Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


lundi 30 mai 2011

Marie-Bénédicte VINCENT, Histoire de la société allemande au XXe siècle

Marie-Bénédicte VINCENT
Histoire de la société allemande au XXe siècle
Collection : Repères n°579
La Découverte
2011


Présentation de l'éditeur
La société allemande du premier XXe siècle, sans rompre totalement avec des archaïsmes, a connu une modernisation importante, qui traverse trois régimes : Empire, République de Weimar et IIIe Reich. Le mode de vie urbain devient le plus prégnant, la culture de masse se développe, l'État social apparaît comme une réalité quotidienne et les catégories sociales populaires y participent de plus en plus, les particularismes reculent. Mais, dans le même temps, les élites et les classes moyennes craignent le déclassement et l'érosion des valeurs bourgeoises face aux difficultés économiques, d'où le rêve d'une régénération de la nation ; les mouvements de masse contribuent à une certaine radicalisation de la vie politique ; le mouvement fémisniste suscite des crispations ; la violence et l'antisémitisme se renforcent.
Cet ouvrage s'interroge sur la spécificité de cette évolution dans l'Europe occidentale et sur les grands enjeux que sont la capacité de produire une cohésion sociale, l'adaptation à la démocratie politique et l'acceptation des modernités culturelles. Se pose enfin la question des facteurs sociaux ayant favorisé le nazisme jusqu'à la mobilisation de toute la société dans la guerre totale.
  Marie-Bénédicte Vincent, ancienne élève de l’École normale supérieure, est agrégée et docteur en histoire. Spécialiste de l’Allemagne des XIXe et XXe siècles, elle a publié Serviteurs de l’État, les élites administratives en Prusse, 1871-1933 (Belin, 2006). Elle est actuellement maître de conférences en histoire contemporaine à l’université d’Angers.

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