Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 26 août 2016

Milena JAKŠIĆ, La traite des êtres humains en France. De la victime idéale à la victime coupable


Milena JAKŠIĆ
La traite des êtres humains en France
De la victime idéale à la victime coupable
CNRS
2016

Présentation de l'éditeur
À partir d’une enquête menée auprès des magistrats, des avocats, des policiers et des associations en charge de l’identification et de la protection des victimes de la traite des êtres humains, Milena Jakšić interroge les non-dits d’un phénomène dont les pouvoirs publics peinent à prendre la mesure.
Alors que la traite fait l’objet d’une mobilisation importante depuis les années 2000, en France, seules quelques rares affaires sont portées devant les tribunaux. Et lorsque les forces institutionnelles et associatives qui s’intéressent a cette cause parviennent à donner une visibilité aux ≪ victimes de la traite ≫, celles-ci sont aussitôt l’objet de suspicion en tant que femmes immigrées ou prostituées.
Au croisement des études sur les questions sexuelles, les migrations internationales et la criminalité, cette étude solidement informée interroge le statut improbable de ≪ victime coupable ≫. Milena Jakšić parvient à montrer combien la figure de la victime est tributaire des contraintes et des tensions qui régissent la police, la justice ou le monde associatif. Une contribution majeure à la sociologie des figures de l’intolérable.

Sociologue, chargée de recherches au CNRS, Milena Jakšić est membre de l’Institut des sciences sociales du politique (ISP, Université Paris-Ouest Nanterre). Elle est spécialiste de la sociologie des pratiques judiciaires et des causes humanitaires.

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