Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 5 octobre 2012

Matthieu Grossetête, Accidents de la route et inégalités sociales. Les morts, les médias et l’État

Matthieu Grossetête
Accidents de la route et inégalités sociales
Les morts, les médias et l’État
éditions du Croquant
2012

Présentation de l'éditeur
Aucun chiffre en France n’établit de corrélation entre le fait de mourir sur la route et le milieu social.
Cet angle mort statistique laisse à penser que l’accident de la route serait un phénomène lié au hasard ou au mauvais comportement des conducteurs.
Si la mortalité routière se donne à interpréter comme un phénomène individuel et aléatoire, cet ouvrage dresse, à partir de sources statistiques inexploitées, un constat bien différent : les groupes sociaux sont inégaux face aux accidents de la circulation.
La mortalité routière ne frappe pas au hasard, mais de façon prévisible. Elle résulte de déterminations collectives et constitue en ce sens un fait social.
L’enquête démonte, par contraste avec la réalité objective du phénomène, l’image non sociologique que construisent les responsables publics, les journalistes, les communicants et les associations.
Le regard que l’on peut porter sur le sujet change à la lumière de cet éclairage qui mérite d’être porté à la connaissance de tous, notamment à celle des conducteurs.
C’est l’objectif de ce livre qui espère modestement bousculer certaines évidences et secouer quelques consciences.
Matthieu Grossetête est docteur en science politique, sociologue chercheur associé au Centre de sociologie européenne (Université Paris 1-EHESS) et au Laboratoire des sciences sociales du politique (IEP de Toulouse). Ses publications portent sur la stratification sociale ainsi que sur les transformations du journalisme et de la communication.

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