Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


dimanche 13 juin 2010

Les services à la personne, François-Xavier DEVETTER, Florence JANY-CATRICE, Thierry RIBAULT


Les services à la personne
François-Xavier DEVETTER, Florence JANY-CATRICE, Thierry RIBAULT
Collection : Repères n°526
La Découverte
2009



Présentation de l'éditeur
Ni un secteur, ni vraiment nouveaux, les services à la personne sont un champ de forces en tension. À la fois instruments de la politique d'emploi et de politique sociale, ils déstabilisent les compromis du « modèle français ». C’est par le prisme de l’emploi que cet ouvrage propose d’explorer la socioéconomie des services à la personne. Combien d’emplois ? Quelles évolutions ? Quelle qualité de l’emploi ? Pour quel service ?
Les activités concernées s’effectuent souvent dans le cadre d’un rapport social où prestataire et usager, ou client, sont en interaction. Cette singularité rend indispensable une approche qui ne transforme pas le service à la personne en un banal produit. L’aide à domicile auprès des personnes âgées est l’archétype d’une telle approche. Elle pose la question de la compatibilité entre le caractère authentiquement professionnel de la prestation et la grande fragilité économique et sociale dans laquelle se trouve souvent le salarié qui l’effectue. Peut-on penser la professionnalisation des salariés sans interroger la qualité des services rendus, ni la nature des conditions de travail et d’emploi ? Au-delà de simples enjeux sectoriels, ces questions engagent de véritables choix de société.


table des matières
Introduction - Précisions terminologiques - Plan de l’ouvrage - Remerciements - I / Les services à la personne dans les économies tertiaires - Un contexte international de croissance tertiaire - Des enjeux sociétaux - Une longue et durable croissance des emplois dans les services - Une croissance différenciée des services - Des gisements d’emplois ? - Les mondes de services - Les services à la personne et l’emploi tertiaire - Un coup de force politique - L’évolution des services d’aide, logique d’action sociale en France - Une exception française : les services mandataires et l’emploi en gré à gré - Élargissement des modalités de recours à l’emploi - Conclusion - II / Les services à la personne : catégories et discours - Les services à la personne : un secteur insaisissable - Un regroupement d’activités hétéroclites - Des trajectoires historiques différenciées - Une catégorie politique - Une catégorie ordinaire - Une anti-réalité statistique - Organisation des prestations et estimation de l’emploi - Situations de multi-employeurs - Situations à statuts multiples - Polyvalence, polyactivité - Chèque emploi service universel (Cesu) - Conclusion - III / Vers un marché des services à la personne ? - Une demande entre discours, incitations et permanences - Une demande incommensurable - Une demande très… demandée - Une demande finalement modérée et très dépendante du revenu - L’offre de services : survie et cohabitation - La résilience du travail au noir - Une offre formelle aux prises avec le politique - Un emploi direct soutenu politiquement - Un secteur associatif à la croisée des chemins - Des entreprises commerciales en quête de qualité - Des centres communaux d’action sociale très hétérogènes - Des enseignes au bilan provisoire peu brillant - Divergences européennes - Comparer l’incomparable - Des tendances communes mais des politiques différentes - Conclusion - IV / La qualité de l’emploi en question - Une qualité globale des emplois très médiocre - Des activités où les bas salaires sont la norme - Une sécurité de l’emploi en trompe-l’oeil - Des conditions de travail qui cumulent les pénibilités industrielles et tertiaires - Des métiers peu reconnus et dévalorisés -La nature de l’employeur est-elle déterminante ? - Rémunérations - Sécurité de l’emploi - Conditions de travail - Reconnaissance - Conclusion - V / Des métiers sans profession - Qualification et/ou professionnalisation ? - De la non-qualification à la professionnalisation - Des débats théoriques lourds de conséquences pratiques - La professionnalisation comme enjeu collectif - La professionnalisation comme idéologie - Entrepreneur de soi-même versus professionnalisation - Une organisation du travail impensée - Une professionnalité plurielle - Vocationnelle - Éthique - Pragmatique - Industrielle - Marchande- Politique - Réglementaire - Servicielle - Des vertus de la pluralité des conventions de professionnalité dans le cas de l’aide à domicile - La professionnalisation : un construit évolutif en tension - Le marchand et le politique : un exemple d’articulation tendue - La question de la professionnalisation des employés de maison - Une question ancienne mais toujours d’actualité - Une professionnalisation difficile - Quelles issues ? - Conclusion : l’aide à domicile, une activité marchande sans le marché ? - Conclusion - La tentation du plein emploi - La tentation, en Europe, d’un vaste marché de l’immigré - Liste des sigles et abréviations - Repères bibliographiques.




François-Xavier Devetter est maître de conférences en économie à l’université Lille-I et Telecom Lille-I, membre du Clersé-CNRS (Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques). Ses travaux concernent la socioéconomie des conditions de travail et portent notamment sur la question de la qualité des emplois.
Florence Jany-Catrice, maître de conférences d’économie à l’université Lille-I, est une spécialiste des comparaisons internationales portant sur l’emploi tertiaire, de l’emploi non qualifié dans les services, et des indicateurs sociaux. Elle est l’auteur ou la co-auteure de cinq ouvrages sur ces questions.
Thierry Ribault est économiste, chercheur au CNRS, membre du Clersé. Il travaille sur les modalités d’emploi dans les activités de service avec une perspective de comparaison internationale.

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