« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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vendredi 3 avril 2026

Yves Gingras, Les Sciences sous ma loupe

 

Yves Gingras 

Les Sciences sous ma loupe

Boréal

Essais et Documents 

2026

 

 

Présentation de l'éditeur 

Alors que les critiques dans le domaine culturel existent depuis longtemps, ceux qu’on pourrait appeler les « critiques de science » sont moins répandus et souvent éclipsés par les communicateurs scientifiques, qui font surtout de la vulgarisation. Or, tout comme on peut apprécier la critique culturelle, il est possible d’apprécier des analyses critiques des sciences, analyses qui visent non seulement à mieux comprendre comment les scientifiques établissent des connaissances robustes, mais aussi à évaluer leurs limites.

Ce sont donc soixante-dix textes de « critique de science » que propose ici Yves Gingras. Convaincu qu’une culture scientifique minimale est plus que jamais nécessaire pour porter un regard avisé sur les décisions que doivent prendre les gouvernements et les entreprises, l’auteur aborde ici la science contemporaine sous ses différentes facettes.

Qu’est-ce exactement que la science ? Comment les savoirs scientifiques sont-ils produits et évalués ? Quels dangers guettent la recherche scientifique à une époque où moralisme, relativisme et dogmatisme religieux prennent de plus en plus d’ampleur ? Voilà quelques-unes des nombreuses questions auxquelles Yves Gingras vient répondre afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre le fonctionnement des communautés scientifiques. En conclusion de l’ouvrage, il en appelle à un sain scepticisme envers les scientifiques et à une culture scientifique de base pour exercer un jugement éclairé face à la recherche et à la technologie à l’heure où leur impact sur nos vies ne fait qu’augmenter. 
 
Yves Gingras est professeur à l’Université du Québec à Montréal et directeur scientifique de l’Observatoire des sciences et des technologies. Il a publié de nombreux ouvrages d’histoire et de sociologie des sciences, dont, au Boréal, L’Impossible Dialogue, sciences et religions (2016) et L’Ambassadeur de Galilée (avec William R. Shea, 2025). 

 


 

vendredi 5 décembre 2025

Practical Sense, No. 3, Newsletter of the Pierre Bourdieu Foundation, Half a Century of ACTES

 

 

Practical Sense, No. 3, Newsletter of the Pierre Bourdieu Foundation

Half a Century of ACTES 


 

Practical Sense - No. 3 - Newsletter of the Pierre Bourdieu Foundation



 

 

mardi 25 avril 2023

Yves Gingras , Pour l’avancement des sciences . Histoire de l’Acfas (1923-2023), nouvelle édition mise à jour

 

 

Yves Gingras

Pour l’avancement des sciences

Histoire de l’Acfas (1923-2023)

nouvelle édition mise à jour

Boréal

2023



Présentation de l'éditeur

L’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences, maintenant nommée Acfas, célèbre son centenaire en 2023. Cet ouvrage propose la biographie de cette institution unique au Canada. Il met en évidence le travail accompli par une génération de pionniers – les Léo Pariseau, Marie-Victorin et Jacques Rousseau – et poursuivi depuis par leurs successeurs en vue de promouvoir la culture et les professions scientifiques par la création de conditions institutionnelles et sociales propices au développement de la recherche dans toutes les disciplines.

L’histoire de l’Acfas nous fait découvrir les revendications de scientifiques francophones qui, dès le début des années 1920, font la promotion d’une vision moderne et urbaine du Québec. On y découvre des chercheurs en relation avec les associations étrangères pour l’avancement des sciences, des professeurs qui voyagent aux États-Unis et en Europe, des professeurs étrangers qui viennent ici donner des cours, des conférences et participer aux congrès tenus annuellement depuis 1933. Ces congrès sont une première façon pour l’Acfas d’intervenir publiquement et collectivement au nom de la science. Depuis les années 1960, l’Acfas intervient aussi régulièrement en faveur du développement des politiques scientifiques québécoises et soutient les chercheurs oeuvrant en francophonie canadienne minoritaire grâce à des sections régionales.

L’histoire de l’Acfas montre que, à côté des discours cléricaux conservateurs tant cités, il existait aussi au Québec, pendant l’entre-deux-guerres, un milieu intellectuel ouvert et au diapason de la science internationale. Un siècle plus tard, la mission de l’Acfas n’a rien perdu de sa pertinence, car la promotion des sciences est toujours un thème d’actualité, dans un monde de plus en plus fondé sur les technologies.
 
