Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


samedi 1 mai 2010

Critique des médias: Livres d'Acrimed


Présentation de l'association Action-CRItique-MEDias [Acrimed] Née du mouvement social de 1995, dans la foulée de l’Appel à la solidarité avec les grévistes, l'association, pour remplir les fonctions d’un observatoire des médias s’est constituée, depuis sa création en 1996, comme une association-carrefour. Elle réunit des journalistes et salariés des médias, des chercheurs et universitaires, des acteurs du mouvement social et des « usagers » des médias. Elle cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d’une critique indépendante, radicale et intransigeante.

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Tous les médias sont-ils de droite ?
Coordinateurs: Reymond Mathias, Rzepski Grégory
Collection "Arguments et mouvements"
SYLLEPSE
2008


Présentation de l'éditeur
Tous les médias sont-ils de droite ? Évidemment, non. Du moins si l’on s’en tient aux orientations politiques qu’ils affichent. Mais justement, qu’ils prescrivent des opinions ou se portent garants du consensus, les médias dominants non seulement se comportent en gardiens du statu quo, mais accentuent les tendances les plus négatives inscrites, plus ou moins en pointillé, dans le mécanisme même de l’élection. Ce sont ces tendances qui font l’objet du présent ouvrage : la primauté accordée aux jeux politiciens sur les enjeux politiques ; la personnalisation outrancière au détriment de la présentation de projets ; l’atrophie de l’espace médiatique au bénéfice des candidats du bipartisme ; la réduction du « politiquement pensable » et sa confiscation par les cercles de prétendus experts.

L’analyse proposée soulève une double question politique : jusqu’à quand les forces politiques se laisseront-elles intimider par un « pouvoir » qui repose largement sur leur soumission ou leur crédulité ? Jusqu’à quand la question des la réappropriation démocratique des médias continuera-t-elle à être considérée comme une question subalterne ? L’objectif de ce livre est de parcourir un champ de bataille. Oui, un champ de bataille.



Table des matières

Chapitre I. Médias en quête de compétition. Où il est question du primat des jeux sur les enjeux.
1. Les passions du microcosme

2. Les méfaits de la sondomanie

Chapitre II.

Journalistes en quête de personnages. Où il est question du primat des personnages sur les projets.
1. Des personnages de petit écran

2. Des personnages de papier journal

3. Vous avez dit « peopolisation » ?

Chapitre III. Candidats en quête de pluralisme. Où il question de l’escamotage du premier tour et de la relégation des « petits candidats ».
1. Les mauvais comptes de « l’équité »

2. « Grands » journalistes pour « petits » candidats

3. Mauvais clients pour excellents journalistes

Chapitre IV. Elites en quête de débats. Où il est question des limites du « politiquement pensable ».
1. Incitations à « moderniser » la gauche

2. Exhortations à fermer le cercle libéral

Conclusion : « Veuillez nous excuser pour cette interruption momentanée de l’image »
Commentaire

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MÉDIAS ET MOBILISATIONS SOCIALES
La morgue et le mépris ?

Par Henri Maler et Mathias Reymond pour Acrimed
Illustrations : Mat Colloghan
SYLLPESE
2007


Présentation de l'éditeur
En 1995, la quasi totalité des grands médias ont soutenu « la réforme » de la Sécurité sociale. En 2001, ils ont salué « la réforme » du statut de la SNCF. En 2002, ils ont apprécié « la réforme » du statut des intermittents. En 2003, ils se sont félicités de la « réforme » des retraites (et du statut des agents de service dans l’Éducation nationale). En 2005, ils ont beaucoup aimé le « Contrat Nouvelle embauche ». Et si, en 2006, ils ont moins apprécié le « Contrat première embauche », c’est surtout parce qu’il avait été mal négocié.

Ainsi, depuis plus de dix ans, les mobilisations sociales qui contestent les réformes imposées par les gouvernements n’ont pas l’heur de plaire à la quasi-totalité des présentateurs, éditorialistes et chroniqueurs qui trônent au sommet du journalisme. Le livre analyse les discours et les pratiques qui témoignent de ce déplaisir et exhibent morgue libérale et mépris social.

