Pierre Bourdieu, in Pour un savoir engagé, Athènes, mai 2001, Raisons d'agir-Grèce, Le Monde Diplomatique, février 2002 — Page 3, aussi in Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique, Agone, P.465-469
"D’autre part, les mouvements sociaux ont apporté des méthodes d’action que les syndicats ont peu à peu, encore une fois, oubliées, ignorées ou refoulées. Et en particulier des méthodes d’action personnelle : les actions des mouvements sociaux recourent à l’efficacité symbolique, une efficacité symbolique qui dépend, pour une part, de l’engagement personnel de ceux qui manifestent ; un engagement personnel qui est aussi un engagement corporel.
Il ne s’agit pas de défiler, bras dessus bras dessous, comme le font traditionnellement les syndicalistes le 1er mai. Il faut faire des actions, des occupations de locaux, etc. Ce qui demande à la fois de l’imagination et du courage."

mardi 15 janvier 2019

Nicolas Duvoux et Cédric Lomba, Où va la France populaire  ?



Nicolas Duvoux et Cédric Lomba
Où va la France populaire  ? 
Puf
2019

Présentation de l'éditeur
Qui sont les " classes populaires " ? C'est à cette question que répondent les auteurs de " La vie des idées " à travers des prismes variés : travail et emploi, trajectoires résidentielles, conditions de revenus, pratiques culturelles, ressorts moraux. Ils dressent une cartographie des classes populaires, scindées entre, d'une part, des strates qui se rapprochent des classes moyennes et, d'autre part, des groupes qui s'enfoncent dans la précarité voire la pauvreté.
Or, cette fragmentation du milieu ouvrier est le principal facteur du désarmement identitaire et politique du groupe. 

Sommaire
- L’exigence ouvrière d’égalité, par Florence Weber
- Rénovation urbaine et fragmentation des classes populaires, par Pierre Gibert
- Au hasard de la logistique. Quand les mobilités ouvrières passent par l’entrepôt, par Carlotta Benvegnù & David Gaborieau
- De si petites différences. Conduites économiques et segmentation sociale, par Ana Perrin-Heredia
- Face à la télévision, un miroir des inégalités, par Olivier Masclet.


Nicolas Duvoux est sociologue, professeur des universités à l'université Paris 8, chercheur au CRESPPA-LabTop. Il est rédacteur en chef de laviedesidées.fr et codirecteur de la collection du même nom. Cédric Lomba est sociologue, directeur de recherches au CNRS, chercheur au CRESPPA-CSU, spécialiste des classes populaires et du travail. Ses dernières recherches portent sur les transformations des mondes ouvriers.


samedi 12 janvier 2019

audio: Pierre BOURDIEU, Réponses. Pour une anthropologie réflexive (avec Loïc Wacquant, Seuil, 1992), Le Club de la Presse par Pascale Casanova, le 7 janvier 1992



 (avec Loïc J.D. Wacquant, Seuil, 1992)
Le Club de la Presse par Pascale Casanova, le 7 janvier 1992
Panorama, France Culture
source R.D.


voir la deuxième édition, traduction intégrale, corrigée et augmentée (première édition en 1992 au Seuil sous le tire Réponses mais dans une version abrégée), Seuil, Liber, 2014 Publications de Pierre Bourdieu: autour de l'ouvrage Invitation à la sociologie réflexive (avec Loïc Wacquant)





vendredi 11 janvier 2019

audio: Gérard Mauger, Repères (II) pour résister à l'idéologie dominante



Les oreilles loin du front, 09.01.2019


Gérard Mauger
Repères (II) pour résister à l'idéologie dominante
Du Croquant
Savoir/agir
2018

Présentation de l'éditeur
Ces repères pour résister à l’idéologie dominante transgressent les interdits récemment réactivés par divers rappels à l’ordre politiques et académiques.

Ils s’ingénient, en effet, à découvrir des « excuses sociologiques » aux « inexcusables » : qu’il s’agisse de s’interroger sur la sociogenèse des trajectoires djihadistes ou de tenter de rendre compte du vote FN d’une fraction des classes populaires. Ils s’efforcent de mettre en évidence divers procédés de légitimation d’inégalités « obscènes » : comme la célébration des « talents ». Ils mettent en évidence la division du travail discursif sur l’Union Européenne entre philosophes « à façon » et économistes « à gages ». Ils s’emploient à clarifier l’usage de catégories routinières (comme l’opposition « droite/gauche » ou la notion galvaudée de « populisme »), à dissiper le brouillage d’un champ politique devenu illisible et à rappeler les leçons de l’expérience grecque à ceux qui rêvent d’une « autre Europe ». Bien qu’ils s’imposent un double devoir de « réflexivité » et de « scientificité », ces repères qui mettent les ressources de la sociologie au service de ce genre de transgressions, s’exposent sans doute ainsi à réveiller toutes les formes d’anti-intellectualisme que suscite « l’engagement sociologique ». Pourtant, comme disait Durkheim, « la sociologie ne vaudrait pas une heure de peine si elle ne devait avoir qu’un intérêt spéculatif ».

