« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 31 mai 2022

Tassadit Yacine, Pierre Bourdieu en Algérie (1956-1961). Témoignages

 


Tassadit Yacine

Pierre Bourdieu en Algérie 

(1956-1961)

Témoignages

du Croquant

Sociétés et politiques en Méditerranée

2022

 

Présentation de l'éditeur

Ce livre retrace, sans prétendre à l’exhaustivité, la période algérienne de Pierre Bourdieu : celle qui va de 1956, date de son arrivée dans le Chéllif, région inhospitalière à la ­chaleur torride en été et au froid glacial en hiver, à 1961, date de son départ précipité d’Alger, ville en proie au terrorisme urbain. Dans l’intervalle, Pierre Bourdieu a été affecté au Gouvernement général, à Alger, comme attaché militaire dont la mission était de rédiger des notes et divers documents nécessaires à l’administration coloniale. Après sa libération du service militaire, il entame une carrière d’enseignant à la faculté d’Alger et de chercheur à l’Ardess (Association de recherche). Cet autre lieu, l’université, lieu de « science » et de « connaissance », lui offrira la possibilité d’étudier les structures sociales et les pratiques culturelles qui fondent la société algérienne alors dans le collimateur d’une armée coloniale obsédée par sa déstructuration. 

Ce livre vise à éclairer le lecteur, fût-ce partiellement, sur ce parcours exceptionnel, à partir de témoignages oraux, véritables archives vivantes, émanant de collègues et d’étudiants qui ont côtoyé le chercheur en herbe et partagé avec lui moult angoisses, espoirs et désespoirs dans un climat de tensions politiques dans une guerre de libération, qui avait alors gagné tant le monde rural que le monde urbain, comme l’a illustré la bataille d’Alger en 1957.

Directrice d’études à l’EHESS et chercheure au Laboratoire d’anthropologie sociale (LAS), directrice de la revue AWAL, Tassadit Yacine a consacré de nombreux travaux à la compréhension des mécanismes de domination dans les sociétés anciennement colonisées d’Afrique du Nord.

 

Table des matières

Présentation

C 'était en Algérie pendant les années de guerre... Ils ont connu Pierre Bourdieu, soldat et apprenti chercheur

Que signifie : débarquer à Alger ?

Un soldat apprenti chercheur

Enseignant et éveilleur de conscience par la recherche

Inventer un mode nouveau de travailler et de résister

Les libéraux étaient des gens qui estimaient que les guerres coloniales étaient hors de saison

Entretien avec André Nouschi

« On n’avait jamais vu “Le Monde” ; nous étions une petite frange de gauche entre les communistes et les socialistes »

Entretien avec Lucien Bianco

« Depuis, je n’ai jamais pensé que la sociologie doive servir à autre chose »

Entretien avec Alain Accardo

« Il se sentait bien avec nous… Cela signifiait qu’il était de notre bord »

Jean Sprecher

C’était un esprit curieux

Père Henri Sanson

C'était en 1957… Sous la lumière d’Alger que j’ai rencontré un des hommes les plus géniaux et les plus attachants

Bernard Mazaud

« Il était UN parmi les dix ». Autour de l’enquête sur les camps de regroupement dans Le Déracinement

Salah Bouhedja

Retour sur l'Algérie au temps des camps de regroupement. Souvenirs d’un étudiant enquêteur dans l’équipe Bourdieu-Sayad

Jacques Budin

L’autre Bourdieu

Entretien réalisé par Hafid Adnani et Tassadit Yacine

Chronologie des événements historiques (1954-1962)

Lettres à André Nouschi

Documents inédits

Les travaux de Bourdieu sur l’Algérie

Index 

 

 

 


mercredi 3 février 2021

Alain Accardo, Introduction à une sociologie critique. Lire Pierre Bourdieu (édition revue et actualisée)

 


Alain Accardo
Introduction à une sociologie critique
Lire Pierre Bourdieu 
(édition revue et actualisée)
Agone
Éléments
2021
 
 
Présentation de l'éditeur
"S'agissant de la science sociale, on doit considérer que la connaissance de la réalité qu'elle permet d'acquérir doit s'investir dans l'entreprise collective de rendre le monde social meilleur, et donc apporter sa contribution spécifique au combat que les forces d'émancipation ne cessent de mener contre les forces d'oppression sociale. Cette sociologie critique, refusant l'objectivisme économiste, nous permet de comprendre que les structures du monde social à combattre sont à la fois externes et internes.
C'est pourquoi elle prône la réflexivité et l'auto-socioanalyse, nous conduisant à considérer que toutes les Bastilles existent toujours doublement, dans le monde où nous habitons et dans celui qui nous habite. C'est pourquoi il faut s'attaquer aux murailles qui sont en nous tout autant qu'à celles qui se dressent devant nous, parce qu'elles ne forment toutes ensemble qu'une seule et même forteresse, celle de l'ordre établi".
Ce livre propose une vision du monde social étroitement inspirée des analyses de Pierre Bourdieu, dont elle reprend en substance l'appareil conceptuel. 4e édition revue et actualisée, avec une préface inédite de Gérard Mauger. 
 
 
Sociologue et professeur honoraire à l'université Bordeaux-Montaigne, chroniqueur dans La Décroissance, Alain Accardo est l'auteur d'ouvrages de critique politique et morale de l'ordre social dominant - dont Le Petit Bourgeois gentilhomme (2020), Pour une socioanalyse du journalisme (2017) et De notre servitude involontaire (2013).
 