 
 
 

 


lundi 6 août 2018

The Social and Human Sciences in Global Power Relations. Edited by Johan Heilbron, Gustavo Sorá and Thibaud Boncourt

 
The Social and Human Sciences in Global Power Relations
Edited by Johan Heilbron, Gustavo Sorá and Thibaud Boncourt 
Palgrave Macmillan
Socio-Historical Studies of the Social and Human Sciences  
2018 

Présentation de l'éditeur
This volume employs new empirical data to examine the internationalization of the social sciences and humanities (SSH). While the globalization dynamics that have transformed the shape of the world over the last decades has been the subject of a growing number of scientific studies, very few such studies have set out to analyze the globalization of social and human sciences themselves. Arguing against the complacent assumption that Science is ‘international by nature’, this work demonstrates that the growing circulation of scholars and scientific ideas is a complex, contradictory and contested process. Arranged thematically, the chapters in this volume present a coherent exploration of patterns of transnationalization, South-North and East-West exchanges, and transnational regionalization. Further, they offer fresh insight into specific topics including the influence of the Anglo-American research infrastructure and the development of social and human sciences in postcolonial contexts. Featuring contributions from leading international scholars in the field, this work will advance the research agenda and will have interdisciplinary appeal for scholars from across the social sciences.

Johan Heilbron is Director of Research at the Centre Européen de Sociologie et de Science Politique de la Sorbonne (CESSP-CNRS-EHESS), France, and affiliated with the Erasmus Center for Economic Sociology (ECES), the Netherlands. 
Gustavo Sorá is Professor of Anthropology at the National University of Córdoba, and a Researcher at the National Scientific and Technical Research Council (CONICET), Argentina.
Thibaud Boncourt is Associate Professor of Political Science at University Paris 1 Panthéon-Sorbonne and a researcher at the Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CESSP-CNRS), France.

Table of contents 

  • Introduction: The Social and Human Sciences in Global Power Relations
    Heilbron, Johan (et al.)
    Pages 1-25
  • The Globalization of European Research in the Social Sciences and Humanities (1980–2014): A Bibliometric Study
    Heilbron, Johan (et al.)
    Pages 29-58
  • What Factors Determine the International Circulation of Scholarly Books? The Example of Translations Between English and French in the Era of Globalization
    Sapiro, Gisèle
    Pages 59-93
  • What “Internationalization” Means in the Social Sciences. A Comparison of the International Political Science and Sociology Associations
    Boncourt, Thibaud
    Pages 95-123
  • Unity and Fragmentation in the Social Sciences in Latin America
    Sorá, Gustavo (et al.)
    Pages 127-152
  • The European Research Area in the Social and Human Sciences: Between National Closure and American Hegemony
    Heilbron, Johan (et al.)
    Pages 153-181
  • The Post-colonial Internationality of Algerian Academics
    Leperlier, Tristan
    Pages 185-214
  • The Internationalization of Sociology in Argentina 1985–2015: Geographies and Trends
    Blanco, Alejandro (et al.)
    Pages 215-241
  • The Ford Foundation and the Institutionalization of Political Science in Brazil
    Canêdo, Leticia
    Pages 243-266
  • Translating Western Social and Human Sciences in Argentina: A Comparative Study of Translations from French, English, German, Italian and Portuguese
    Sorá, Gustavo (et al.)
    Pages 267-293
  • A Case of State Controlled Westernization. Foreign Impacts in the Hungarian Social Sciences (1945–2015)
    Karady, Victor (et al.)
    Pages 297-332
  • Western References in Asian Social Sciences (Japan and South Korea)
    Brisson, Thomas (et al.)
    Pages 333-364




lundi 12 mars 2018

audio: Yves Gingras, Histoire des sciences




audio:
 Yves Gingras, Histoire des sciences
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 16.06.2018
 Yves Gingras, Histoire des sciences
Le 6 à 9, ICI Première, 26 février 2018



Yves Gingras
Histoire des sciences
PUF
Que sais-je?
2018

Présentation de l'éditeur
Aristote, Euclide, Archimède, Ptolémée ou encore Galien ont inauguré une tradition scientifique qui a fait référence jusqu'aux années 1600. Mais à partir de cette date, de nouveaux instruments permettant de voir des objets jusqu'alors invisibles à l’œil nu (télescope, microscope…) donnent aux savants la possibilité de faire des mesures et des expériences de façon beaucoup plus systématique. La révolution scientifique « moderne » est en marche !
Or, depuis 1800, les disciplines et les spécialités n’ont cessé de se multiplier, fondées de plus en plus sur des instruments coûteux et une forte division du travail. Est-ce la raison pour laquelle les universités sont devenues les lieux privilégiés de la recherche et de la formation des chercheurs ?
C’est cette fabuleuse histoire faite d'évolutions et de révolutions que retrace Yves Gingras, une histoire qui est aussi une géographie...
Yves Gingras est professeur à l’université du Québec à Montréal (UQAM), où il est titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Il est notamment l’auteur de L’Impossible Dialogue. Sciences et religions (Puf, 2016) et, en « Que sais-je ? », d’une Sociologie des sciences (no 3950).


