Aux Sources par Manuel Cervera-Marzal,  le 24/02/2018
 
Cédric Hugrée, Étienne Pénissat et Alexis Spire
Les classes sociales en Europe
Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent
Agone
L'Ordre des choses
2017 

Présentation de l'éditeur
Cartographie des inégalités sociales (niveaux d’éducation, logement, pratiques culturelles…) au-delà du revenu : une synthèse inédite des classes sociales à l’échelle européenne
Les classes populaires européennes ont été touchées de plein fouet par la crise : l’expérience du chômage et de la précarité fait partie de leur quotidien et constitue un marqueur qui les distingue des autres classes. Un autre trait récurrent est la pénibilité physique au travail, qui touche davantage les actifs peu ou pas qualifiés dans la quasi-totalité des pays européens. Pourtant, ces inégalités dans le monde du travail n’ont guère été prises en charge politiquement : la délégitimation du monde ouvrier s’est accompagnée d’une occultation de la déstabilisation des classes populaires.
Ces trente dernières années, les contours de l’Europe n’ont cessé de s’élargir, contribuant à y rendre plus visibles les inégalités. Experts et journalistes analysent ces évolutions à l’aide d’indicateurs de performance économique – productivité, taux de chômage – sans jamais s’interroger sur les conditions de travail ou les disparités selon les couches sociales. Dans un contexte où la crise économique et les réponses néolibérales incitent les peuples à se replier sur chaque espace national, il est temps de se demander ce qui rapproche et ce qui distingue les travailleurs européens. À partir de grandes enquêtes statistiques, cet ouvrage prend le parti d’une lecture en termes de classes sociales : contre la vision d’individus éclatés touchés par la crise, l’objectif est de rendre visibles les rapports de domination entre groupes sociaux. Une étape préalable nécessaire pour explorer les conditions de possibilité d’un mouvement social européen.
Cédric Hugrée est chargé de recherche au CNRS et travaille sur la sociologie des inégalités dans l’enseignement supérieur français et celles entre classes sociales en France et en Europe.
Étienne Penissat est chargé de recherche au CNRS, travaille actuellement sur les inégalités entre classes sociales en Europe et en France et sur les représentations ordinaires de l’espace social, et est co-directeur de la collection Ordre des choses.
Directeur de recherche au CNRS, Alexis Spire travaille sur la sociologie des inégalités et a publié plusieurs ouvrages sur les politiques d’immigration et l’impunité fiscale chez Grasset, Raisons d’agir et La Découverte. 

Annexes en ligne du livre

samedi 24 février 2018

Pierre Bourdieu, Le mariage entre le passé et le présent dans les sociétés d’Afrique du Nord‑Sahara (intervention inédite de 1996)



Pierre Bourdieu, Le mariage entre le passé et le présent dans les sociétés d’Afrique du Nord‑Sahara
in Ethnologie française, 2018/1 (N° 169), Justices ultramarines, PUF, Pages 177 - 186 
Cairn.Info 

Allocution orale  lors des journées d’études sur « Le mariage en Afrique du Nord » organisées par la MSH, l’EHESS et le Collège de France du 6 au 8 novembre 1996,
La transcription et l’édition (intertitres, notes, etc.) de cette conférence a été réalisée par Tassadit Yacine, directrice d’études à l’ehess, en collaboration avec Amin Pérez, post‑doctorant à l’iris.

vendredi 23 février 2018

Le Parlement européen au travail. Enquêtes sociologiques Sous la direction de Sébastien Michon

Le Parlement européen au travail
Enquêtes sociologiques
Sous la direction de Sébastien Michon
P.U.Rennes
Res Publica
2018


Présentation de l'éditeur
LEeParlement européen serait une institution sans intérêt, dominée et délaissée par des députés peu impliqués et peu présents. Pourtant, lors des sessions parlementaires, un tout autre sentiment domine : le bâtiment ressemble à une ruche. 
Dans cet ouvrage, il s’agit de restituer un ensemble de logiques de production du travail parlementaire européen à partir d’enquêtes sur ceux qui le produisent : les élus mais aussi un ensemble d’agents du Parlement européen (administrateurs, assistants parlementaires...) ou extérieurs à l’institution (agents des groupes d’intérêt...). 
Contribution originale aux études parlementaires, l’ouvrage pose les jalons d’une sociologie du Parlement européen au travail à partir de deux grilles d’analyse : d’une part l’analyse d’un espace de pratiques des parlementaires ; d’autre part une analyse de la co-production du travail parlementaire par un ensemble de « permanents » du champ de l’Eurocratie en concurrence pour faire advenir la législation européenne.

Les auteurs 




mercredi 21 février 2018

À la conquête des villes. Sociologie politique des élections municipales de 2014 en France, Sandrine Lévêque, Anne-France Taiclet (dir.)

À la conquête des villes
Sociologie politique des élections municipales de 2014 en France
Sandrine Lévêque, Anne-France Taiclet (dir.)
Septentrion
Espaces politiques
2018

Présentation de l'éditeur
En mars 2014, les scrutins municipaux ont donné lieu à des changements électoraux significatifs, tout en révélant la résistance de certaines pratiques et règles du jeu politiques. L'impact médiatique de la défaite de la gauche (et en particulier du Parti socialiste) sur un terrain local qui faisait sa force et de la conquête symbolique de villes par le FN a occulté d’autres enjeux plus profonds. Le propos de cet ouvrage est, en s’appuyant sur des enquêtes fouillées, réalisées à l’occasion de ces élections sur une variété de terrains locaux, de contribuer à éclairer deux axes problématiques transversaux : la question des changements électoraux et du renouvellement de l’offre politique, articulée aux formes d’inertie révélées par la puissance des mécanismes d’ancrage territorial et de professionnalisation politique ; la question du travail politique en campagne, associée aux phénomènes de croyances qui structurent les pratiques politiques.


Avec Catherine Achin, Samir Hadj Belgacem, Jean-Louis Briquet, Bastien François, Julien Fretel, Laura Giraud, Laurent Godmer, Fabrice Hamelin, Vanessa Jérome, Rémi Lefebvre, Guillaume Letourneur, Sandrine Lévêque, Christèle Marchand-Lagier, Marion Paoletti, Renaud Payre, Christine Pina, Pierre Rouxel, Anne-France Taiclet, Julien Talpin, Marie Vannetzel