Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



lundi 24 juin 2013

Néolibéralisme et bureaucratie, Sous la direction de Béatrice Hibou

Néolibéralisme et bureaucratie
Sous la direction de Béatrice Hibou
La Découverte
2013

Présentation de l'éditeur
L'objectif de ce travail collectif est d'analyser la signification politique et sociale des nouvelles formes de bureaucratisation par les normes et les procédures. Ce défi est mené à travers des exemples hétérogènes, qui s'ancrent dans des situations nationales ou régionales allant de l'Afrique, à l'Europe en passant par les États-Unis, le Maghreb et le Proche-Orient. Ils traitent des procédures techniques (analyse du management, des chiffres, des études économiques, du droit, des manuels de procédure), de la mise en oeuvre concrète de croyances idéologico-politiques (analyse de la participation, de l'empowerment, de la construction du consensus) et de dynamiques sociales (analyse des imaginaires politiques, du traitement des migrants, du capitalisme, du religieux, de la propriété intellectuelle).
Centré sur la bureaucratisation comme problématique légitime du politique et comme lieu privilégié des conflits et des luttes sociales, cet ouvrage est structuré autour de deux grandes lignes. La première a trait aux "arts de faire" bureaucratiques : le processus de bureaucratisation passe par un système de savoirs et de savoir-faire considérés comme les "bonnes manières" à suivre et qui s'institutionnalisent dans des normes, dans des procédures, dans des programmes.
Ces derniers sont destinés à éduquer individuellement les clients, les travailleurs et les consommateurs, mais aussi bien les entrepreneurs en herbe, les fonctionnaires ou le personnel religieux La seconde est celle du langage, entendu tout à la fois comme modalité d'énonciation du politique par un lexique et une terminologie qui produisent des effets, mais aussi comme expression de l'imaginaire politique et de son économie politique.
La bureaucratisation apparaît ainsi comme l'un des répertoires dominants de la médiation politique, l'un des principaux référentiels autour duquel les relations sociales, les conflits et les négociations se nouent, les inégalités et les exclusions se jouent, créant ainsi un système collectif de représentation du réel.  
Béatrice Hibou est directrice de recherches au CNRS (rattachée au Centre d’études et de recherches internationales – Sciences Po). Elle est l’auteur de plusieurs livres, dont, à La Découverte, La Force de l’obéissance (2006), Anatomie politique de la domination (2011) et La Bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale (2012).



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