 

mercredi 1 mars 2017

Alain Accardo, Pour une socioanalyse du journalisme


Alain Accardo
Pour une socioanalyse du journalisme
Agone
Cent mille signes
2017

Présentation de l'éditeur
Le journalisme étudié comme une profession majoritairement au service des intérêts des dominants entre autres du fait de sa structure sociale.
"La représentation médiatique du monde, telle qu’elle est fabriquée quotidiennement par les journalistes, ne montre pas ce qu’est effectivement la réalité mais ce que les classes dirigeantes et possédantes croient qu’elle est, souhaitent qu’elle soit ou redoutent qu’elle devienne. Autrement dit, les médias dominants et leurs personnels ne sont plus que les instruments de propagande, plus ou moins consentants et zélés, dont la classe dominante a besoin pour assurer son hégémonie."
Les lecteurs habitués aux concepts de la sociologie bourdieusienne ne découvriront sans doute rien de bien nouveau sur le plan théorique dans ce petit livre. Mais ils apprendront peut-être de quelle manière on peut les mettre directement en application dans un projet indissociable de connaissance et d’émancipation personnelle et collective.
    Quant aux lecteurs peu ou pas du tout familiers avec ces outils et ces auteurs, ils pourront découvrir de la manière la plus claire pourquoi et comment cette socioanalyse du métier de journaliste est en même temps celle d’une classe sociale dont cette corporation est une fraction emblématique, la petite bourgeoisie intellectuelle.
    Ce texte est une version actualisée et complétée de l’introduction que l’auteur a donnée à un livre collectif réédité chez Agone en 2007 et consacrée à l’analyse sociologique des pratiques journalistiques, Journalistes précaires, journalistes au quotidien. Cette réédition le replace dans le travail que l’auteur mène depuis la fin des années 1990 sur les classes moyennes – avec des livres comme De notre servitude involontaire et Le Petit Bourgeois gentilhomme (Agone, 2001, 2013 et 2003, 2009).
 

samedi 28 novembre 2015

BOURDIEU, LE RETOUR... Un film en chantier de Pierre Carles et Annie Gonzalez, 1er décembre 2015 à Villeurbanne


BOURDIEU, LE RETOUR...
mardi 1er décembre 2015 à 20h
Villeurbanne - au cinéma Le Zola - 117, Cours Emile Zola
Un film en chantier de Pierre Carles et Annie Gonzalez
Au programme, six interviews de Alain Accardo, Patrick Champagne, Monique Pinçon-Charlot, Christian Baudelot, Bernadette et Claude Seibel.
Le sujet : que reste-t-il de PIERRE BOURDIEU, celui des années 60, des "héritiers" de "la distinction" ?
Une soirée proposée par Yakavoir



Description :
Répondez à cette question : êtes-vous un héritier ?
Telle est la question que l’association Yakavoir pose avec Pierre Carles, réalisateur de « La sociologie est un sport de combat » (2001) sur le sociologue Pierre Bourdieu, et en compagnie d'Annie Gonzalez, co-réalisatrice du film « Bourdieu, le retour… ».
Ce film, actuellement en chantier, sera présenté au public à différentes étapes de sa construction.

« Bourdieu, le retour » s’attache plus particulièrement aux débuts de Pierre Bourdieu, celui qui, dans les années 60 écrit « Les héritiers » et « La distinction » qui marquent durablement, de par leurs protocoles et leur engagement, la vision de l’école, de la transmission et démontrent dans une étude implacable les blocages et les inégalités dans la société et l’école d’alors.
Ceux qui travaillèrent avec Pierre Bourdieu à cette époque (Monique Pinçon-Charlot, Christian Baudelot, Alain Accardo, Patrick Champagne, Bernadette et Claude Seibel), et devenus aujourd’hui des sociologues de premier rang, confirment tous l’extraordinaire ébullition qui régnait à l’époque dans l’université. Un 68 juste avant l’heure !
Pierre Carles et Annie Gonzalez, les ont filmés et proposent ici une sélection de 6 entretiens d’une durée moyenne de 10 minutes qui formeront l’épine dorsale du documentaire à venir.

Première présentation de ce film "en construction" en présence d’Annie Gonzalez.

Soirée organisée en partenariat avec l’association YAKAVOIR*, et animée par Jean-Marc Grefferat. 

(source: Le Zola)

mercredi 22 avril 2015

Traduction: Pierre Bourdieu, La miseria del mondo


Pierre Bourdieu
La miseria del mondo
A cura di Antonello Petrillo e Ciro Tarantino 
Mimesis
2015

Présentation de l'éditeur
Traduit par Pierangelo Di Vittorio
Da un lato ci sono i responsabili politici, spesso del tutto estranei all’esistenza ordinaria dei loro concittadini, dall’altro quelle donne e quegli uomini che hanno così tanto mal di vivere e così pochi mezzi per farsi intendere. Gli uni hanno gli occhi fissi sui sondaggi d’opinione, gli altri protestano al di fuori dei quadri costituiti, quando riescono a non chiudersi nel proprio malessere. Diretta da Pierre Bourdieu, un’équipe di sociologi si è consacrata per tre anni a comprendere le condizioni di produzione delle forme contemporanee di miseria sociale: la periferia, la scuola, il precariato, il mondo operaio e il sottoproletariato, l’universo degli impiegati, quello dei contadini e degli artigiani, la famiglia… Tutti spazi in cui si annodano conflitti specifici, luoghi in cui si afferma una sofferenza la cui verità qui è detta da coloro che la vivono.

