Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mercredi 12 décembre 2018

mardi 11 décembre 2018

Macron, un mauvais tournant , Économistes atterrés

Économistes atterrés 
Macron, un mauvais tournant
Les Liens qui Lihèrent
2018


Présentation de l'éditeur
Arrivé miraculeusement au pouvoir à la suite de la déception provoquée par le quinquennat de François Hollande, bénéficiant aussi de l’affaiblissement politique des classes populaires, Emmanuel Macron a su rassembler toutes les forces libérales pour mettre en œuvre le programme que le patronat et l’oligarchie financière prônent depuis longtemps. Sa stratégie s’inscrit ainsi dans celle des institutions européennes. Masqué par un discours moderniste vantant la réussite individuelle et l’entreprise innovante, son objectif est de détruire progressivement le modèle social français (protection sociale, fiscalité redistributive, services publics, droit du travail) pour aligner la France sur les standards du capitalisme financier libéralisé. Il utilise, pour cela, les institutions bonapartistes de la Ve République.
L’ouvrage décrit les méthodes et les implications de cette entreprise. Il analyse les réformes mises en œuvre depuis le début du quinquennat comme celles envisagées pour sa suite. Il montre qu’elles aggravent les problèmes que posent les contradictions du capitalisme financier : crise économique (pression sur les salaires et les dépenses publiques, hausse des dettes publiques et privées, instabilité financière), crise productive (financiarisation des entreprises qui joue contre l’emploi et l’investissement de long terme), crise sociale (creusement des inégalités de revenus et de statuts) et crise écologique.  
Un autre tournant serait nécessaire, qui se donnerait les moyens de répondre aux exigences de la transition sociale et écologique vers une société sobre, égalitaire, solidaire, dont le développement serait socialement pensé et non laissé aux marchés et aux grandes entreprises multinationales.


lundi 10 décembre 2018

écouter: Gilles Laferté et Lorenzo Barrault-Stella, à propos des Mondes ruraux et classes sociales




écouter: Gilles Laferté et Lorenzo Barrault-Stella, à propos des Mondes ruraux et classes sociales
La Marche de l'histoire , mercredi 5 décembre 2018 par Jean Lebrun
Mondes ruraux et classes sociales
Sous la direction de Ivan Bruneau, Gilles Laferté
Julian Mischi & Nicolas Renahy
Ehess
En temps & lieux
2018
Présentation de l'éditeur
Partis à la rencontre d’agriculteurs prospères, de bûcherons indépendants, de chasseurs, mais aussi d’ouvriers et de cadres de la SNCF, d’instituteurs militant – ou non – contre les fermetures d’écoles, ou encore d’élus locaux plus ou moins aguerris, les auteurs de cet ouvrage livrent ici les résultats de cette ethnographie collective qui complexifie la lecture de l’espace social, au plus près de la manière dont les individus se positionnent les uns par rapport aux autres.
S’appuyant sur une enquête de terrain menée dans le centre est de la France, ce livre propose une analyse renouvelée des campagnes françaises, attentive à la diversité des groupes sociaux et aux rapports de classe qui traversent ces territoires. Une telle prise en compte de la dimension locale permet de prendre toute la mesure de ce qui construit, aujourd’hui, l’appartenance sociale au sein des mondes ruraux.
  

samedi 8 décembre 2018

Bourdieu: "Je dirai seulement, pour donner à réfléchir, qu'il y a une loi de conservation de la violence et que si l'on veut faire diminuer véritablement la violence la plus visible, crimes, vols, viols, voire attentats, il faut travailler à réduire globalement la violence qui reste invisible (en tout cas à partir des lieux centraux, ou dominants)"




"Je dirai seulement, pour donner à réfléchir, qu'il y a une loi de conservation de la violence et que si l'on veut faire diminuer véritablement la violence la plus visible, crimes, vols, viols, voire attentats, il faut travailler à réduire globalement la violence qui reste invisible (en tout cas à partir des lieux centraux, ou dominants), celle qui s'exerce au jour le jour, pêle-mêle, dans les familles, les usines, les ateliers, les commissariats, les prisons, ou même les hôpitaux ou les écoles, et qui est le produit de la "violence inerte" des structures économiques et sociales et des mécanismes impitoyables qui contribuent à les reproduire."

in Pierre Bourdieu, «Sciences sociales et démocratie» (version modifiée), in P. Combemale, J.P. Piriou (eds), Nouveau manuel de sciences économiques et sociales (terminale ES), Paris, Ed. La Découverte, 1995, p.673-674 ; aussi, «Les sciences sociales et la démocratie» (Paris-HEC, novembre 1995), in Conférences des professeurs Honoris Causa du Groupe HEC, Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, 1997, p.9-23. aussi Sociologie et démocratie, Zellige (n° 3), lettre d'informations du service culturel, scientifique et de coopération de l'ambassade de France au Maroc, octobre 1996

 écoutez cet extrait à 04:04 -04:41
Pierre Bourdieu
Les sciences sociales et la démocratie (Paris-HEC, novembre 1995), in Conférences des professeurs Honoris Causa du Groupe HEC


vendredi 7 décembre 2018

"Arise Ye Wretched of the Earth". The First International in a Global Perspective, Fabrice Bensimon, Quentin Deluermoz et Jeanne Moisand