mardi 9 janvier 2018

Yves Gingras, Histoire des sciences

Yves Gingras
Histoire des sciences
PUF
Que sais-je?
2018

Présentation de l'éditeur
Aristote, Euclide, Archimède, Ptolémée ou encore Galien ont inauguré une tradition scientifique qui a fait référence jusqu'aux années 1600. Mais à partir de cette date, de nouveaux instruments permettant de voir des objets jusqu'alors invisibles à l’œil nu (télescope, microscope…) donnent aux savants la possibilité de faire des mesures et des expériences de façon beaucoup plus systématique. La révolution scientifique « moderne » est en marche !
Or, depuis 1800, les disciplines et les spécialités n’ont cessé de se multiplier, fondées de plus en plus sur des instruments coûteux et une forte division du travail. Est-ce la raison pour laquelle les universités sont devenues les lieux privilégiés de la recherche et de la formation des chercheurs ?
C’est cette fabuleuse histoire faite d'évolutions et de révolutions que retrace Yves Gingras, une histoire qui est aussi une géographie...
Yves Gingras est professeur à l’université du Québec à Montréal (UQAM), où il est titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Il est notamment l’auteur de L’Impossible Dialogue. Sciences et religions (Puf, 2016) et, en « Que sais-je ? », d’une Sociologie des sciences (no 3950).
 


mercredi 15 juin 2016

écouter: Yves Gingras, L' impossible dialogue. Sciences et religions


écouter: Yves Gingras, L' impossible dialogue. Sciences et religions
Continent sciences par Stéphane Deligeorges, 06.06.2016
Yves Gingras
L' impossible dialogue
Sciences et religions
Puf
2016

Présentation de l'éditeur
Le 5 mars 1616, un décret de la Congrégation de l’Index annonçait officiellement la condamnation des idées de Copernic sur le mouvement de la Terre. Cette censure ecclésiastique est devenue l’emblème d’une négation de l’autonomie de la recherche scientifique par les dogmes religieux. Aujourd’hui, la question des relations entre sciences et religions et des appels au « dialogue » entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes refait surface. 
Le thème du conflit a dominé les débats qui ont opposé depuis le XVIIe siècle les savants aux autorités religieuses sur des questions d’astronomie, de géologie, d’histoire naturelle ou sur l’origine de l’homme et des religions. Cet essai prend le contre-pied du courant actuellement dominant chez les historiens des sciences qui minimise les conflits les plus célèbres entre sciences et religions et propose une version œcuménique et édulcorée de l’histoire des rapports entre deux institutions, dont chacune tente d’imposer sa vision du monde, l’une fondée sur la nature, l’autre sur le surnaturel 
Yves Gingras est professeur à l’université du Québec à Montréal (UQAM) et titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Il a publié de nombreux ouvrages d’histoire et de sociologie des sciences. Les plus récents sont Sociologie des sciences (« Que sais-je ? », Puf, 2013) et Controverses : accords et désaccords en sciences sociales et humaines (CNRS, 2014)


Le 5 mars 1616, un décret de la Congrégation de l’Index annonçait officiellement la condamnation des idées de Copernic sur le mouvement de la Terre. Cette censure ecclésiastique est devenue l’emblème d’une négation de l’autonomie de la recherche scientifique par les dogmes religieux. Aujourd’hui, la question des relations entre sciences et religions et des appels au « dialogue » entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes refait surface.
Le thème du conflit a dominé les débats qui ont opposé depuis le XVIIe siècle les savants aux autorités religieuses sur des questions d’astronomie, de géologie, d’histoire naturelle ou sur l’origine de l’homme et des religions. Cet essai prend le contre-pied du courant actuellement dominant chez les historiens des sciences qui minimise les conflits les plus célèbres entre sciences et religions et propose une version œcuménique et édulcorée de l’histoire des rapports entre deux institutions, dont chacune tente d’imposer sa vision du monde, l’une fondée sur la nature, l’autre sur le surnaturel. - See more at: https://www.puf.com/content/L_impossible_dialogue_Sciences_et_religions#sthash.RSmuOcn9.dpuf
L' impossible dialogue. Sciences et religions
L' impossible dialogue. Sciences et religions
L' impossible dialogue. Sciences et religions

mercredi 30 mars 2016

Yves Gingras, L' impossible dialogue. Sciences et religions

Yves Gingras
L' impossible dialogue
Sciences et religions
Puf
2016

Présentation de l'éditeur
Le 5 mars 1616, un décret de la Congrégation de l’Index annonçait officiellement la condamnation des idées de Copernic sur le mouvement de la Terre. Cette censure ecclésiastique est devenue l’emblème d’une négation de l’autonomie de la recherche scientifique par les dogmes religieux. Aujourd’hui, la question des relations entre sciences et religions et des appels au « dialogue » entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes refait surface. 
Le thème du conflit a dominé les débats qui ont opposé depuis le XVIIe siècle les savants aux autorités religieuses sur des questions d’astronomie, de géologie, d’histoire naturelle ou sur l’origine de l’homme et des religions. Cet essai prend le contre-pied du courant actuellement dominant chez les historiens des sciences qui minimise les conflits les plus célèbres entre sciences et religions et propose une version œcuménique et édulcorée de l’histoire des rapports entre deux institutions, dont chacune tente d’imposer sa vision du monde, l’une fondée sur la nature, l’autre sur le surnaturel 
Yves Gingras est professeur à l’université du Québec à Montréal (UQAM) et titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Il a publié de nombreux ouvrages d’histoire et de sociologie des sciences. Les plus récents sont Sociologie des sciences (« Que sais-je ? », Puf, 2013) et Controverses : accords et désaccords en sciences sociales et humaines (CNRS, 2014)


Le 5 mars 1616, un décret de la Congrégation de l’Index annonçait officiellement la condamnation des idées de Copernic sur le mouvement de la Terre. Cette censure ecclésiastique est devenue l’emblème d’une négation de l’autonomie de la recherche scientifique par les dogmes religieux. Aujourd’hui, la question des relations entre sciences et religions et des appels au « dialogue » entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes refait surface.
Le thème du conflit a dominé les débats qui ont opposé depuis le XVIIe siècle les savants aux autorités religieuses sur des questions d’astronomie, de géologie, d’histoire naturelle ou sur l’origine de l’homme et des religions. Cet essai prend le contre-pied du courant actuellement dominant chez les historiens des sciences qui minimise les conflits les plus célèbres entre sciences et religions et propose une version œcuménique et édulcorée de l’histoire des rapports entre deux institutions, dont chacune tente d’imposer sa vision du monde, l’une fondée sur la nature, l’autre sur le surnaturel. - See more at: https://www.puf.com/content/L_impossible_dialogue_Sciences_et_religions#sthash.RSmuOcn9.dpuf
L' impossible dialogue. Sciences et religions
L' impossible dialogue. Sciences et religions
L' impossible dialogue. Sciences et religions

jeudi 25 février 2016

écouter: Yves Gingras, L'Impossible dialogue. Sciences et religions


écouter: Yves Gingras, L'Impossible dialogue. Sciences et religions
Samedi et rien d'autre par Joël Le Bigot, 06.02.2016
Yves Gingras
L'Impossible dialogue
Sciences et religions
Boréal
2016

Présentation de l'éditeur
Cet essai est né d’une interrogation : comment expliquer le retour en force, depuis les années 1980-1990, de la question des relations entre science et religion et des appels au « dialogue » entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes ? 
L’historien des sciences Yves Gingras analyse d’abord les limites théologiques de l’autonomie de la recherche scientifique au XVIIe siècle. Il retrace ensuite la longue histoire allant de la condamnation de Galilée pour hérésie en 1633 jusqu’à sa réhabilitation par Jean-Paul II après plus de trois cent cinquante ans de revendications en ce sens par les savants européens. Il montre enfin comment Dieu et la théologie naturelle sont devenus marginaux dans le champ scientifique au cours des XVIIIe et XIXe siècles, à mesure que la pensée scientifique naturaliste s’est étendue à la géologie, à l’histoire naturelle, aux origines de l’homme et à l’histoire des sociétés et des religions. 
Face à la montée de mouvements religieux et spirituels néoromantiques qui rejettent les acquis des recherches scientifiques les mieux établies, l’auteur en appelle à prendre le parti de la raison. 
Yves Gingras est professeur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Il a publié de nombreux ouvrages d’histoire et de sociologie des sciences. Les plus récents sont Sociologie des sciences (PUF, 2013) et Controverses, accords et désaccords en sciences humaines et sociales (CNRS, 2014).
 

lundi 1 février 2016

Yves Gingras, L'Impossible dialogue. Sciences et religions

Yves Gingras
L'Impossible dialogue
Sciences et religions
Boréal
2016

Présentation de l'éditeur
Cet essai est né d’une interrogation : comment expliquer le retour en force, depuis les années 1980-1990, de la question des relations entre science et religion et des appels au « dialogue » entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes ? 
L’historien des sciences Yves Gingras analyse d’abord les limites théologiques de l’autonomie de la recherche scientifique au XVIIe siècle. Il retrace ensuite la longue histoire allant de la condamnation de Galilée pour hérésie en 1633 jusqu’à sa réhabilitation par Jean-Paul II après plus de trois cent cinquante ans de revendications en ce sens par les savants européens. Il montre enfin comment Dieu et la théologie naturelle sont devenus marginaux dans le champ scientifique au cours des XVIIIe et XIXe siècles, à mesure que la pensée scientifique naturaliste s’est étendue à la géologie, à l’histoire naturelle, aux origines de l’homme et à l’histoire des sociétés et des religions. 
Face à la montée de mouvements religieux et spirituels néoromantiques qui rejettent les acquis des recherches scientifiques les mieux établies, l’auteur en appelle à prendre le parti de la raison. 
Yves Gingras est professeur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Il a publié de nombreux ouvrages d’histoire et de sociologie des sciences. Les plus récents sont Sociologie des sciences (PUF, 2013) et Controverses, accords et désaccords en sciences humaines et sociales (CNRS, 2014).
 

samedi 9 janvier 2016

Actes de la recherche en sciences sociales, n°210, Espace des disciplines et pratiques interdisciplinaires

Actes de la recherche en sciences sociales, n°210, Décembre 2015
Espace des disciplines et pratiques interdisciplinaires
Seuil
2016