Pierre Bourdieu (1930-2002) è stato direttore di studi all’École Pratique des Hautes Études, poi École des Hautes Études en Sciences Sociales, dal 1964 al 2001 e professore di Sociologia al Collège de France dal 1982 al 2001. Ha fondato e diretto il Centre de Sociologie Européenne e la rivista «Actes de la recherche en sciences sociales».

Antonello Petrillo insegna Sociologia generale e controllo sociale e Topografi e dello spazio sociale presso l’Università di Napoli “Suor Orsola Benincasa”, dove dirige URiT - Unità di Ricerca sulle Topografi e sociali.

Ciro Tarantino insegna Sociologia dei codici culturali presso il Dipartimento di Studi Umanistici dell’Università della Calabria. È condirettore del CeRC - Centre Robert Castel for Governmentality and Disability Studies dell’Università di Napoli “Suor Orsola Benincasa”. 


(Merci à Ciro Tarantino pour l'info)

mardi 18 juin 2013

Alain Accardo, De notre servitude involontaire (Édition actualisée & augmentée)

Alain Accardo
De notre servitude involontaire
Édition actualisée & augmentée
Agone
2013

Présentation de l'éditeur
C’est l’adhésion inconsciente des agents qui fait la force du système capitaliste, la connivence non intentionnelle, forme de complicité qui s’ignore parce qu’elle va sans dire et sans y penser. Elle provient du fait que les structures objectives externes et les structures subjectives internes sont dans un rapport plus ou moins étroit de correspondance qui conduit les individus à agir spontanément de façon compatible, à leur insu même, avec la logique objective du système qu’ils ont intériorisée (en vertu de la place qu’ils y occupent, des propriétés qu’ils détiennent, etc.). De sorte qu’ils peuvent continuer à faire corps avec le système alors même qu’ils ont commencé, grâce à une « prise de conscience » politique, à se détacher de lui, voire à développer une résistance dans le système qu’ils confondent volontiers avec une lutte contre le système. Mais tant que l’opposition se manifeste dans le système (même si c’est pour critiquer avec virulence certains de ses défauts), elle demeure ambiguë, dans la mesure où, tout en créant des discordances dans l’adhésion à l’ordre établi, elle lui est néanmoins utile en l’incitant à trouver les moyens de restaurer le consensus sans que jamais l’essentiel (qui est la vraie racine de tous les défauts dénoncés) soit remis en question. Ce livre inaugure la réflexion de l’auteur sur le rôle, central et ambigu, des classes moyennes dans le système politique dominant des pays riches : la démocratie représentative et l’ordre social capitaliste.
Alain Accardo tient une chronique dans La Décroissance ; sociologue, il est notamment l’auteur, aux éditions Agone, de Introduction à une sociologie critique (2006), Journalistes précaires, journalistes au quotidien (2007), Le Petit Bourgeois gentilhomme (2009) et Engagements (2011).

vendredi 30 novembre 2012

Dvd: Hollande, Dsk, Etc... Une enquête de Julien Brygo, Pierre Carles, Nina Faure et Aurore Van Opstal

Hollande, Dsk, Etc...


Hollande, Dsk, Etc...
Une enquête de Julien Brygo, Pierre Carles, Nina Faure et Aurore Van Opstal
Avec la participation de Alain Accardo, Gilles Balbastre, Laurent Bonelli, Alain Garrigou, François Ruffin
Arapede Productions
2012

Au printemps 2012, en pleine campagne des élections présidentielles, une équipe de choc s’invite chez les notables de la presse parisienne pour les interroger sur le traitement de faveur dont ils gratifient François Hollande depuis les premiers jours de sa candidature. En plébiscitant le prétendant socialiste au détriment des autres candidats, les responsables de l’information ne sont-ils pas en train de préempter l’issue du jeu électoral ?
Hollande saura-t-il les consoler de l’effondrement de leur ancien favori, Dominique Strauss-Kahn ? Confrontés aux preuves de leur parti pris, directeurs de journaux, éditorialistes chevronnés et petits soldats du journalisme politique se cabrent, se défaussent, se récrient, s’énervent – et parfois se dévoilent…
BONUS : JUPPÉ, FORCÉMENT…
Comment s’exerce la démocratie quand un ministre en fonction,
secrétaire général d’un parti politique de première importance,
brigue la mairie d’une grande ville de province ? Comment les médias locaux traitent-ils l’illustre parachuté ? Que devient le beau principe de l’égalité de traitement entre les candidats ? Juppé, forcément… décortique une campagne électorale à travers le regard des journalistes et montre à quel point la politique, comme le reste, fonctionne à deux vitesses.
Pierre Carles, 1995, 31 mn
 commander

jeudi 19 avril 2012

en ligne: DSK, Hollande, etc. Un film de julien brygo, Pierre Carles, Aurore Van Opstal


le film  « DSK, Hollande, etc. » (réalisation : Julien Brygo, Pierre Carles, Aurore Van Opstal) est en accès libre sur le site de Pierre Carles depuis le 19 avril 2012

Synopsis

Les rapports médias-politique passés au crible avant l’élection présidentielle de 2012. Ou comment la presse présélectionne les candidats compatibles avec les intérêts du pouvoir économique. Après avoir fait le forcing pour la candidature de Dominique Strauss-Kahn en 2010, c’est sur François Hollande que se sont reportées les voix des « grands » médias à partir de l’affaire du Sofitel de New York. Particularité des deux hommes : ils ont tous les deux fait Sciences-Po et l’école de commerce HEC.
En n’imaginant pas d’autre second tour possible qu’un duel Hollande-Sarkozy et en présentant cet affrontement comme un un combat gauche-droite alors qu’il s’agit plus vraisemblablement d’un affrontement centre droit-droite dure, les médias dominants cherchent-ils à éviter la présence d’un vrai candidat de gauche au second tour de l’élection présidentielle ? 

Les projections-débats


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voir également:

en ligne: Pierre Bourdieu, à propos des Sondages

Films de Pierre Carles avec Pierre Bourdieu + écouter Carles à propos de La sociologie est un sport de combat

lundi 24 octobre 2011

en ligne: Agone, 41-42 | 2009, Les intellectuels, la critique & le pouvoir


AGONE, 41-42 | 2009
Les intellectuels, la critique & le pouvoir

Agone4041_une
Sous la direction de Thierry Discepolo, Charles Jacquier et Philippe Olivera
L’« intellectuel » serait forcément « de gauche » ; il œuvrerait « naturellement » au seul service des dominés ; surtout, son action serait désintéressée. Quelques rappels historiques écornent vite cette belle image ; surtout ils montrent comment ont changé les valeurs au nom desquelles on s’« engage » pour quelles « nobles causes ». Un peu d’actualité montre combien les fonctions remplies sont toujours plus publiquement rentables.
Ce recueil revient sur les rôles qui ont porté certains intellectuels au cœur de mouvements de libération, qui n’ont parfois libéré qu’eux-mêmes, au sein d’une lutte des classes dans laquelle ils n’ont souvent jamais que changé de camp.

jeudi 20 janvier 2011

Alain Accardo, Engagements, Chroniques et autres textes (2000-2010)

Alain Accardo
Engagements
Chroniques et autres textes (2000-2010)
2011
Préface de Thierry Discepolo suivie d’un entretien avec Paul Ariès, Raphaël Desanti, Sophie Divry, Samuel Foutoyet, Cédric Lefebvre, et Giancarlo Rossi
Présentation de l'éditeur
Cet ensemble de textes – dont certains sont déjà parus (notamment dans La Décroissance ou Le Sarkophage), d’autres inédits ou introuvables – constitue à la fois un exercice d’analyse de l’actualité politique entre marxisme et sociologie critique, une critique des médias comme instruments de propagande, une socio-analyse des classes moyennes et de leur fonction dans la reproduction de l’ordre social.
Pour l’auteur, cette démarche prend sa source au moment de la guerre d’Algérie, alors qu’en jeune étudiant en philo il rencontre Pierre Bourdieu et participe à sa première enquête de terrain.
Sociologue, Alain Accardo est notamment l’auteur de Introduction à une sociologie critique (Agone, 2006), Journalistes précaires, journalistes au quotidien (Agone, 2007) et Le Petit-bourgeois Gentilhomme (2009).
Au sommaire
Entre Fanon et Camus / Les racines algériennes de la sociologie de Pierre Bourdieu / Un savant engagé. À propos de Pierre Bourdieu / Un journalisme de classes moyennes / Succession Lagardère : la norme ou l’énorme ? / Karl Kraus : contre l’empire de la bêtise / Un spectacle déchirant / Le cœlacanthe et le politologue / Bestiaire 2007 / Un vrai problème / La connivence / Exhortation à une refondation de la gauche anticapitaliste / Courage, camarades ! / Théorie du complot / Vive le changement ! / La peste publicitaire / Médiocratie / Bas les masques ! / Quelle refondation ? / Néotaylorisme / La fabrique des humanoïdes / Insurrection / Incommunication / Parlons net ! / Jusqu’où tomberons-nous ? / Le cirque médiatique / Autoplumage / Contre-réforme / Babbit ou Les Néobarbares / Faux et usage de faux / Le génie et l’audace / L’An I au miroir de Sarkozy / L’hydre / Vous enseignez quoi exactement ? / Exercice de rentrée / Le doigt de Dieu / Culte vaudou / Jérémiades audiovisuelles / Hurrah for Obama / Mythologie scolaire / Les avocats procureurs / Lettre d’Ouchronia / Big Brother / Spirale ascendante / Sauce vert / (Auto-)dérision / Légalité de l’immoralité / La douzième question / Panem et circenses / Les peigne-culs et les gratte-culs / L’imagination au Panthéon / Sois gai, ris donc ! / Vision du monde / Vidons le bocal ! / Sisachthie / Le fétiche culture / Les haines entre pauvres / Taratata plan-rataplan / C’est plus compliqué que ça…

Extraits
ENGAGEMENT. [...] 2. Action de se lier par une promesse [...] ; 6. Combat localisé et de courte durée [...] ; 10. Acte ou attitude de [celle ou celui] qui, prenant conscience de son appartenance à la société et au monde de son temps, renonce à une position de simple spectateur et met sa pensée ou son art au service d’une cause.
Petit Robert (2001–2002)

