"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

mardi 9 janvier 2018

Yves Gingras, Histoire des sciences

Yves Gingras
Histoire des sciences
PUF
Que sais-je?
2018

Présentation de l'éditeur
Aristote, Euclide, Archimède, Ptolémée ou encore Galien ont inauguré une tradition scientifique qui a fait référence jusqu'aux années 1600. Mais à partir de cette date, de nouveaux instruments permettant de voir des objets jusqu'alors invisibles à l’œil nu (télescope, microscope…) donnent aux savants la possibilité de faire des mesures et des expériences de façon beaucoup plus systématique. La révolution scientifique « moderne » est en marche !
Or, depuis 1800, les disciplines et les spécialités n’ont cessé de se multiplier, fondées de plus en plus sur des instruments coûteux et une forte division du travail. Est-ce la raison pour laquelle les universités sont devenues les lieux privilégiés de la recherche et de la formation des chercheurs ?
C’est cette fabuleuse histoire faite d'évolutions et de révolutions que retrace Yves Gingras, une histoire qui est aussi une géographie...
Yves Gingras est professeur à l’université du Québec à Montréal (UQAM), où il est titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Il est notamment l’auteur de L’Impossible Dialogue. Sciences et religions (Puf, 2016) et, en « Que sais-je ? », d’une Sociologie des sciences (no 3950).
 


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