Pierre Bourdieu
La sociologie est un service public
Raisons d'Agir
Raisons d'agir
2026
ISSN : 2269-5745
« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».Pierre Bourdieu (1992)
Clément Le Ludec
Les damnés de la donnée
Ce que l'intelligence artificielle doit aux travailleurs des Suds
Raisons d'Agir
Raisons d'agir
2026
Présentation de l'éditeur
Derrière les promesses de l’automatisation, l’intelligence artificielle (IA) repose sur un travail humain massif, invisible et dévalorisé.
De Station F, vitrine parisienne de la « start-up nation », à Antananarivo, capitale de Madagascar, où travaillent des milliers de travailleurs des données, cette enquête suit les chaînes de travail reliant étroitement entreprises technologiques du Nord et sous-traitants du Sud. Les entreprises d’IA mobilisent une main-d’œuvre jeune, diplômée et surqualifiée, dans des conditions précaires et sans horizons professionnels.
L’IA ne remplace pas simplement le travail : elle le réorganise, en déplace les hiérarchies au niveau international et enferme une partie de cette main-d’œuvre dans des positions subalternes. Le capitalisme numérique prolonge ainsi une longue histoire de l’exploitation fondée sur la dévalorisation du travail des travailleuses et travailleurs des Suds. À travers ces transformations, une question centrale se dessine : dans un monde façonné par l’IA, notre travail humain continuera-t-il à compter ?
Clément Le Ludec est docteur en sociologie de l'Institut polytechnique de Paris. Il est spécialiste des transformations numériques du travail
Rémi Lefebvre
Faire parti autrement ?
Insoumis et Marcheurs
(2016-2026)
La situation des partis politiques est paradoxale : ils sont profondément discrédités et affaiblis, mais ils jouent un rôle toujours incontournable dans la démocratie représentative. Ils sont dépassés et indispensables. Depuis les années 2010, dans toute 1'Europe, un mode d'organisation alternatif aux partis a émergé : les mouvements (5 Etoiles en Italie, Podemos en Espagne, etc.).
En France, c'est en 2016 que sont créées, à l'occasion de la campagne présidentielle, La République en Marche et La France Insoumise. Ces deux organisations qui se revendiquent comme « mouvements » présentent de nombreuses caractéristiques communes : adhésion gratuite, structuration informelle, centralité du leader, absence de démocratie interne, forte digitalisation, etc. Ils proposent un nouvel équilibre entre horizontalité participative et verticalité décisionnelle.
Fondé sur une enquête au long cours, cet ouvrage analyse l'évolution de ces organisations entre 2016 et 2026. La souplesse qu'ils revendiquent se traduit-elle dans les faits ? La promesse d'une manière alternative de faire parti est-elle tenue ?
L'ouvrage le montre : en dix ans, les deux mouvements se sont normalisés sans toutefois devenir des partis à l'ancienne et, pour un temps au moins, ils conservent des modes de fonctionnement qui continuent à perturber l'ordre politique en mettant leur force à disposition d'un leader que les Marcheurs doivent trouver et les Insoumis relégitimer en vue des élections présidentielles de 2026.
Fabien Eloire
Le tournant de la finance
Les réformes de l’économie française dans les années 1980
du Croquant
Action Publique
2026
Présentation de l'éditeur
Depuis les années 1980, un capitalisme financier favorable aux détenteurs d’épargne, investisseurs et spéculateurs a connu un essor inédit dans les pays occidentaux. Comment ces marchés financiers, régulés au début du XXème siècle, ont-ils de nouveau été libéralisés ? Comment l’expansion de la bourse s’est-elle opérée concrètement ? Cet ouvrage est consacré aux racines de ces transformations dans la France des années 1980. Il étudie les réformes monétaires et financières menées le gouvernement socialiste de Laurent Fabius et le ministre de l’économie Pierre Bérégovoy entre 1984 et 1986. Fondé sur de nombreuses sources et archives d’administration, il éclaire cette période historique à l’aune des outils et concepts de la sociologie économique. Il montre le rôle des dirigeants politiques et hauts fonctionnaires dans cette nouvelle orientation de l’action publique, qui a ouvert la voie à la financiarisation de l’économie française et à sa normalisation dans le cadre de la mondialisation.
Fabien Eloire est professeur des universités en sociologie à l'Université de Lille, spécialisé en sociologie économique. Il a publié avec Jean Finez, Sociologie des prix aux éditions La Découverte.