Les idées, si justes soient-elles, ne sont jamais que des idées et n’ont jamais rien révolutionné dans l’histoire par elles-mêmes : y sont parvenues celles qui ont rencontré les intérêts de groupes sociaux suffisamment larges et puissants qui leur ont donné la force et l’impact nécessaires pour abattre les citadelles du conservatisme. Les intellectuels n’ont rien d’autre à faire que d’exprimer et faire circuler des idées, expliquer, expliquer sans cesse, contre la mauvaise foi, le refus de savoir, la caricature, la haine qui ne désarme pas ; voire contre la détestable propension de beaucoup à jouer avec les idées comme avec des parures symboliques plutôt que chercher des moyens d’agir effectivement sur le réel. Les idées mènent le monde, c’est entendu, encore faut-il que les gens concernés aient envie de se fatiguer à les suivre.
***
La guerre d’Algérie a été à bien des égards un tournant, pour le meilleur et pour le pire, bien au-delà du théâtre des opérations militaires, tournant marqué par des changements profonds dans tous les domaines, jusqu’au plus intime des individus. Pour certains, elle n’a pas été simple péripétie mais vécue de bout en bout comme une remise en question radicale de notre monde, tant extérieur qu’intérieur. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’expérience fut rigoureusement identique pour le normalien agrégé de philosophie, d’origine paysanne béarnaise, et pour ses étudiants, l’instituteur kabyle Abdelmalek Sayad et le « Français d’Algérie » (en réalité petit-fils d’immigrés napolitains) que j’étais. Mais tout bien considéré, nous devions tous faire face aux mêmes questions fondamentales. La grande différence, c’est que les gens comme Bourdieu étaient sensiblement mieux équipés mentalement que nous pour les aborder. Mais eux aussi avaient à fabriquer leurs propres réponses – même s’ils avaient déjà trouvé des « interrogations structurantes de [leur] propre réflexion » chez Husserl ou d’autres, comme on l’a écrit. […]
Sayad et moi, en effet, qui étions sans doute les plus âgés de ses étudiants (il avait seulement vingt-huit ans, quatre ans de plus que nous) étions tous deux aux prises, chacun à sa façon, avec les épineux problèmes de la double culture et du déclassement. Sayad en tant que Kabyle instruit et très assimilé ; moi en tant que « miraculé » scolaire. Tous deux à la fois très proches de notre milieu originel respectif et déjà pourtant à des années-lumière. Tous deux écartelés intérieurement par les interrogations contradictoires nées d’une guerre autant civile que militaire, qui déchirait les populations auxquelles nous appartenions. Tous deux révulsés et terrifiés par la fascisation rampante de notre société. Nous éprouvions le besoin vital d’y voir clair, d’analyser, de trouver les concepts qui permettraient d’ordonner un peu le chaos dans lequel s’enfonçait le pays et nous avec. Ce besoin intense de réfléchir fit abandonner à Sayad sa condition d’instituteur et à moi mes études de lettres classiques presque terminées pour entamer ensemble des études de philo dont nous espérions bien qu’elles nous apporteraient l’adaequatio rei et intellectus à quoi nous aspirions.
***
Que la peste publicitaire ait atteint aussi l’École, voilà qui ne peut guère surprendre. Elle est devenue progressivement la principale instance éducative chargée de façonner le nouveau type d’humain que réclamait le productivisme capitaliste : le consommateur, individu soumis au despotisme insatiable de ses envies du moment et dont l’essence sociale tend à se réduire à son pouvoir d’achat. L’évolution du capitalisme a abaissé d’un degré encore, par le biais de la publicité, le niveau de formation de la masse de la population. Jusque-là, ce niveau était celui du travailleur manuel ou intellectuel, dont l’École républicaine, prétendument libératrice, se chargeait de faire un semi-robot bien formaté, que son appartenance à l’entreprise réduisait à sa force de travail. On était déjà en cela très éloigné du modèle humain défini par les Lumières, celui d’un individu citoyen, fondant sur sa capacité de réflexion, sur le libre usage de sa raison, l’exercice de droits et de devoirs à la fois personnels et universels. Grâce à la technologie publicitaire, le système capitaliste a fait accomplir à l’ensemble des populations un pas de plus dans l’aliénation. Les entreprises tendaient à transformer en ilotes disciplinés les travailleurs qui franchissaient leur seuil. La publicité tend désormais à transformer les hommes et les femmes en somnambules hallucinés, perpétuellement en proie au mirage consumériste, qui voue le plus souvent leur existence aux fantasmes et à la frustration, parfois jusqu’à la névrose et aux anti-dépresseurs. […]
Une fois de plus, l’École n’a rien vu venir. Sous couvert de démocratiser l’accès du peuple à un savoir censé le « délivrer de ses chaînes », elle n’a pas su ni voulu voir que son travail avait pour résultat objectif massif de légitimer, par la distribution du capital culturel, la soumission de ce peuple à des « élites » déjà favorisées par la distribution du capital économique.
Le même aveuglement idéologique – qui avait empêché l’École du début du XXe siècle de comprendre quelle part irremplaçable elle prenait au contrôle social des masses laborieuses par le pouvoir du capital – a empêché l’École de la fin du siècle de déceler sous quel travestissement symbolique le loup, c’est-à-dire « le nouvel esprit du capitalisme », était en train de pénétrer dans la bergerie. Quand les classes laborieuses étaient encore des « classes dangereuses », l’École les endoctrinait en leur prêchant la bonne morale des familles. Dans une société que l’évolution de l’économie capitaliste a « moyennisée », un alibi esthétique est venu se rajouter à l’arsenal de la légitimation du système. Ce n’est plus au nom du Bien, du Vrai, du Juste et de l’Utile, mais c’est au nom du Beau, de l’Agréable, du primat du sensible sur l’intelligible et du corporel sur le spirituel, du plaisir immédiat sur la satisfaction différée, que la publicité s’est insinuée dans tous les secteurs de la pratique sociale, y compris à l’École. […]
On touche ici au rapport compliqué, de connivence et de réticence à la fois, pour une part objectif et involontaire, pour une part conscient et intentionnel, que les classes moyennes n’ont cessé d’entretenir avec le système capitaliste qui les a engendrées, et auquel elles n’ont cessé d’apporter leur collaboration tout en le critiquant.

dimanche 21 novembre 2010

à paraître: Alain Accardo, Engagements. Chroniques et autres textes (2000-2010)


Alain Accardo
Engagements
Chroniques et autres textes (2000-2010)