Numéro coordonné par Yves Gingras et Johan Heilbron

Présentation de l'éditeur
Promouvoir « l’interdisciplinarité » est partout l’un des grands slogans de la politique universitaire. Ce numéro thématique de la revue Actes de la recherche en sciences sociales remet en cause ce discours convenu. 
Il pose d’abord la question du fondement des disciplines telles qu’elles existent aujourd’hui. Au lieu de supposer qu’elle correspond à des exigences plus ou moins techniques, la différenciation disciplinaire repose, en réalité, sur un processus de sélection sociale. Ce numéro s’interroge ensuite non pas sur l’idée ou l’idéal de l’interdisciplinarité, mais sur les pratiques interdisciplinaires, à la fois dans les sciences de la nature et dans les sciences humaines et sociales. 
Dans cette double perspective, il analyse les transformations récentes de l’espace académique, le poids des « disciplines » dans l’offre universitaire aussi bien que dans la recherche, la signification des frontières entre disciplines, de même que les contraintes qui s’exercent sur les recherches dites « interdisciplinaires ». 



lundi 13 juillet 2015

vidéo: Yves Gingras, Comment ne pas faire une communication scientifique


Yves Gingras, Comment ne pas faire une communication scientifique
Atelier de formation, CIRST, Faculté des sciences humaines de l'UQAM
27 mars 2015

mercredi 24 juin 2015

Sciences, technologies et sociétés de A à Z, Sous la direction de Julien Prud'homme, Pierre Doray et Frédéric Bouchard

Sciences, technologies et sociétés de A à Z
Sous la direction de
Julien Prud'homme, Pierre Doray
et Frédéric Bouchard
Presses de l’Université de Montréal
Libre Accès 
2015

PDF gratuit - ISBN 8792760634961
ePub gratuit - ISBN 9782760634978

Présentation de l'éditeur
Vaccination, OGM, épidémies, contraception, changements climatiques: voilà des sujets portant à controverse où la science semble autant juge que partie. Mais que sait-on vraiment du fonctionnement de la science et de la technologie ? Louées ou honnies, elles font intimement partie de notre vie, sans que nous ne comprenions toujours comment, ou pourquoi. Ce dictionnaire unique en son genre cartographie nos liens complexes avec la science et la technologie envisagées comme phénomènes humains. Il détaille le vocabulaire et les questions de la « STS » (Sciences, technologies et sociétés), champ des sciences humaines voué à la compréhension critique des savoirs et de leurs usages. Chaque entrée présente l’état des recherches sur un aspect précis et rend compte des acquis théoriques, des méthodes d’enquête et des débats en cours.
Fruit du réseau d’expertise du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST), ce livre mobilise plusieurs disciplines – sociologie, philosophie, management, communication, science politique, histoire, économie et scientométrie –, tout en mettant à l’avant des concepts communs. Le grand public, les étudiants, les décideurs et les chercheurs y trouveront un outil de référence nécessaire pour réfléchir autrement à ces questions qui nourrissent nos inquiétudes et nos plus grands espoirs.
Les directeurs Julien Prud’homme est chercheur associé au CIRST et professeur associé à l’Université du Québec à Montréal. Pierre Doray est professeur au département de sociologie à l’Université du Québec à Montréal. Frédéric Bouchard est directeur du CIRST et le premier titulaire de la chaire ÉSOPE de philosophie, à l’Université de Montréal.Cet ouvrage est aussi le fruit d’un comité scientifique composé de Jean-Pierre Beaud, Yves Gingras, Serge Proulx et Majlinda Zhegu.

mercredi 25 février 2015

en ligne: Savoir/agir n°27, Syndicalismes en luttes

en ligne sur le site de Savoir/agir:

Savoir/agir n°27, Syndicalismes en luttes
Editions du Croquant, 2014
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Dossier coordonné par Nathalie Ethuin et Karel Yon

Éditorial

Quand le gardien du Temple devient le sauveur des marchés financiers, par Frédéric Lebaron

Dossier

Syndicalismes en luttes, coordonné par Nathalie Ethuin et Karel Yon
Les formes contemporaines de l’activité gréviste en Europe occidentale : la domination de la grève politique de masse, par Gregor Gall
Les syndicats dans le capitalisme financier européen : Le cas allemand, par Hans-Jürgen Urban
Les mouvements sociaux dans le Brésil de Lula et Dilma : quelle place pour le syndicalisme ?, par Andréia Galvão
Le syndicalisme en (dans la) crise. Quelques réflexions à partir des réformes du marché du travail en Espagne, par Adoración Guamán et Francisco Trillo
Une mobilisation syndicale traversée par le souffle des Indignés ? La « marée verte » dans le secteur de l’éducation à Madrid, par Sophie Béroud
Le syndicalisme français en proie à la logique des « camps », par Jean-Marie Pernot
Se syndiquer pour l’indépendance : quelques remarques à propos de l’Union Générale des Travailleurs de la Guadeloupe, par Pierre Odin

Grand entretien

Faire de la sociologie des sciences avec un marteau ? Science et éthique en action. Entretien avec Yves Gingras

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche. Des municipales aux européennes, par Louis Weber

Sociogenèse du Front de gauche

Syndicalistes entrés en politique avec le Front de gauche

La rhétorique réationnaire

La valse des étiquettes politiques, par Gérard Mauger

Chronique d’outre-Manche

L’esprit de 1945, par Keith Dixon



jeudi 11 septembre 2014

écouter: Yves Gingras, présentation du livre Controverses. Accords et désaccords en sciences humaines et sociales


écouter: Yves Gingras, présentation du livre Controverses. Accords et désaccords en sciences humaines et sociales
commentaires de Jean-Guy Prévost (Science politique, UQAM) et Vincent Guillin (Philosophie, UQAM).
CIRST, UQAM, 05.09.2014

Controverses
Accords et désaccords en sciences humaines et sociales 
(Sous la direction de Yves Gingras)
Culture & Société
CNRS
2014

Présentation de l'éditeur
Statistiques ethniques contestées par les sociologues, disputes homériques entre historiens sur Aristote au Mont-Saint-Michel, tirs croisés contre Galilée hérétique et Galilée courtier, polémiques cristallisées par Black Athena, ouvrage prétendant revisiter l’histoire de l’Égypte antique… Les chercheurs en sciences sociales raffolent des controverses qui donnent du piquant à une vie académique souvent monotone.
Ces débats font-ils pour autant avancer la connaissance ? Ne seraient-ils que des dialogues de sourds entre spécialistes défendant leur part de vérité ? En revenant sur ces querelles emblématiques, les études réunies dans cet ouvrage semblent confirmer le jugement de Schopenhauer : « En règle générale, celui qui débat ne se bat pas pour la vérité mais pour sa thèse… »
Professeur au département d’histoire à l’université du Québec à Montréal (UQAM), titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences, Yves Gingras est notamment l’auteur d’Éloge de l’homo techno-logicus (2005) et de Sociologie des sciences (2013).


lundi 16 juin 2014

Controverses: Accords et désaccords en sciences humaines et sociales (Sous la direction de Yves Gingras)


Controverses
Accords et désaccords en sciences humaines et sociales 
(Sous la direction de Yves Gingras)
Culture & Société
CNRS
2014

Présentation de l'éditeur
Statistiques ethniques contestées par les sociologues, disputes homériques entre historiens sur Aristote au Mont-Saint-Michel, tirs croisés contre Galilée hérétique et Galilée courtier, polémiques cristallisées par Black Athena, ouvrage prétendant revisiter l’histoire de l’Égypte antique… Les chercheurs en sciences sociales raffolent des controverses qui donnent du piquant à une vie académique souvent monotone.
Ces débats font-ils pour autant avancer la connaissance ? Ne seraient-ils que des dialogues de sourds entre spécialistes défendant leur part de vérité ? En revenant sur ces querelles emblématiques, les études réunies dans cet ouvrage semblent confirmer le jugement de Schopenhauer : « En règle générale, celui qui débat ne se bat pas pour la vérité mais pour sa thèse… »
Professeur au département d’histoire à l’université du Québec à Montréal (UQAM), titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences, Yves Gingras est notamment l’auteur d’Éloge de l’homo techno-logicus (2005) et de Sociologie des sciences (2013).
 
 

