« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
De décembre 1995 à la dernière réforme des retraites en date, en passant par le Contrat première embauche de Villepin, la loi Travail ou le mouvement des Gilets jaunes, l’ouvrage passe au crible un quart de siècle de morgue et de mépris, disséquant avec humour la façon dont les médias dominants s’acquittent de leur mission de maintien de l’ordre social.
Avec des illustrations de Mathieu Colloghan.
Pionnière de la critique radicale des médias, l’association Acrimed (Action-Critique-Médias) dresse le bilan de vingt-cinq ans d’observation sur son terrain de prédilection : les mobilisations sociales et les mauvais traitements que les médias dominants leur font subir.
Retour sur le traitement médiatique des élections présidentielles de 2002 et 2017
Acrimed/Agone
2019
Présentation de l'éditeur
Les médias ont orchestré l’essentiel de la
dramaturgie politique du second tour des élections présidentielles de
2002 et de 2017. Au débat démocratique qu’ils chérissent tant – et
qu’ils piétinent si allègrement –, ils ont préféré asséner leurs leçons
de bienséance républicaine, de morale civique et de tactique électorale
aux électeurs déviants.
En collaboration avec les communicants politiques, les médias fixent l’agenda électoral, influent sur ce à quoi il faut penser
et disposent du pouvoir de consécration (ou de stigmatisation) des
candidats. Ce journalisme de prescription des choix électoraux légitimes
et d’écrasement des opinions dissidentes, on l’a déjà connu en 1992 et
en 2005 avec les référendums sur le traité de Maastricht et sur le
Traité constitutionnel européen.
S’ils ne font pas toujours une élection, les médias cherchent à
imposer un choix qui semble inéluctable. Le choix des maîtres. En 2002
et 2017, le rappel à l’ordre médiatique de l’entre-deux-tours eut pour
fonction d’effacer le désastre du premier tour : « La récréation est
finie ! Au nom de la démocratie, votez ! Mais surtout, votez bien ! »
Table des matières
Prélude
Acte I : Le choc
Tous coupables ?
Le vote « utile »
Matraquage sécuritaire
L’entrée des artistes
Acte II : La mobilisation
Laminer Le Pen
Tous résistants !
Acte III : La culpabilisation
Le retour des Munichois
Les guets-apens
Le mépris
Dénouement : « Le jour de gloire est arrivé »
Économiste, enseignant à l’université de Montpellier, Mathias Reymond co-anime le site de critique des médias Acrimed. Il est également co-auteur de L’Opinion, ça se travaille… Les médias et les « guerres justes » (Agone, 2014), Les Éditocrates, ou Comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi (La Découverte, 2009) et Tous les médias sont-ils de droite ? (Syllepse, 2008).
Jeudi d’Acrimed :
La « vie au poste » de Samuel Gontier,
« journaliste de canapé »
Jeudi 15 décembre 2016
Bourse du travail de Paris
Samuel Gontier
Ma vie au poste
Huit ans d’enquête (immobile) sur la télé du quotidien
La Découverte
2016
Présentation de l'éditeur
Depuis 2008, le journaliste Samuel Gontier s’astreint pour le site
Télérama.fr à écrire (presque) chaque jour dans son blog « Ma vie au
poste » sur le tout-venant du petit écran : journaux, chaînes infos,
éditions spéciales, retransmissions sportives, téléréalité, talk-shows,
magazines dits « de société »… Une chronique souvent édifiante, jamais
méchante, toujours hilarante.
Écrit dans la même veine, ce petit
essai enlevé synthétise huit ans d’une rigoureuse enquête où, rivé au
poste, Samuel Gontier a réuni un ensemble impressionnant de pièces à
conviction. Et le verdict est sans appel : la télé « réellement
existante », celle qui occupe la majorité du temps d’antenne et
rassemble les plus larges audiences, est aux antipodes des valeurs de «
rigueur dans le traitement de l’information » et de « respect de la
dignité de la personne humaine » qu’est censé promouvoir le Conseil
supérieur de l’audiovisuel.
Simpliste, démagogue et servile, souvent raciste et sexiste, cette
télévision dessine un monde effrayant où le culte d’un passé fantasmé
voisine avec un scientisme échevelé, où l’on promeut la charité en
vilipendant les assistés. Où les faits divers, avec la ritournelle de
l’« immense émotion suscitée par ce drame », servent de tremplin à des
discours extrémistes. Où la tyrannie des émotions règne sans pitié, la
plus primale, la peur, restant mobilisée comme jamais.
Mieux vaut en rire qu’en pleurer. Tel est aussi le message subliminal de
ce livre : à l’heure d’Internet, la « machine à formater les esprits »
reste toujours puissante, mais un nombre croissant de nos contemporains
refuse d’y succomber.
Samuel Gontier a réalisé l’essentiel de sa carrière àTélérama, d’abord comme secrétaire de rédaction de 1996 à 2004, puis comme rédacteur et chroniqueur.