Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 11 septembre 2015

en poche: Marlène Benquet, Encaisser ! Enquête en immersion dans la grande distribution

Marlène Benquet
Encaisser ! 
Enquête en immersion dans la grande distribution 
La Découverte
Poche
2015

Présentation de l'éditeur
Marlène Benquet a mené pendant trois ans une enquête sur une des principales entreprises françaises de grande distribution : d’abord caissière, elle a ensuite fait un stage au siège du groupe et un autre au sein de l’organisation syndicale majoritaire. Elle révèle dans ce livre stupéfiant les « dessous » de la grande distribution.
L’identité des fondateurs (« des épiciers ») a été bouleversée par l’arrivée de nouveaux actionnaires financiers : le management par la promotion a largement disparu, et l’ensemble des salariés accepte mal ce qu’ils vivent comme une insécurité grandissante. Dès lors, pourquoi acceptent-ils d’« encaisser » ces réorganisations fragilisantes ?
« Je voulais savoir ce que cela faisait d’être caissière pour comprendre pourquoi elles ne se révoltaient pas ou, en tout cas, moins que dans d’autres secteurs professionnels. » Au sein du siège, le cloisonnement est de règle : impossible de se déplacer dans d’autres services sans une bonne raison. Quant à l’organisation syndicale majoritaire, comment a-t-elle réussi à s’implanter ? Comment contribue-t-elle à la paix sociale ?
Ni l’« adhésion » ni la répression ne suffisent à expliquer pourquoi les salariés s’investissent dans leur travail. Plus proches du jeu de go que des échecs, les stratégies patronales neutralisent les salariés mais ne les soumettent pas.  
Marlène Benquet, sociologue, est chargée de recherche au CNRS, membre de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (Irisso). Elle est notamment l’auteure de Les Damnées de la caisse. Grève dans un hypermarché (Éditions du Croquant, 2011).

 

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