Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 7 octobre 2011

Pascale Casanova, Kafka en colère

Pascale Casanova
Kafka en colère
Collection Fiction Et Cie
Seuil
2011


Présentation de l'éditeur
Et si Kafka pratiquait la critique sociale la plus radicale? S’il s’était attaché à la question du pouvoir, notamment sous sa forme la plus invisible : le pouvoir symbolique ? S’il avait cherché à nous aveugler par des narrations qui soient des sortes de pièges ?
L’hypothèse ici développée est qu’il prit d’abord conscience du sort tragique des Juifs de langue allemande dans la Prague du début du XXe siècle ; puis, élargissant et comparant différentes situations d’humiliation socialement autorisées, il fut amené à réfléchir aussi sur la domination masculine et sur l’emprise des colons blancs dans les colonies européennes. Mais, pour cela, il semble qu’il travailla ses récits comme de véritables leurres.
Telle est l’interprétation des fictions de Kafka qui est proposée ici : l’invention révolutionnaire d’un « narrateur-menteur » qui renverse tout le processus de la lecture identificatoire.
Curieusement, ce n’est pas dans la littérature qu’on peut trouver des réponses à ces questions, mais bien plutôt dans l’ethnologie allemande, que, en tant que Pragois germanophone, il connaissait bien.
La recherche minutieuse de Pascale Casanova nous fait découvrir un Kafka inédit et combatif, ethnologue et enquêteur, dénonçant sans relâche toutes les formes de la domination avec cette sorte de rage inlassable et invisible qui le caractérise. Elle éclaire les raisons profondes de la colère de Kafka.
Pascale Casanova enseigne la littérature à Duke University. Elle est l'auteur au Seuil de Beckett l'abstracteur. Anatomie d'une révolution littéraire (1997), de La République mondiale des lettres (1999, et « Points » n° P607, édition revue et corrigée), qui a été traduit dans une douzaine de langues et sous sa direction Des littératures combatives. L'internationale des nationalismes littéraires aux Éditions Raisons d'agir en 2011

Aucun commentaire: