Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



samedi 20 mars 2010

Livres de l'ARESER: Les ravages de la "modernisation" universitaire et Quelques diagnostics et remèdes urgents pour une université en péril




Les ravages de la "modernisation" universitaire

Coordinateurs: Charle Christophe, Soulié Charles
SYLLEPSE
2008






Présentation de l'éditeur
Depuis plus de vingt ans, et en particulier depuis la déclaration de Bologne, la transformation des universités en Europe rassemble des hommes politiques de bords opposés et un petit nombre des universitaires qui en tirent partie. Les résultats ont pourtant tout pour inquiéter : imposition de recettes à peine adaptées des entreprises, exagération sans mesure des exigences de la professionnalisation, sélectivité accrue, concurrence entre établissements, hiérarchisation entre universités, obsession pour la rentabilité financière de l’investissement éducatif, sans oublier la précarisation des statuts d’enseignants et de chercheurs.

La comparaison conduite par des universitaires d’origine géographique différente montre l’inspiration néolibérale partagée qui hante les initiatives en apparence éclatées (à l’exemple de la récente loi française sur les libertés des universités). Le modèle universitaire privé nord-américain qui se heurte aux conditions spécifiques de chaque pays n’est pas exportable. Il favorise, au contraire, un véritable renversement de la table des valeurs académiques.

Ce diagnostic informé d’enseignants qui croient encore aux vertus critiques du savoir laisse crûment apercevoir les illusions et les faux débats du discours officiel ambiant.


Les auteurs :
Christophe Charle est professeur d’histoire à l’université Paris 1-Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France. Charles Soulié est sociologue à l’université Paris 8-Saint-Denis.














Quelques diagnostics et remèdes urgents pour une université en péril
Association de réflexion sur les enseignements supérieurs et la recherche
ARESER
Raisons d'Agir
1997






Présentation de l'éditeur
Ce petit livre présente, sous une forme rigoureuse et souvent un peu vive, une description clinique des principales maladies dont souffrent les universités françaises : manque d’implication de la communauté universitaire dans la vie des universités, sous-administration (au niveau central et surtout local), démoralisation d’un corps enseignant de plus en plus atomisé, dualisme scolaire et social, responsable, avec l’hétérogénéité croissante des étudiants, des échecs des premières années, pédagogie inadaptée, émiettement géographique d’institutions souvent en trompe-l’œil, clôture nationale et localisme exacerbé, manque d’encadrement aboutissant à l’anomie de la vie étudiante.
Pour chacun de ces symptômes les auteurs proposent des remèdes concrets et réalistes, éléments du traitement de choc nécessaire pour permettre au système d’enseignement de remplir vraiment les fonctions vitales qui sont les siennes.


Table des matières
7 Préambule
Sortir de l'indifférence
Pour une loi de programmation universitaire

19 Un avion sans pilote

25 Une institution sous administrée
Les origines du désinvestissement public
Créer un espace universitaire civique et critique
La sous-administration des universités
Une double commande ?
Le rôle des conseils des universités

40 Un corps enseignant atomisé et démoralisé
Les responsabilités de l'État
Le conflit des catégories
Des concours en trompe-l'œil

53 Dualisme scolaire et dualisme social
Le dualisme social des premiers cycles
Les sources du malaise étudiant
Réduire l'écart entre les filières
Des innovations à généraliser
Contre le catastrophisme conservateur

67 Une pédagogie anti-pédagogique
Des locaux inadaptés
Maîtriser le cours magistral
Les universités contre la lecture
Les origines immédiates du désinvestissement pédagogique
La démoralisation

84 Des universités en trompe-l'œil
Universités Majuscules, Universités Potemkine, antennes
Limites et enjeux du modèle
Faux-semblants et effets de nasse

104 L'université contre l'universel ?
La faiblesse de la préparation des étudiants
La résistance des structures nationales

114 Conclusion

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