Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mercredi 29 février 2012

Marie Desmartis, La chasse au pouvoir - Chronique politique d'un village de France

Marie Desmartis
La chasse au pouvoir 
Chronique politique d'un village de France
Préface d'Alban Bensa
Anacharsis
2012

Présentation de l'éditeur
Olignac est un petit village français comme il y en a tant, avec sa jolie mairie et ses lieux publics, dont l'habitat de maisons dispersées est caractéristique des villages landais.
Mais au début des années 1980, Olignac défraie la chronique : la tension est montée entre les villageois, à tel point que le village se compose une solide réputation de Far West landais, où à la nuit la peur s'installe dans les rues désertes, tandis que des palombières brûlent et que retentissent parfois des coups de feu... Cette situation pour le moins tendue à Olignac a été relayée par la presse locale, qui en a fait ses choux gras, et le village est plus ou moins retombé dans le calme, sans pourtant que l'on se soit donné la peine de véritablement comprendre.
Mais Marie Desmartis, au début des années 2000 est venue enquêter sur un regain de tensions, qui toutes naissaient autour des enjeux des élections municipales. C'est ainsi qu'elle nous emmène dans une plongée au coeur du politique - et de sa violence - dans un village de France. A travers son enquête, ce sont les pratiques les plus ordinaires dans notre pays qui sont mises à nu, depuis la nécessité de distinguer sommairement des "clans" (ici c'est le clan dit des "Chasseurs" qui ferait régner la terreur), jusqu'au personnalités charismatiques ou stratégiquement habiles (en la personne ici de la maire Mme Fortier).
Et en somme, l'enquête de Marie Desmartis comporte bel et bien une dimension totale, autrement nommée anthropologique : son travail d'ethnographe, par la minutie des descriptions, la qualité de son écriture, par la restitution de ses aléas, s'il est ancré dans le contexte précis d'un village landais (tous les noms de lieux ou de personnes ont été changés dans ce livre), renvoi de stupéfiante façon à ce que l'on peut comprendre à la mise en oeuvre du jeu politique dans les sociétés humaines

Marie Desmartis est anthropoloue, associée à l'EHESS ; elle vit et travaille actuellement à New York.

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