« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


Affichage des articles dont le libellé est Stanziani. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Stanziani. Afficher tous les articles

mercredi 6 juin 2012

Alessandro Stanziani, Batisseurs d'empires. Russie, Chine et Inde à la croisée des mondes, XVXe-XIXe

Alessandro Stanziani
Batisseurs d'empires
Russie, Chine et Inde à la croisée des mondes, XVXe-XIXe
Raisons d'agir
2012


Présentation de l'éditeur
La bataille d’Ulan Butong en 1690 oppose dix mille Zhungars (trente mille suivant d’autres sources) à deux armées Mandchous (soit cinq mille hommes) ; le siège de Gingee par les Moghols implique environ 40000 soldats, des dizaines de milliers de chevaux et de dromadaires et des centaines d’éléphants. Ces affrontements ont lieu à des centaines, parfois des milliers de kilomètres des villes et des pâturages. 
Dans les steppes d’Asie centrale autant qu’en Inde, l’alimentation des chevaux et des hommes est tout aussi importante que la qualité des sabres. D’où venaient donc les approvisionnements nécessaires? Les steppes ne sont-elles pas synonyme de territoire désertiques et de populations nomades ? Et l’Inde que nous décrivons toujours surpeuplée e sous-alimentée où trouvait-elle, en 1690, ces immenses ressources ? Le point de départ et le fil rouge de cet ouvrage est donc tout simple : l’approvisionnement des armées dans les steppes et lors des sièges dans des régions périphériques. 
De quelle manière les Russes, les Chinois et les Moghols ont, chacun à sa manière, réglé ce problème ? Dans l’édification des Empires eurasiatiques, la lutte pour les chevaux est impitoyable. Chinois, russes et Moghols vont s’affronter entre eux et avec les peuples des steppes, les éleveurs mongols. Qui parmi les Chinois, les Russes et les Moghols aura mieux réussi dans ces opérations et pour quelles raisons ? Au-delà, l’organisation militaire exige une discipline, une administration fiscale et un système de recrutement. 
Ce dernier peut avoir comme cible des mercenaires, des élites guerrières, des cavaliers nobles, des soldats paysans. En Inde des guerriers ascètes combattent à côté de paysans affamés et des cavaliers Rajputs ; dans les steppes d’Asie centrale, les cosaques déferlent à côté des Nogays, véritables nomades et de paysans russes cachés derrière les fortifications en bois ; en Chine enfin, ou plutôt dans sa partie nord-occidentale ; des paysans han, des criminels ordinaires et des guerriers mandchous organisés en bannières sont confrontés aux hordes Zunghars (mongoles oirats). 
Tous doivent être rémunérés alors même que leur emploi détourne des ressources monétaires, alimentaires et des bras d’autres occupations. Tout l’équilibre social est concerné. Les formes du recrutement et de la gestion des soldats, leurs équipements et approvisionnements s’ancrent dans le tissu social, dans les formes des institutions politiques et, bien entendu, dépendent de l’accès aux ressources disponibles. 
Les relations entre paysans, seigneurs, soldats et administration règlent cette architecture complexe. Et le sort de ces trois empires immenses, les systèmes socio-économiques sur lesquels ils reposent, ne sont pas anecdotiques ; ce sont eux qui dominent le monde à une époque où personne n’aurait misé sur la suprématie mondiale de l’Europe. Jusqu’en 1789, quand l’Angleterre vient juste d’occuper le Bengale, l’Asie a encore de l’avance. Pourtant, un siècle plus tard, cette hiérarchie aura été complètement bouleversée ; l’Occident domine la planète. Alessandro Stanziani, auteur majeur du changement de perspective propre à l’histoire globale, explique dans ce livre ce prodigieux retournement, qu’a oublié l’histoire racontée par ceux qui connaissent la suite de l’histoire. Cette hiérarchie a été bouleversée, mais pour combien de temps ?
Alessandro Stanziani est historien économiste, Directeur d’Etudes à l’EHESS. Il est notamment l’auteur de L'économie en révolution. Le cas russe, 1870-1930, Albin Michel, "L'évolution de l'humanité", 1998 et Histoire de la qualité alimentaire. France XIXe-XXe siècles, Seuil, Liber, janvier 2005.