Préface de Thierry Discepolo suivie d’un entretien avec Paul Ariès, Raphaël Desanti, Sophie Divry, Samuel Foutoyet, Cédric Lefebvre, et Giancarlo Rossi
Agone
à paraître le 20/01/2011


Présentation de l'éditeur
Cet ensemble de textes – dont certains sont déjà parus (notamment dans La Décroissance ou Le Sarkophage), d’autres inédits ou introuvables – constitue à la fois un exercice d’analyse de l’actualité politique entre marxisme et sociologie critique, une critique des médias comme instruments de propagande, une socio-analyse des classes moyennes et de leur fonction dans la reproduction de l’ordre social.
Pour l’auteur, cette démarche prend sa source au moment de la guerre d’Algérie, alors que jeune étudiant en philo il rencontre Pierre Bourdieu et participe à sa première enquête de terrain.

Au sommaire
Entre Fanon et Camus / Les racines algériennes de la sociologie de Pierre Bourdieu / Un savant engagé. À propos de Pierre Bourdieu / Un journalisme de classes moyennes / Succession Lagardère : la norme ou l’énorme ? / Karl Kraus : contre l’empire de la bêtise / Un spectacle déchirant / Le cœlacanthe et le politologue / Bestiaire 2007 / Un vrai problème / La connivence / Exhortation à une refondation de la gauche anticapitaliste / Courage, camarades ! / Théorie du complot / Vive le changement ! / La peste publicitaire / Médiocratie / Bas les masques ! / Quelle refondation ? / Néotaylorisme / La fabrique des humanoïdes / Insurrection / Incommunication / Parlons net ! / Jusqu’où tomberons-nous ? / Le cirque médiatique / Autoplumage / Contre-réforme / Babbit ou Les Néobarbares / Faux et usage de faux / Le génie et l’audace / L’An I au miroir de Sarkozy / L’hydre / Vous enseignez quoi exactement ? / Exercice de rentrée / Le doigt de Dieu / Culte vaudou / Jérémiades audiovisuelles / Hurrah for Obama / Mythologie scolaire / Les avocats procureurs / Lettre-feux d’Ouchronia / Big Brother / Spirale ascendante / Sauce vert / (Auto-)dérision / Légalité de l’immoralité / La douzième question / Panem et circenses / Les peigne-culs et les gratte-culs / L’imagination au Panthéon / Sois gai, ris donc ! / Vision du monde / Vidons le bocal ! / Sisachthie / Le fétiche culture / Les haines entre pauvres / Taratata plan-rataplan / C’est plus compliqué que ça…

