Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



dimanche 20 juin 2010

Saskia Sassen, Critique de l’État. Territoire, Autorité et Droits, de l’époque médiévale à nos jours


Saskia Sassen
Critique de l’État
Territoire, Autorité et Droits, de l’époque médiévale à nos jours

Traduit par Fortunato Israël
DEMOPOLIS/Le Monde Diplomatique
2009





Présentation de l'éditeur
Qu’est-ce que l’État ?

La définition classique d’une « organisation délimitée par des frontières territoriales à l’intérieur desquelles les lois s’appliquent et des institutions exercent l’autorité » est caduque. Les entreprises internationales opèrent localement sur chaque territoire de façon globale. Le marché financier mondial échappe à l’autorité des États. Le contrôle des migrants et la redéfinition des droits et devoirs des citoyens sont devenus des enjeux politiques majeurs.

Territoire, Autorité et Droits constituent une nouvelle grille d’analyse des métamorphoses de l’État. Point de rencontre de l’histoire, de la géographie, de l’économie politique et de la sociologie, voici la première critique de l’État de l’époque médiévale à nos jours.



Where does the nation-state end and globalization begin? In Territory, Authority, Rights, one of the world's leading authorities on globalization shows how the national state made today's global era possible. Saskia Sassen argues that even while globalization is best understood as "denationalization," it continues to be shaped, channeled, and enabled by institutions and networks originally developed with nations in mind, such as the rule of law and respect for private authority. This process of state making produced some of the capabilities enabling the global era. The difference is that these capabilities have become part of new organizing logics: actors other than nation-states deploy them for new purposes. Sassen builds her case by examining how three components of any society in any age--territory, authority, and rights--have changed in themselves and in their interrelationships across three major historical "assemblages": the medieval, the national, and the global.

SASKIA SASSEN est professeur à l’université Columbia. Elle a étudié la philosophie, les sciences politiques, l’économie et la sociologie. Elle a créé le concept de ville globale. Ce livre est la synthèse de trente années de recherche sur les migrants, la globalisation et l’État.

Saskia Sassen is professor of sociology and a member of the Committee on Global Thought at Columbia University, and Centennial Visiting Professor at the London School of Economics and Political Science. She is the author of The Global City (Princeton), The Mobility of Labor and Capital, and Globalization and its Discontents, and coeditor of Digital Formations (Princeton). She has written for the New York Times, Financial Times, and International Herald Tribune.

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