jeudi 13 mars 2014

à paraître: Revue Savoir/agir n°27, Syndicalismes en luttes

Revue Savoir/agir n°27
Syndicalismes en luttes
éd du Croquant
20/03/2014

Présentation de l'éditeur
Si le syndicalisme est un acteur essentiel des luttes sociales, il est aussi au cœur des luttes symboliques pour définir les objectifs et les moyens légitimes de ces luttes. La lutte des classes est aussi une lutte de classements et définir les frontières et les modalités légitimes de l’action syndicale en est l’un des enjeux. Ce dossier ne vise évidemment pas à fournir des réponses univoques et définitives à la question de savoir à quoi servent ou devraient servir les organisations syndicales. Il s’agit plus modestement de spécifier ces enjeux et de rendre compte des débats qui traversent le mouvement syndical dans le contexte actuel d’hégémonie de l’idéologie néolibérale.
Qu’en est-il du répertoire d’action et des horizons de pensées du syndicalisme à l’heure où est répété à l’envi qu’il n’y aurait plus de « grain à moudre », pour reprendre la célèbre expression d’André Bergeron, secrétaire général de FO, qui célébrait ainsi la fonction de négociation des syndicats à l’ère du « compromis fordiste » ? La crise de 2008 et la généralisation des politiques d’austérité qui l’a suivie ont largement contribué à remettre ces questions à l’agenda militant et scientifique en déclenchant un cycle de protestation qui a été diversement investi par les syndicats selon les pays. Comment négocier avec les organisations d’employeurs et les pouvoirs publics tout en participant activement aux luttes sociales ? Comment parler au nom de tous les travailleurs lorsque les politiques économiques tournées vers la compétitivité des entreprises aboutissent à une hétérogénéité croissante des statuts d’emploi et des conditions de travail ? Lorsque les collectifs de travail sont fragilisés, voire démantelés, lorsque les partis politiques censés être les plus proches des syndicats voient leur rôle se réduire à celui d’une courroie de transmission du fatalisme économique, comment sont débattues dans et entre les organisations syndicales les enjeux stratégiques et idéologiques de la syndicalisation ?
Ces questions ne sont bien sûr pas nouvelles. La somme coordonnée par Colin Crouch et Alessandro Pizzorno dans les années 1970 résume bien la façon dont les spécialistes du syndicalisme y répondirent au cours du dernier quart du vingtième siècle. Impulsé, comme son nom l’indique, dans le but de ­comprendre la résurgence du conflit de classe en Europe après 1968, ce travail publié dix années plus tard se concluait en montrant comment les gouvernements d’Europe occidentale avaient réussi à endiguer la contestation sociale grâce à l’enrôlement des syndicats dans les politiques de gestion de la crise. Longtemps considéré comme le mouvement social par excellence, le syndicalisme devenait ainsi un rouage des institutions publiques, donnant forme à ce que les politistes baptisèrent « corporatisme libéral ». L’accélération de l’intégration européenne et la fabrique, à cette échelle, d’une ambitieuse architecture du « dialogue social » semblaient confirmer cette analyse. Dans le même temps, le champ en plein essor de la sociologie des mouvements sociaux se consolidait en ignorant, pour l’essentiel, l’enjeu de la conflictualité au travail.
D’une crise à l’autre, la résurgence de grandes mobilisations sociales orchestrées par les syndicats a permis de rappeler que l’institutionnalisation n’impliquait pas de renoncement irrémédiable à ­l’action protestataire. Plutôt que de chercher à qualifier de façon univoque et définitive les organisations syndicales, mieux vaut tenter de les situer au sein du triangle qui constitue, selon Richard Hyman, la géométrie du syndicalisme. Les organisations syndicales sont, selon les contextes nationaux et les périodes historiques, plus ou moins proches de l’un des sommets du triangle symbolisant les trois rôles idéal-typiques du syndicalisme : agent économique, partenaire social et organisation de classe. Ce sont donc moins les angles du triangle – marché, société, classe – qui doivent retenir l’attention que les directions vers lesquelles bougent les curseurs des revendications et des actions syndicales.
Cette tension est « au cœur des controverses sur le syndicalisme. Il s’agit de la contradiction entre la nécessité de construire une organisation majoritaire et l’impératif de mener une lutte efficace contre le système capitaliste, c’est-à-dire la contradiction entre un syndicalisme de masse et un syndicalisme de classe ». En France, la charte d’Amiens, adoptée en 1906 dans un congrès de la CGT, stipule en effet que l’organisation syndicale doit œuvrer à « une double besogne », quotidienne (obtenir des améliorations immédiates) et d’avenir (œuvrer à l’émancipation intégrale des travailleurs par l’expropriation des capitalistes). Si les termes ont sensiblement évolué, l’enjeu de définir l’espace des possibles reste au cœur des luttes intra et intersyndicales. Il traverse toutes les organisations et se pose de façon diverse selon les contextes économiques et politiques.
À l’échelle de l’Europe occidentale, le syndicalisme reste quoi qu’il en soit un opérateur central de la conflictualité sociale. C’est ce qu’illustre l’article de Gregor Gall qui dresse un bilan de l’acti­vité gréviste dans neuf pays d’Europe occidentale. En se situant sur le terrain des analyses macrosociales qui mettent l’accent sur le déclin de la grève, il nuance ces conclusions en montrant que les grèves économiques sont toujours à la peine mais que des « grèves politiques de masse » se développent en réaction aux politiques néolibérales. Si d’autres techniques d’enquêtes permettraient de prolonger cette critique de la supposée « quiétude » du mouvement ouvrier, l’intérêt du texte est de pointer les limites des politiques néo-corporatistes à l’heure du néolibéralisme triomphant.
C’est précisément cette question du corporatisme que revisite l’article de Hans-Jürgen Urban, qui s’interroge sur les conditions de possibilité d’un « corporatisme de crise » dans l’Allemagne fédérale. Son tableau de la situation allemande récente montre que l’enrôlement des syndicats dans la négociation de concession, y compris sur les modérations salariales, n’exclut pas les campagnes de syndicalisation vers les salariés précaires et les revendications relatives aux conditions de travail.
Dans un contexte différent, l’article d’Andreia Galvao montre également que l’existence de politiques corporatistes d’échange politique reste une donnée clé pour comprendre les stratégies syndicales. La présence au pouvoir d’un gouvernement ami dirigé par le Parti des travailleurs explique sans doute le faible et tardif engagement des confédérations syndicales dans les mobilisations de l’­hiver brésilien, les syndicats, tout comme d’autres mouvements sociaux, étant déjà eux-mêmes divisés quant à l’atti­tude à tenir à l’égard du pouvoir pétiste. Le cas brésilien est ainsi très éclairant sur les relations fluctuantes entre partis politiques au pouvoir, organisations syndicales et mobilisations populaires.
Cette articulation entre syndicalisme et mouvements sociaux est également au centre de la situation politique en Espagne. Deux articles permettent de rendre compte de façon complémentaire de ce qui se passe dans ce pays sur le terrain des luttes sociales et du rôle que peuvent jouer les organisations syndicales. Le premier texte d’Adorácion Guamán et de Francisco Trillo aborde les difficultés croissantes auxquelles sont confrontées les organisations syndicales face aux plans d’austérité et aux mesures antisociales qui se succèdent. Si ces politiques se nourrissent d’un anti-syndicalisme virulent, elles alimentent en retour des critiques de plus en plus aiguisées à l’encontre des syndicats au sein des mouvements sociaux. Les deux auteurs insistent également sur le défi que représentent les millions de privés d’emploi et de travailleurs précaires dont une part s’organise hors des lieux de travail, alors que le syndicalisme traditionnel se déploie avant tout au niveau de l’entreprise. Toutefois, la thèse de la coupure irrémédiable entre syndicalisme et mouvements sociaux ne résiste pas à l’épreuve des faits empiriques, comme le démontre ici Sophie Béroud. Si les critiques à l’égard des syndicats sont monnaie courante au sein du mouvement des Indignés, les militants syndicaux sont loin d’être absents des assemblées et des cortèges. Certains, comme les syndicalistes enseignants, ont même pu profiter du regain de conflictualité pour élargir leurs revendications et l’éventail de leurs modes d’action. L’exemple des mobilisations du secteur éducatif qu’étudie Sophie Béroud, montre à quel point le syndicalisme espagnol, quoiqu’on en dise, reste inscrit dans l’espace des mouvements sociaux.
Sur le cas français, l’article de Jean-Marie Pernot éclaire les reconfigurations récentes du champ syndical tout en soulignant les limites d’une approche en terme de camps irrémédiablement distincts, sinon antagoniques. Il s’agit bien davantage d’alliances à géométrie variable selon les secteurs, les enjeux et les rapports de force. Ce faisant, il montre que le réflexe consistant à résumer les clivages syndicaux en termes de lignes politiques – un camp « réformiste » et un pôle « contestataire » – est éloigné des logiques pratiques qui structurent cet espace complexe qu’est le champ syndical.
La question des logiques plurielles qui orientent l’action syndicale est au cœur de l’article de Pierre Odin. En revenant sur l’histoire de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe, il décrit comment s’est forgée la pratique d’un « syndicalisme intégral » investi à la fois sur les terrains économique, politique et culturel. La légitimité acquise par l’UGTG au croisement de la représentation quotidienne des travailleurs et de l’incarnation d’un projet politico-culturel pour la Guadeloupe éclaire le rôle central qu’elle a joué dans la grève générale de 2009 et la constitution, avec le LKP, d’une coalition regroupant syndicats, associations et partis politiques.
Dans des pays et contextes différents, le syndicalisme est donc bel et bien tiraillé par des conflits, des enjeux et des défis majeurs, que chaque texte réuni dans ce dossier explore sans prétendre évidemment à l’exhaustivité. Si les difficultés sont réelles et plurielles, si les définitions des objets et des moyens des luttes syndicales sont conflictuelles, on ne saurait pour autant entonner le chant du cygne comme le font tant et trop de commentateurs pressés.