A lire et à entendre les maîtres-tanceurs qui orchestrent l’information, les acteurs de ces mobilisations, quand ils ne souffrent pas de troubles mentaux, n’obéiraient qu’à des mobiles irrationnels. Les grèves et les manifestations seraient le fait de fauteurs de troubles à l’ordre public et de preneurs d’otage. Le livre démonte, sur la base d’une large documentation, ces figures du discours dominant.

Mais il s’efforce de montrer aussi comment les tentatives de rendre compte des mobilisations sont prisonnières de formats et de pratiques (portraits, micros-trottoirs, etc.) qui réduisent l’expression des grévistes et manifestants à celle de leur malaise : simples témoins individuels des mobilisations dont ils sont les acteurs collectifs.

Pourquoi de tels discours et de telles pratiques s’imposent-ils ? Comment leur faire face et tenter de les transformer ?

Table des matières

* Préambule

- Chapitre I. Les gardiens du consensus Où l’on apprend que « la réforme » est toujours bonne, mais « la méthode » parfois mauvaise.
- [Intermède (1) : Désinformer pour réformer]

- Chapitre II. La pathologie des foules Où l’on découvre comment divers médecins du peuple et autres psychiatres expliquent certaines mobilisations sociales.
- [Intermède (2) : Editorialistes au travail]

- Chapitre III. Les grognements du peuple Où l’on tend l’oreille pour entendre les patients témoigner de leurs « malaises » et de leurs propres actions.
- [Intermède (3) : Jean-Pierre Pernaut, preneur d’otage.]

- Chapitre IV. La mobilisation des troupes Où l’on surprend des grévistes et des manifestants en flagrant délit de troubles de l’ordre public.
- [Intermède (4) : Vous reprendrez bien un peu de Pernaut ?]

Conclusion : Médias contestés : médias incontestables ?

[Annexe : Lexique pour temps de grèves et de manifestations]

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Médias en campagne
Retours sur le réferendum de 2005

Maler Henri, Schwartz Antoine
ouvrage réalisé sous l'égide d'ACRIMED
Collection "Arguments et mouvements"
SYLLEPSE
2005


Présentation de l'éditeur
Dans cet ouvrage court et incisif, l’association Acrimed (Action-Critique-Médias) se propose de revenir sur le traitement médiatique de la campagne référendaire de 2005, qui a abouti le 29 mai dernier au rejet du projet de Constitution européenne. Pendant des mois, une partie importante de la population a pu constater chaque jour la disproportion quantitative et les distorsions qualitatives qui ont favorisé les partisans de l’adoption de ce projet. Pour preuves de ce constat, il suffit de mentionner l’abondant courrier de protestations de la part d’usagers ou les mobilisations de journalistes eux-mêmes qui en appelaient à un plus grand respect du pluralisme.

Aussi, le premier objet du livre est-il de constituer une sorte d’aide-mémoire, pour lutter contre l’amnésie qu’entretiennent les grands médias sur leurs abus de pouvoir.

Développant des analyses à la fois rigoureuses mais faciles d’accès, trois chapitres s’appuient sur un travail minutieux de collecte des données, dans les médias les plus variés (presse quotidienne nationale ou régionale, magazines, émissions de radio, de télévision, etc.). Tandis que dans le premier chapitre les auteurs rendent visible le caractère inéquitable du débat orchestré par les grands médias, le second chapitre décrypte les procédés de désinformation employés par les journalistes dominants dans leur souci de « pédagogie » à l’encontre d’un peuple récalcitrant. Enfin, le troisième chapitre est entièrement consacré aux réactions suscitées par la victoire du « non » le 29 mai 2005, caractérisées notamment par une hostilité affichée à l’égard de la souveraineté populaire.

Au terme d’une critique sans concession mais toujours très documentée, qui établit un bilan très préoccupant, les auteurs interpellent les associations et les organisations de gauche sur la nécessité de lutter pour la défense d’un pluralisme réel dans les médias. Il est urgent que les altermondialistes fassent de nouveau de la question des médias une question politique majeure, aujourd’hui décisive pour l’affirmation des idéaux démocratiques.



Table des matières

Introduction

En guise de préambule : Des médias désavoués, mais toujours dominants

Chapitre 1

Vous avez dit « équité » ?

Chapitre 2

Vous avez dit « pédagogie » ?

Chapitre 3

Vous avez dit « démocratie » ?

Conclusion

Et après ? D’autres médias pour un autre monde

Annexe – Lettre ouverte à la gauche de gauche

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