Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mardi 18 juin 2013

Alain Accardo, De notre servitude involontaire (Édition actualisée & augmentée)

Alain Accardo
De notre servitude involontaire
Édition actualisée & augmentée
Agone
2013

Présentation de l'éditeur
C’est l’adhésion inconsciente des agents qui fait la force du système capitaliste, la connivence non intentionnelle, forme de complicité qui s’ignore parce qu’elle va sans dire et sans y penser. Elle provient du fait que les structures objectives externes et les structures subjectives internes sont dans un rapport plus ou moins étroit de correspondance qui conduit les individus à agir spontanément de façon compatible, à leur insu même, avec la logique objective du système qu’ils ont intériorisée (en vertu de la place qu’ils y occupent, des propriétés qu’ils détiennent, etc.). De sorte qu’ils peuvent continuer à faire corps avec le système alors même qu’ils ont commencé, grâce à une « prise de conscience » politique, à se détacher de lui, voire à développer une résistance dans le système qu’ils confondent volontiers avec une lutte contre le système. Mais tant que l’opposition se manifeste dans le système (même si c’est pour critiquer avec virulence certains de ses défauts), elle demeure ambiguë, dans la mesure où, tout en créant des discordances dans l’adhésion à l’ordre établi, elle lui est néanmoins utile en l’incitant à trouver les moyens de restaurer le consensus sans que jamais l’essentiel (qui est la vraie racine de tous les défauts dénoncés) soit remis en question. Ce livre inaugure la réflexion de l’auteur sur le rôle, central et ambigu, des classes moyennes dans le système politique dominant des pays riches : la démocratie représentative et l’ordre social capitaliste.
Alain Accardo tient une chronique dans La Décroissance ; sociologue, il est notamment l’auteur, aux éditions Agone, de Introduction à une sociologie critique (2006), Journalistes précaires, journalistes au quotidien (2007), Le Petit Bourgeois gentilhomme (2009) et Engagements (2011).

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