vendredi 15 juillet 2011

à paraître en 2011 aux Éditions Raisons d'agir


Laurent Kestel
La conversion politique. Doriot, le PPF et la question du fascisme français
Raisons D'Agir
Date de parution : février 2012
Présentation de l'éditeur
Comment devient-on fasciste ? Qu’est qu’un « parti fasciste » ? Existe-t-il un fascisme français ?  Voilà l’enjeu de ce livre qui propose une histoire sociale du Parti Populaire Français, le PPF, et de ses principaux dirigeants dont Jacques Doriot. Rompant avec un jugement d’essence qui chercherait à définir  la nature d’un fascisme à la française, Laurent Kestel propose une analyse de la trajectoire d’un groupe de militants politiques qui, pris dans un jeu de forces en grande partie internes au parti communiste, a opéré une conversion politique et a été conduit vers des positions antirépublicaines et collaborationnistes. Ce livre est une contribution importante à la sociologie politique des partis parce qu’il montre que les positions les plus extrêmes adoptées par Doriot et son parti ne sont pas liées à la singularité d’un individu ou d’un groupe d’individus extérieurs aux luttes politiques de leur temps qui auraient imposé leurs vues ; ces positions, au contraire, tirent leur force d’un apprentissage politique ordinaire, de savoir-faire militants, de carrières propres à des professionnels de la politiques qui, échouant en grande partie pour des raisons sociales dans leurs ambitions premières, reconvertissent ces compétences politiques parfois durement acquises au service d’intérêts et d’idéologies tout à fait différentes. La conversion en politique, la trahison même, procèdent d’une logique qui tient au fonctionnement interne de l’espace politique même.

Alessandro Stanziani
Batisseurs d'empires. russie, chine et inde a la croisee des mondes, xve-xixe siecle
Raisons D'Agir
Date de parution : 2012

Ben Fine et Alfredo Saad Filho 
Le capital de marx
Raisons D'Agir
Date de parution : 2012
Présentation de l'éditeur
Le capitalisme néolibéral est en proie à une crise sans précédent, qui a révélé non seulement les limites de la finance « libéralisée », mais qui, plus significativement, a mis sur la défensive, pour la première fois, le dessein néolibéral d’envergure mondiale. Il est maintenant possible de poser ouvertement la question de la cohérence et du caractère soutenable du néo-libéralisme, et de l’opportunité du capitalisme même. Les débats qui se font jour et, simultanément, la croissance lente voire poussive des organisations et des mouvements sociaux radicaux ont été portés par la prise de conscience progressive que le capitalisme a profondément déstabilisé l’environnement de la planète, et qu’il menace directement la survie de nombre d’espèces, y compris la nôtre. Le Capital de Marx n’est pas un livre sur l’environnement ou sur le néo-libéralisme. Les objectifs de cet ouvrage sont plus limités et, en même temps, plus abstraits et ambitieux : Le Capital de Marx passe en revue et explique les éléments clés de la critique sans concession, la plus soutenue et la plus cohérente du capitalisme en tant que système, telle que l’avait développée à l’origine Karl Marx. Alors même que le capitalisme lutte pour juguler sa toute dernière crise, les écrits de Marx ont gagné en actualité et en intérêt et leur popularité a grimpé en flèche. Et même si ses œuvres se trouvent généralement sur le web et peuvent être téléchargées gratuitement, on les retrouve en haut de plusieurs palmarès des ventes et on peut même en trouver des éditions concurrentes dans les principales librairies. Le Capital de Marx n’a pas vocation à s’y substituer ; son but est plutôt de faciliter la lecture des textes économiques de Marx en donnant une vue d’ensemble structurée des principaux thèmes qu’ils abordent et de leurs conclusions. Ce livre en est à sa cinquième édition dans sa version anglaise. Sans équivalent en France, il était important qu’il soit enfin traduit.

Sylvie Tissot
De bons voisins
Raisons D'Agir
Date de parution : 20/10/2011
Présentation de l'éditeur
En 2005, une habitante de Boston, aux Etats-Unis, se plaint auprès d’une association de quartier : sur une des artères commerçantes, juste à côté d’un restaurant réputé pour ses fabuleux brunchs dominicaux, stationnent, en fumant, d’anciens toxicomanes logés dans un foyer de réinsertion. Une négociation s’ensuit, et les liens établis de longue date entre les propriétaires blancs et les associations caritatives, très nombreuses dans cet ancien quartier populaire, permettent de régler l’affaire. De nouvelles règles sont imposées aux résidents du foyer. Ils n’auront désormais plus le droit de stationner regroupés sur les trottoirs. Ils sont invités à marcher quand ils fument. Cet exemple illustre les formes de contrôle que les résidents les plus fortunés savent mettre en oeuvre dans l’espace urbain. Les avocats, les cadres dirigeants, les médecins et les consultants qui habitent ce quartier progressivement embourgeoisé depuis les années 1960 sont parvenus, en se mobilisant, à contrôler les espaces publics et les populations les plus « indésirables », et à surveiller avec vigilance les projets immobiliers et les activités commerciales. C’est pourtant une partie de ces mêmes résidents qui ont défendu l’aménagement, dans la même rue, de logements semi collectifs pour des sans-logis. Face à une opposition virulente, un groupe de propriétaires se sont battus pour ce projet, au nom d’une « diversité » qu’ils brandissent comme un étendard.
L’ouvrage proposé analyse transformations qui traversent les élites depuis les années 1960 et apporte ainsi un éclairage nouveau sur le fonctionnement de la distinction sociale. Pour cela, il part d’une enquête dans un quartier populaire d’une grande ville de la côte Est des Etats-Unis : naguère l’un des plus stigmatisés de la ville, peuplé de bars tenus par la mafia, d’hôtels meublés occupés par des immigrés venus du monde entier, de prostituées, et de résidents noirs formant près de la moitié de la population, il est aujourd’hui un quartier branché, vanté pour son architecture et la vie artistique qui fleurit dans les friches industrielles réhabilitées. Cette enquête montre que, loin d’annuler les distances sociales, les migrations des résidents fortunés dans les centres-villes dégradés les reconduisent et parfois les exacerbent : mise à distance des plus démunis, création d’espaces exclusifs, marquage du territoire par de nouveaux commerces et styles de vie... L’espace urbain est bien, de ce point de vue, un des sites privilégiés d’observation des inégalités, et des stratégies qui alimentent la reproduction sociale.

Rémi Lefebvre
Primaires socialistes 
Raisons D'Agir
Sortie prévue le 18/08/2011

jeudi 9 juin 2011

Le capitalisme au futur antérieur. Crédit et spéculation en France. Fin XVIIIe - Début XXe siècles, sous la direction de Nadine Levratto et Alessandro Stanziani



Le capitalisme au futur antérieur
Crédit et spéculation en France
Fin XVIIIe - Début XXe siècles

sous la direction de Nadine Levratto et Alessandro Stanziani
Collection droit et économie - N° 2
Edition Bruylant
2011

présentation de l'éditeur
Alors que les innovations financières, les subprimes et l’économie de casino sont brandies par la classe politique comme les seuls éléments caractéristiques à l’origine d’une crise du capitalisme en ce début du XXIe siècle, cet ouvrage s’interroge sur l’existence de changements d’une ampleur aussi importante au cours de périodes plus anciennes. La fin du XIXe siècle se prête particulièrement bien à cet exercice. Au-delà des innovations techniques qui s’y multiplient, ce siècle est caractérisé par des mutations institutionnelles propices à favoriser l’entrée du futur et des promesses de gain dans les rapports entre agents. De fin ultime de l’activité économique, le futur devient alors objet en soi des transactions dont une partie peut alors se détacher des valeurs réelles.
Cet ouvrage se propose de rendre compte de cette transformation majeure du système économique, des multiples facettes du capitalisme financier, de ses origines et des mécanismes de mise en gage du futur. Se détachant de l’idée de rupture souvent associée au XIXe siècle, et en puisant dans des sources souvent inédites, les contributeurs montrent que les racines de ce changement sont à rechercher dans des adaptations des marchés et des règles de l’échange perceptibles dès l’Ancien Régime. D’un point de vue méthodologique, mêlant le droit, l’histoire et l’économie, les contributions réunies montrent que les mutations du capitalisme de cette époque sont adossées à des changements institutionnels et juridiques qui ont soit créé les conditions du changement, soit accompagné les changements de pratiques des acteurs économiques.