Marie-Bénédicte VINCENT
Histoire de la société allemande au XXe siècle
Collection : Repères n°579
La Découverte
2011
Présentation de l'éditeur
La société allemande du premier XXe siècle, sans rompre totalement avec des archaïsmes, a connu une modernisation importante, qui traverse trois régimes : Empire, République de Weimar et IIIe Reich. Le mode de vie urbain devient le plus prégnant, la culture de masse se développe, l'État social apparaît comme une réalité quotidienne et les catégories sociales populaires y participent de plus en plus, les particularismes reculent. Mais, dans le même temps, les élites et les classes moyennes craignent le déclassement et l'érosion des valeurs bourgeoises face aux difficultés économiques, d'où le rêve d'une régénération de la nation ; les mouvements de masse contribuent à une certaine radicalisation de la vie politique ; le mouvement fémisniste suscite des crispations ; la violence et l'antisémitisme se renforcent.
Cet ouvrage s'interroge sur la spécificité de cette évolution dans l'Europe occidentale et sur les grands enjeux que sont la capacité de produire une cohésion sociale, l'adaptation à la démocratie politique et l'acceptation des modernités culturelles. Se pose enfin la question des facteurs sociaux ayant favorisé le nazisme jusqu'à la mobilisation de toute la société dans la guerre totale.
Marie-Bénédicte Vincent, ancienne élève de l’École normale supérieure, est agrégée et docteur en histoire. Spécialiste de l’Allemagne des XIXe et XXe siècles, elle a publié Serviteurs de l’État, les élites administratives en Prusse, 1871-1933 (Belin, 2006). Elle est actuellement maître de conférences en histoire contemporaine à l’université d’Angers.
Rien n'est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d'observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les soutenir que l'opinion. C'est donc sur l'opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires(David Hume in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, p.257-258)
lundi 30 mai 2011
Marie-Bénédicte VINCENT, Histoire de la société allemande au XXe siècle
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