« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Le low cost, qui propose biens et services à moindre coût, s’impose dans l’économie comme un allié du pouvoir d’achat en temps de crise. Mais que cache ce modèle sous ses airs de progrès ?
Fondé sur une enquête au sein de plusieurs enseignes à bas prix (alimentaire, bricolage, bazars, transports), ce livre dévoile un modèle productif dont la logique se généralise : moins d’effectifs, plus de polyvalence, un travail intense, des pressions à la rentabilité et de la précarité.
Ce modèle dégrade les conditions d’emploi et de vie de salarié·es des classes populaires, en proie à de multiples inégalités. Nourri par la précarité qu’il produit, le low cost apparaît alors comme un anti-fordisme révélateur des mutations du capitalisme contemporain.
vidéo: Victor COLLARD, « D’une histoire philosophique à une histoire sociale des idées ‘spinozistes’ chez Pierre Bourdieu »
Spinoza à Paris 8 Séminaire International et Interdisciplinaire de Recherches Spinozistes
2025-2026
Présentation par le SÉMINAIRE SPINOZA À PARIS 8, 2025-2026
JEUDI 02 JUILLET 2026, 18H-20H
Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, Maison de la Recherche, Salle A2-204
Victor COLLARD
« D’une histoire philosophique à une histoire sociale des idées ‘spinozistes’ chez Pierre Bourdieu »
Parmi tous les auteurs avec lesquels la pensée de Bourdieu a été mise en dialogue, Spinoza occupe sans doute une place à part : depuis le début des années 1970, des dizaines de commentateurs de nombreux pays évoquent le « spinozisme » de Bourdieu, qui tiendrait notamment à une approche « déterministe » qui leur serait commune. Or cette perspective, qui établit des rapports conceptuels entre deux pensées, sert souvent à accréditer l’idée selon laquelle Spinoza constituerait une « source » effective dont Bourdieu se serait servi sans toujours la reconnaître à sa juste valeur.
À rebours de cette approche herméneutique, notre communication, issue d’un travail de thèse, propose de considérer plus sociologiquement la circulation des idées entre ces deux auteurs afin de comprendre les modalités précises de la réception et de la mobilisation des idées de Spinoza par Bourdieu. Celles-ci n’engagent certainement pas une simple « lecture » de l’œuvre mais ne peuvent se comprendre qu’à la lumière des très nombreux processus par lesquels le sociologue s’est trouvé confronté à cette pensée métaphysique et l’a retraduite de manière originale dans son travail sociologique. En analysant les phases importantes de la trajectoire de Bourdieu lors desquelles il a été exposé et s’est positionné vis-à-vis de l’œuvre du philosophe hollandais depuis sa première scolarité, ainsi que les évolutions majeures de la place occupée par Spinoza dans les champs philosophique et intellectuel français qui lui ont permis d’accéder au statut de philosophe canonique que l’on lui connaît aujourd’hui, nous tentons de contrer ces « généalogies fictives », souvent imposées aux chercheurs malgré leurs protestations, afin que ces affiliations aussi fréquentes qu’imprécises (« spinoziste », « marxiste », « durkheimien », etc.) fassent place à l’analyse des processus par lesquels s’engendrent des rapports toujours singuliers entre deux auteurs. VC.
Victor COLLARD est Docteur en sociologie de l’EHESS (2021), Chercheur associé au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP). Ses domaines de recherche sont l’histoire sociale des idées et la trajectoire scolaire et scientifique de Pierre Bourdieu qu’il a eu l’occasion de présenter dans un ouvrage récent: Pierre Bourdieu. Genèse d’un sociologue, CNRS Éditions, 2024.
Vassili Rivron, Camila Gui Rosatti,
Jean-Pierre Faguer, Thomas Cortado, Gisèle Sapiro, Anne-Marie Thiesse,
Louis Pinto, José Sérgio Leite Lopes, Letícia Canêdo, Benoît de
l'Estoile, Rodrigo da Rosa Bordignon, Mihaï Dinu Gheorghiu, Monique de
Saint Martin, Tassadit Yacine, Francine Muel-Dreyfus, Victor Karady,
Julien Duval
Journées d’études : Afrânio Garcia, chercheur et passeur inter-national, Dec 2025, Paris, France. 167 p., 2026
In
this book based on his 2024 Adorno Lectures, Loïc Wacquant combines
social theory, comparative history and structural ethnography to probe
criminal punishment as a core function of the state. Extending Pierre
Bourdieu's concepts of bureaucratic field and symbolic power, he
captures the constitutive duality of punishment, at once material
and symbolic, an instrument of class control and a means of
communicating values, endlessly oscillating between rehabilitation and
retribution.
Ranging from the birth of the workhouse prison in
sixteenth-century Europe to the deployment of punishment in the colonies
to the workaday world of prosecutors in a California criminal court,
Wacquant reveals how the penal state curates crime, manages urban
marginality, signals sovereignty, and manufactures legitimacy in the
eyes of the population by restoring control over bodies out of order.
But the penal Leviathan is a bifurcated state which captures
nearly exclusively dispossessed and dishonored categories by targeting
their neighborhoods: it is everywhere a class-splitting and a
race-forging institution based on the stubborn differentiation of "paper
penality" and "street penality."
Getting inside the machinery of
criminal justice shows that punishment must be placed at the epicenter
of the political sociology of statecraft, group-making and place-making
in the metropolis as well as brought to the forefront of civic debate to
articulate a radical penal minimalism suited to reconciling punishment and democratic ideals.
Loïc Wacquant is Professor of
Sociology at the University of California, Berkeley, and Research
Associate at the Centre Européen de Sociologie et de Science Politique,
Paris.
La
santé, entend-on souvent, n'a pas de prix, mais elle aurait un coût. Ce
livre analyse la diffusion planétaire d'une manière de le calculer
inventée à l'OCDE, au début des années 1970. Menée par une poignée
d'experts internationaux, l'évaluation économique de la santé est
d'emblée limitée aux budgets. Justifiant réforme après réforme dans…
La
santé, entend-on souvent, n'a pas de prix, mais elle aurait un coût. Ce
livre analyse la diffusion planétaire d'une manière de le calculer
inventée à l'OCDE, au début des années 1970. Menée par une poignée
d'experts internationaux, l'évaluation économique de la santé est
d'emblée limitée aux budgets. Justifiant réforme après réforme dans les
pays occidentaux, elle se pare paradoxalement de toutes les vertus,
puisqu'elle serait nécessaire pour sauvegarder les systèmes de santé, et
ceci malgré son ignorance des inégalités sociales de santé ou des
déserts médicaux, et sa cécité sur le travail de lobbying des
multinationales du médicament. Par ce qu'elle fait voir comme par ce
qu'elle cache, cette mise en chiffres est donc de part en part
politique. Son hégémonie actuelle doit d'ailleurs moins à sa cohérence
qu'à sa conformité à des programmes politiques existants. Des Etats-Unis
de Reagan, à la RFA de Köhl, des administrations puissantes ont soutenu
les chiffres de l'OCDE contre toute alternative, défendant des
politiques de santé austéritaires tout en favorisant leurs industries
pharmaceutiques nationales. Nourrie d'entretiens, d'archives et
d'observation de réunions internationales, la critique scientifique
révèle les mécanismes sociaux qui ont donné aux chiffres de l'OCDE leur
valeur d'évidence, et aux comparaisons internationales les atours de la
vérité. Elle éclaire finalement la conversion à l'économie d'un secteur
vital de l'action publique