Gérard Mauger, sociologue, est directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CNRS - EHESS - Paris 1)

jeudi 10 janvier 2019

Rémy Caveng et Claude Thiaudière, Les économies de la question sociale. Quantifier la pauvreté et les inégalités

Rémy Caveng et Claude Thiaudière
Les économies de la question sociale
Quantifier la pauvreté et les inégalités
du Croquant
Dynamiques socio-economiques
2019

Présentation de l'éditeur
Issu pour une large part d’une recherche collective portant sur la construction et les usages des indicateurs sociaux, ce livre se fixe un triple objectif.
Il entend d’abord rendre compte des logiques contemporaines de production des chiffres donnant à voir une certaine représentation de la question sociale. Il explore ensuite les dimensions que ces chiffres occultent. Enfin, il se veut force de proposition pour rendre ces dimensions visibles et que les plus démunis, matériellement et symboliquement, puissent avoir voix au chapitre de la quantification. Il interroge ainsi les conditions de l’émergence d’une critique de l’ordre des choses.
À l’arrière-plan des débats portant sur la « bonne » ou la « juste » mesure de la pauvreté, des inégalités sociales, des problèmes publics et des publics « à problème » se pose la question fondamentale de la définition de ces notions. Celle-ci est inséparable des luttes qui opposent différents groupes sociaux pour imposer  leur point de vue comme vision partagée et largement admise. Les chiffres qui circulent autour de la question sociale traduisent ainsi des rapports de force entre groupes professionnels, responsables politiques, militants associatifs, groupes de pression, etc. Paradoxe apparent, les populations concernées se retrouvent souvent exclues des opérations menant à leur représentation parce que ne possédant pas les ressources nécessaires pour faire valoir ce qui leur pose problème et ce qui importe pour elles. Dépossédées du diagnostic, elles le sont tout autant de la définition du traitement de leurs « maux ».
Rémy Caveng est sociologue à l’université de Picardie Jules Verne, chercheur au Curapp-ESS (Centre universitaire de recherche sur l’action publique et le politique), à la SFR Condorcet et chercheur associé au Cessp-CSE (université Panthéon-Sorbonne).
Claude Thiaudière est sociologue à l’université de Picardie Jules Verne, chercheur au Curapp-ESS.




mercredi 9 janvier 2019

Olivier Masclet, L'invité permanent. La réception de la télévision dans les familles populaires


Olivier Masclet
L'invité permanent
La réception de la télévision dans les familles populaires
Armand Colin
Individu et Société
2019

Présentation de l'éditeur
Fini la télévision ? Abandonnée pour d’autres écrans ? Dans les familles ouvrières et employées, elle occupe toujours une place très importante.
Alors qu’elle a pu être décrite comme la reine des foyers populaires, réunissant parents et enfants autour des programmes du soir, elle apparaît aujourd’hui comme un invité permanent. Bien plus longtemps allumée, elle rythme la vie quotidienne tout en offrant plus qu’un simple divertissement : celles et ceux qui la regardent cherchent à travers elle à répondre aux contradictions de leur position autant qu’aux exigences du monde contemporain. Elle s’impose dans les foyers populaires autant qu’elle y est attendue.
Cet ouvrage fait découvrir ces téléspectateurs en brossant plusieurs portraits. Trois questions l’organisent : Quelle place la télévision prend-elle dans les existences des familles populaires d’aujourd’hui ? Quelles relations entre les femmes et les hommes et entre les parents et les enfants ses usages mettent-ils au jour ? Que font les individus des images et des personnages reçus tous les jours à domicile ?
Olivier MASCLET est sociologue, maître de conférences HDR à Paris Descartes et membre du Centre d’étude et de recherche sur les liens sociaux (Cerlis). Il est co-auteur de Sociologie des classes populaires contemporaines (Armand Colin, 2015).






lundi 7 janvier 2019

Réédition: Pierre Bourdieu, Les usages sociaux de la science. Pour une sociologie clinique du champ scientifique

Réédition: Pierre Bourdieu
Les usages sociaux de la science
Pour une sociologie clinique du champ scientifique
Quae
Sciences en questions
2019


Présentation de l'éditeur

Lorsque l’on s’interroge sur les usages sociaux de la science, on envisage rarement celui que les chercheurs pourraient eux-mêmes faire d’une sociologie de la production scientifique. Ne pourraient-ils en faire un usage « clinique » qui permettrait à la recherche de remplir plus efficacement les missions que la société lui confie ?
Les « champs scientifiques » sont, selon Pierre Bourdieu, le jeu de l’affrontement nécessaire entre deux espèces de capital scientifique : un capital que l’on peut qualifier de social, lié à l’occupation de positions éminentes dans les institutions scientifiques, et un capital spécifique qui repose sur la reconnaissance par les pairs. Et parce que la novation scientifique ne va pas sans ruptures avec les présupposés en vigueur, le capital scientifique spécifique est le plus exposé à la contestation. Il arrive ainsi que les chercheurs les plus novateurs soient violemment combattus par leur propre institution. La sociologie de la science peut aider à dépasser ce type de contradictions et à fonder les principes concrets de la démarche clinique que l’auteur appelle de ses vœux.