Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mercredi 4 mai 2016

Dictionnaire des concepts nomades en sciences humaines, Tome 2, Sous la direction d'Olivier Christin

Dictionnaire des concepts nomades en sciences humaines 
Tome.2 
Sous la direction d'Olivier Christin
Métailié
2016

Présentation de l'éditeur
Nous vivons une dérégulation sans précédent de la langue politique, celle des discours des partis, des “débats de société”, des experts invités dans les médias à “décrypter” l’actualité. Quelques querelles récentes sur la laïcité (“ouverte” ou “fermée”, “positive”, “restrictive” ou “inclusive”), sur la république et la démocratie, sur la nation et la citoyenneté, les immigrés et les immigrants, en sont des illustrations parmi d’autres. À leur manière, elles disent très bien la confusion des sens qui s’établit dans la sphère publique à la faveur des stratégies de communicants, des éléments de langage répétés en boucle, de la réduction des enjeux et des défis à des slogans qui servent à marquer les positions des uns et des autres sans dessiner de véritables propositions politiques.
Car s’ils peuvent signifier un renouvellement nécessaire des catégories d’intelligibilité d’un monde en pleine transformation et une compétence linguistique accrue offerte à chacun d’entre nous dans la participation aux affaires publiques, ces changements lexicaux et conceptuels peuvent aussi recouvrir une véritable dépossession démocratique en nous enfermant dans des alternatives simplistes, des questions mal posées et des perspectives théoriques sans issue.
Il sera ici question de Race et de Civilisation, de Multiculturalisme et de Nation, de Dévouement et de Corporatisme, de Populisme et de Citoyenneté, de Terrorisme et de Victime, etc.
Réalisé par des politistes, des sociologues, des historiens et des archéologues, ce dictionnaire a pour ambition de décrire ce que sont réellement ces concepts apparemment familiers, ce qu’ils disent des hommes et des contextes, ce qu’ils nous obligent parfois à penser et ce qu’ils font à nos sociétés. Il veut en proposer des usages enfin critiques.

INTRODUCTION par Olivier Christin et Marion Deschamp 
I. L’INVENTION PERMANENTE DE LA CITÉ MULTICULTURALISME, Francesco Garufo CITOYENNETÉ (des migrants), Gianni D’Amato NATION, Georges Lomné PEUPLE (Volk) et RACE (Rasse), Fabian Link POPULISME, Damir Skenderovic DÉVOUEMENT, Olivier Christin CORPORATISMO, CORPORATISME, CORPORATIONS, Laura Cerasi PRÉCARITÉ ET PREKARITÄT, Franz Schultheis TERRORISME, Marica Tolomelli VICTIME, Irène Herrmann 
II. SOI ET AUTRUI GÉNÉRATION, Jérôme Bourdieu PERSONNE/PERSONHOOD, Chris Fowler GENRE, Xenia von Tippelskirch CIVILISATION, Lionel Obadia RELIGION POPULAIRE, Nicolas Balzamo CRÉOLISATION, Jane Webster INCULTURATION, Bernard Patary
Né en 1961, ancien élève de l’ENS de Saint-Cloud, agrégé d’histoire, membre de l’Institut universitaire de France (1999-2004), président de l’Université Lumière Lyon II (2008-2009), il est spécialiste de l'histoire religieuse du début de l'époque moderne. Il est actuellement professeur d'histoire moderne à l'Université de Neuchâtel.

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