Extraits
Les idées, si justes soient-elles, ne sont jamais que des idées et n’ont jamais rien révolutionné dans l’histoire par elles-mêmes : y sont parvenues celles qui ont rencontré les intérêts de groupes sociaux suffisamment larges et puissants qui leur ont donné la force et l’impact nécessaires pour abattre les citadelles du conservatisme. Les intellectuels n’ont rien d’autre à faire que d’exprimer et faire circuler des idées, expliquer, expliquer sans cesse, contre la mauvaise foi, le refus de savoir, la caricature, la haine qui ne désarme pas ; voire contre la détestable propension de beaucoup à jouer avec les idées comme avec des parures symboliques plutôt que chercher des moyens d’agir effectivement sur le réel. Les idées mènent le monde, c’est entendu, encore faut-il que les gens concernés aient envie de se fatiguer à les suivre.
***
La guerre d’Algérie a été à bien des égards un tournant, pour le meilleur et pour le pire, bien au-delà du théâtre des opérations militaires, tournant marqué par des changements profonds dans tous les domaines, jusqu’au plus intime des individus. Pour certains, elle n’a pas été simple péripétie mais vécue de bout en bout comme une remise en question radicale de notre monde, tant extérieur qu’intérieur. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’expérience fut rigoureusement identique pour le normalien agrégé de philosophie, d’origine paysanne béarnaise, et pour ses étudiants, l’instituteur kabyle Abdelmalek Sayad et le « Français d’Algérie » (en réalité petit-fils d’immigrés napolitains) que j’étais. Mais tout bien considéré, nous devions tous faire face aux mêmes questions fondamentales. La grande différence, c’est que les gens comme Bourdieu étaient sensiblement mieux équipés mentalement que nous pour les aborder. Mais eux aussi avaient à fabriquer leurs propres réponses – même s’ils avaient déjà trouvé des « interrogations structurantes de [leur] propre réflexion » chez Husserl ou d’autres, comme on l’a écrit. […]
Sayad et moi, en effet, qui étions sans doute les plus âgés de ses étudiants (il avait seulement vingt-huit ans, quatre ans de plus que nous) étions tous deux aux prises, chacun à sa façon, avec les épineux problèmes de la double culture et du déclassement. Sayad en tant que Kabyle instruit et très assimilé ; moi en tant que « miraculé » scolaire. Tous deux à la fois très proches de notre milieu originel respectif et déjà pourtant à des années-lumière. Tous deux écartelés intérieurement par les interrogations contradictoires nées d’une guerre autant civile que militaire, qui déchirait les populations auxquelles nous appartenions. Tous deux révulsés et terrifiés par la fascisation rampante de notre société. Nous éprouvions le besoin vital d’y voir clair, d’analyser, de trouver les concepts qui permettraient d’ordonner un peu le chaos dans lequel s’enfonçait le pays et nous avec. Ce besoin intense de réfléchir fit abandonner à Sayad sa condition d’instituteur et à moi mes études de lettres classiques presque terminées pour entamer ensemble des études de philo dont nous espérions bien qu’elles nous apporteraient l’adaequatio rei et intellectus à quoi nous aspirions.
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Que la peste publicitaire ait atteint aussi l’École, voilà qui ne peut guère surprendre. Elle est devenue progressivement la principale instance éducative chargée de façonner le nouveau type d’humain que réclamait le productivisme capitaliste : le consommateur, individu soumis au despotisme insatiable de ses envies du moment et dont l’essence sociale tend à se réduire à son pouvoir d’achat. L’évolution du capitalisme a abaissé d’un degré encore, par le biais de la publicité, le niveau de formation de la masse de la population. Jusque-là, ce niveau était celui du travailleur manuel ou intellectuel, dont l’École républicaine, prétendument libératrice, se chargeait de faire un semi-robot bien formaté, que son appartenance à l’entreprise réduisait à sa force de travail. On était déjà en cela très éloigné du modèle humain défini par les Lumières, celui d’un individu citoyen, fondant sur sa capacité de réflexion, sur le libre usage de sa raison, l’exercice de droits et de devoirs à la fois personnels et universels. Grâce à la technologie publicitaire, le système capitaliste a fait accomplir à l’ensemble des populations un pas de plus dans l’aliénation. Les entreprises tendaient à transformer en ilotes disciplinés les travailleurs qui franchissaient leur seuil. La publicité tend désormais à transformer les hommes et les femmes en somnambules hallucinés, perpétuellement en proie au mirage consumériste, qui voue le plus souvent leur existence aux fantasmes et à la frustration, parfois jusqu’à la névrose et aux anti-dépresseurs. […]
Une fois de plus, l’École n’a rien vu venir. Sous couvert de démocratiser l’accès du peuple à un savoir censé le « délivrer de ses chaînes », elle n’a pas su ni voulu voir que son travail avait pour résultat objectif massif de légitimer, par la distribution du capital culturel, la soumission de ce peuple à des « élites » déjà favorisées par la distribution du capital économique.
Le même aveuglement idéologique – qui avait empêché l’École du début du XXe siècle de comprendre quelle part irremplaçable elle prenait au contrôle social des masses laborieuses par le pouvoir du capital – a empêché l’École de la fin du siècle de déceler sous quel travestissement symbolique le loup, c’est-à-dire « le nouvel esprit du capitalisme », était en train de pénétrer dans la bergerie. Quand les classes laborieuses étaient encore des « classes dangereuses », l’École les endoctrinait en leur prêchant la bonne morale des familles. Dans une société que l’évolution de l’économie capitaliste a « moyennisée », un alibi esthétique est venu se rajouter à l’arsenal de la légitimation du système. Ce n’est plus au nom du Bien, du Vrai, du Juste et de l’Utile, mais c’est au nom du Beau, de l’Agréable, du primat du sensible sur l’intelligible et du corporel sur le spirituel, du plaisir immédiat sur la satisfaction différée, que la publicité s’est insinuée dans tous les secteurs de la pratique sociale, y compris à l’École. […]
On touche ici au rapport compliqué, de connivence et de réticence à la fois, pour une part objectif et involontaire, pour une part conscient et intentionnel, que les classes moyennes n’ont cessé d’entretenir avec le système capitaliste qui les a engendrées, et auquel elles n’ont cessé d’apporter leur collaboration tout en le critiquant.

Sociologue, Alain Accardo est notamment l’auteur de Introduction à une sociologie critique (Agone, 2006), Journalistes précaires, journalistes au quotidien (Agone, 2007) et Le Petit-bourgeois Gentilhomme (2009).

dimanche 18 octobre 2009

vidéos: Autour de Pierre Bourdieu et de la rencontre de l'Ethnologie et de la Sociologie

Autour de Pierre Bourdieu et de la rencontre de l'Ethnologie et de la Sociologie

Responsable du colloque : Tassadit Yacine

Date et lieu du colloque : Jeudi 20 février 2003 - Institut du Monde Arabe

Réalisation : Camille Bonnemazou (ESCoM-FMSH, Paris, France)

"Ouverture"
Maurice AYMARD , EHESS - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales; AFUI - Association France Union Indienne
Tassadit YACINE - LAS - Laboratoire d'Anthropologie Sociale, EHESS - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales


"Un savant engagé"
Alain ACCARDO , Université de Bordeaux II


"Pierre Bourdieu et l'expérience algérienne"
Gilbert GRANDGUILLAUME , EHESS - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales


"Le désenchantement de l'expérience de l'économie de marché, Pierre Bourdieu et l'Algérie"
Marie-France GARCIA , INRA - Institut National de la Recherche Agronomique


"L'interaction chez Pierre Bourdieu"
Yves WINKIN - Lettres et sciences humaines, ENS - Ecole Normale Supérieure


"Travailler avec Bourdieu dans Travail et travailleurs en Algérie"
Claude SEIBEL , INSEE - Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques


"Discussion"
avec le public


"Pierre Bourdieu et le nationalisme algérien"
Lahouari ADDI - CERIEP - Centre de Politologie de Lyon -, Université de Lyon II - Institut d'études politiques


"Bourdieu et l'Algérie des années 60"
Mohammed HARBI - Institut Maghreb-Europe, Université Paris VIII St. Denis


"D'un déracinement à l'autre, l'exemple algérien et brésilien"
Afranio GARCIA , EHESS - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales


"Discussion II"
avec le public


"La politique des camps et ses effets sur les structures sociales : l'exemple des femmes"
Tassadit YACINE - LAS - Laboratoire d'Anthropologie Sociale, EHESS - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales


"Bourdieu et les études kabyles"
Raymond JAMOUS , CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique


"Discussion III"
avec le public


"Penser la pratique"
Louis PINTO , CSE/IRESCO


"Des Kabyles d'Algérie aux Pomaques de Grèce"
Bernard VERNIER , Université de Lyon 2


"Bourdieu et l'ethnologie du monde rural français dans les années 60"
Isac CHIVA - LAS - Laboratoire d'Anthropologie Sociale, EHESS - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales


"La chasse à courre : fait social total, au-delà de l'opposition ethnologie/sociologie"
Monique PINCON , IRESCO - Institut de Recherches sur les Sociétés Contemporaines ; Michel PINCON , IRESCO - Institut de Recherches sur les Sociétés Contemporaines


"Conclusion"
Patrick CHAMPAGNE - CSE - Centre de Sociologie Européenne, EHESS - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

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Actes du colloque publiés in Revue Awal, n° 27-28/2003
L'autre Bourdieu.
Éditions de la Maison des sciences de l'homme

Au sommaire : T. Yacine, «Voir au plus loin : Pierre Bourdieu, peintre du monde social» ; A. Accardo, «Un savant engagé» ; P. Encrevé, «Un effet libérateur» ; A. Nouschi, «Autour de Sociologie de l’Algérie» ; H. Maler, «Quarante ans d’interventions “politiques” : la radicalité de Pierre Bourdieu» ; I. Chiva, «Pierre Bourdieu “une ethnographie particulière”» ; J. Pitt-Rivers, «Pierre Bourdieu, anthropologue, sociologue et philosophe» ; Y. Winkin, «Pierre Bourdieu, fragments d’un portrait» ; M. Fournier, «Pierre Bourdieu, la sociologie est un sport de haut niveau» ; S. Ortner, «Thoughts on the passing of Pierre Bourdieu» ; H. Ooms, «In memory - R. Lauraire : Pierre Bourdieu et l’ethnologie rurale» ; R. Jamous, «Arsenic et vieilles dentelles : Pierre Bourdieu et les comédies américaines» ; B. Mazaud, «C’était en 1957... sous la lumière d’Alger que j’ai rencontré un des hommes les plus géniaux et les plus attachants» ; P. Bourdieu, «Entre amis» ; L. Pinto, «Penser la pratique» ; N. Panayotopoulos, «Le penseur de la “pensée primitive” des penseurs de la “pensée primitive”» ; R. Jamous, «Bourdieu et les études kabyles» ; S. Dayan-Herzbrun, «Les pratiques et leurs logiques» ; L. Addi, «Les limites idéologiques du nationalisme algérien» ; M.-F. Garcia-Parpet, «Des outsiders dans l’économie de marché, Pierre Bourdieu et les travaux sur l’Algérie» ; A. Hammouche, «Cohésion et parenté à partir de la sociologie de la famille chez Pierre Bourdieu» ; J. S. Leite Lopes, «Pierre Bourdieu et le renouveau des enquêtes ethnologiques et sociologiques au Brésil» ; M. T. Maschino, «Intellectuels médiatiques, les nouveaux réactionnaires» ; M. Zapata Galindo, «Modernización, poder y cultura : Cambios en la relación de los intelectuales mexicanos hacia la política, el gobierno y el Estado» ; A. Boukous, «Marché linguistique et violence symbolique : le cas de l’amazighe» ; M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot, «Sociologie et ethnologie: le cas de la chasse à courre» ; H. Adnani et T. Yacine, «L’autre Bourdieu, ou celui qui ne disait pas ce qu’il avait envie de cacher» ; B. Porcel, «Entrevista a Pierre Bourdieu» ; L. Wacquant, «Taking Bourdieu into The Field» ; L. Bianco, «“On n’avait jamais vu Le Monde ; nous étions une petite frange de gauche entre les communistes et les socialistes”» ; H. Sanson, «“C’était un esprit curieux”».

mercredi 7 octobre 2009

Alain Accardo, Le Petit Bourgeois Gentilhomme. Sur les prétentions hégémoniques des classes moyennes



Alain Accardo
Le Petit Bourgeois Gentilhomme
Sur les prétentions hégémoniques des classes moyennes
Nouvelle édition augmentée et actualisée
AGONE

L’immense majorité semble communier spontanément dans une culture où le marketing des désirs solvables a substitué à tout autre devoir celui de se faire plaisir. En d’autres termes, le système capitaliste ne fonctionne pas seulement par l’exploitation et l’oppression mais aussi par l’adhésion de la plupart au système qui les exploite, les spolie et les opprime, c’est-à-dire qu’il fonctionne à l’aliénation psychologique et morale, entretenue par des espérances de succès individuel le plus souvent fallacieuses. Nos luttes ne doivent pas se livrer seulement aux niveaux politique et économique mais doivent s’accompagner d’un autre combat, tout aussi nécessaire, dont l’enjeu est la réappropriation par chacun de sa propre subjectivité. On peut appeler ce travail une « socioanalyse », en ce sens qu’il a pour objet la mise à jour et la maîtrise de l’« inconscient social » que notre socialisation a incorporé et qui conditionne notre adhésion spontanée à l’ordre établi.

Initialement paru en 2003 aux éditions Labor (Bruxelles), ce livre poursuit la réflexion que l’auteur a initié avec De notre servitude involontaire (Agone, 2001) et sa préface, « La colère du juste », au livre de Libertad, Le Culte de la charogne (Agone, 2006) : une analyse du rôle, central et ambigu, des classes moyennes dans les démocraties capitalistes.