Sommaire

Éditorial
Quand le gardien du Temple devient le sauveur des marchés financiers
Frédéric Lebaron

Dossier
Syndicalismes en luttes
Dossier coordonné par Nathalie Ethuin et Karel Yon

Les formes contemporaines de l’activité gréviste en Europe occidentale
La domination de la grève politique de masse
Gregor Gall

Les syndicats dans le capitalisme financier européen
Le cas allemand
Hans-Jürgen Urban

Les mouvements sociaux dans le Brésil de Lula et Dilma
Quelle place pour le syndicalisme ?
Andréia Galvão

Le syndicalisme en (dans la) crise
Quelques réflexions à partir des réformes du marché du travail en Espagne
Adoración Guamán, Francisco Trillo

Une mobilisation syndicale traversée par le souffle des Indignés ?
La « marée verte » dans le secteur de l’éducation à Madrid
Sophie Béroud

Le syndicalisme français en proie à la logique des « camps »
Jean-Marie Pernot

Se syndiquer pour l’indépendance
Quelques remarques à propos de l’Union générale des travailleurs de la Guadeloupe
Pierre Odin

Grand Entretien avec Yves Gingras
Faire de la sociologie des sciences avec un marteau ?
Science et éthique en action

Chronique de la gauche de gauche
Front de gauche
Des municipales aux européennes
Louis Weber

Enquête (6)
Sociogenèse du Front de gauche
Syndicalistes entrés en politique avec le Front de gauche
Gérard Aschieri, Pierre Khalfa et Evelyne Sire-Marin

La rhétorique réactionnaire

La valse des étiquettes politiques
Gérard Mauger

Chronique d’outre-Manche

L’Esprit de 1945
Keith Dixon