Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


vendredi 5 octobre 2012

Matthieu Grossetête, Accidents de la route et inégalités sociales. Les morts, les médias et l’État

Matthieu Grossetête
Accidents de la route et inégalités sociales
Les morts, les médias et l’État
éditions du Croquant
2012

Présentation de l'éditeur
Aucun chiffre en France n’établit de corrélation entre le fait de mourir sur la route et le milieu social.
Cet angle mort statistique laisse à penser que l’accident de la route serait un phénomène lié au hasard ou au mauvais comportement des conducteurs.
Si la mortalité routière se donne à interpréter comme un phénomène individuel et aléatoire, cet ouvrage dresse, à partir de sources statistiques inexploitées, un constat bien différent : les groupes sociaux sont inégaux face aux accidents de la circulation.
La mortalité routière ne frappe pas au hasard, mais de façon prévisible. Elle résulte de déterminations collectives et constitue en ce sens un fait social.
L’enquête démonte, par contraste avec la réalité objective du phénomène, l’image non sociologique que construisent les responsables publics, les journalistes, les communicants et les associations.
Le regard que l’on peut porter sur le sujet change à la lumière de cet éclairage qui mérite d’être porté à la connaissance de tous, notamment à celle des conducteurs.
C’est l’objectif de ce livre qui espère modestement bousculer certaines évidences et secouer quelques consciences.
Matthieu Grossetête est docteur en science politique, sociologue chercheur associé au Centre de sociologie européenne (Université Paris 1-EHESS) et au Laboratoire des sciences sociales du politique (IEP de Toulouse). Ses publications portent sur la stratification sociale ainsi que sur les transformations du journalisme et de la communication.

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