 
"Arise Ye Wretched of the Earth"
The First International in a Global Perspective
Fabrice Bensimon, Quentin Deluermoz et Jeanne Moisand (Eds)
Brill 
 Studies in Global Social History
2018


Présentation de l'éditeur
“Arise Ye Wretched of the Earth” provides a fresh account of the International Working Men’s Association. Founded in London in 1864, the First International gathered trade unions, associations, co-operatives, and individual workers across Europe and the Americas.
The IWMA struggled for the emancipation of labour. It organised solidarity with strikers. It took sides in major events, such as the 1871 Paris Commune. It soon appeared as a threat to European powers, which vilified and prosecuted it. Although it split up in 1872, the IWMA played a ground-breaking part in the history of working-class internationalism.
In our age of globalised capitalism, large labour migration, and rising nationalisms, much can be learnt from the history of the first international labour organisation.

Contributors are: Fabrice Bensimon, Gregory Claeys, Michel Cordillot, Nicolas Delalande, Quentin Deluermoz, Marianne Enckell, Albert Garcia Balaña, Samuel Hayat, Jürgen Herres, François Jarrige, Mathieu Léonard, Carl Levy, Detlev Mares, Krzysztof Marchlewicz, Woodford McClellan, Jeanne Moisand, Iorwerth Prothero, Jean Puissant, Jürgen Schmidt, Antje Schrupp, Horacio Tarcus, Antony Taylor, Marc Vuilleumier.

Fabrice Bensimon is professor in British History and Civilisation at the Paris-Sorbonne University Paris 4 and a member of the Centre dhistoire du XIXe siècle (Paris 1 Paris 4). Quentin Deluermoz is Associate Professor in History at the University of Paris North Paris 13, Research Fellow at the Centre de recherches historiques (EHESS) and member of IUF. He is the author of Le Crépuscule des revolutions, 1848-1871 (2012) and co-author of Pour une histoire des possibles (2016). Jeanne Moisand is Associate Professor in History at the Panthéon-Sorbonne University Paris 1 and member of the Centre dhistoire du XIXe siècle (Paris 1 Paris 4).  



mercredi 5 décembre 2018

Abdelmalek Sayad, le parcours d’une pensée, Mercredi 5 décembre 2018 à Paris

Abdelmalek Sayad © DR


Abdelmalek Sayad, le parcours d’une pensée 

Mercredi 5 décembre 2018 
à 19h


Musée national de l'histoire de l'immigration
Palais de la Porte Dorée
Auditorium Philippe Dewitte
293 avenue Daumesnil
75012 Paris


Quatrième conférence du cycle Plein cadre. Quand l'histoire éclaire l'actualité des migrations.
Avec :
  • Mohammed Harbi, ancien haut fonctionnaire, historien et universitaire algérien.
  • Amin Perez, docteur en sociologie.
  • Raoul Weexsteen, géographe, ancien directeur de recherche au CNRS.
  • Salima Amari, docteure en sociologie.
  • Afranio Garcia, maître de conférences à l’EHESS (sous réserve).

 (Source: Musée national de l'histoire de l'immigration)




lundi 3 décembre 2018

Jürgen Kocka, Histoire du capitalisme

 
Jürgen Kocka  
Histoire du capitalisme
Traduit de l'allemand par Isabelle Kalinowski
Markus Haller
2017

Préface à l'édition française


Présentation de l'éditeur
Peu de mots sont si souvent utilisés et si rarement compris que le mot « capitalisme ». Dans ce livre, l’historien Jürgen Kocka explique les formes diverses que le capitalisme a pris au fil des siècles et comment ses exploits et ses échecs ont façonné le monde moderne.

Les mutations du capitalisme ont été nombreuses, de ses débuts médiévaux explorés par les marchands chinois et arabes, à son extension à la finance dans l’Europe de la Renaissance ; de sa variante coloniale au début des Temps modernes, à son remplacement de l’agriculture de subsistance et de la manufacture artisanale par des formes de production industrielle dans l’Europe du XIXe siècle ; de la prédominance des entreprises familiales au capitalisme managérial. La mondialisation, avec la croissance énorme des marchés financiers, caractérise seulement l’étape la plus récente de la longue histoire du capitalisme.
À travers tous ces changements, la reconnaissance des droits de propriété individuels, la prédominance des décisions économiques décentralisées, la priorité des marchés dans la coordination des activités économiques, et la possibilité d’accéder à du capital emprunté ont été indispensables. Mais aussi controversées.
Le capitalisme a créé à la fois des richesses et des problèmes sociaux auparavant inimaginables. Il a radicalement transformé le travail et la relation entre le marché et l’État. Aucune innovation du capitalisme n’a échappé à la critique et à la résistance, que ce soit par l’Église, par les penseurs politiques ou par les mouvements populaires. Cette opposition n’a pas conduit à la disparition du capitalisme, mais elle a contribué à sa domestication. Alors qu’aucune alternative sérieuse au capitalisme n’est en vue, cette fonction de la critique reste importante car, comme l’explique Kocka, beaucoup de variantes du capitalisme sont pensables.