« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


Affichage des articles dont le libellé est Siméant. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Siméant. Afficher tous les articles

lundi 8 juin 2015

Guide de l’enquête globale en sciences sociales, Sous la direction de Johanna Siméant

Guide de l’enquête globale en sciences sociales
Sous la direction de Johanna Siméant
CNRS
2015

Présentation de l'éditeur
Guerre, diaspora, ONG… Les objets, espaces et discours de l’international bouleversent les approches et appellent à des méthodes d’enquête spécifiques. C’est le propos de ce guide, outil pour chercheurs et étudiants qui voudraient s’aventurer en sociologie de l’international. Un ouvrage didactique et accessible, à la manière du Métier de sociologue de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, combinant textes théoriques des grands auteurs et mise en perspective d’extraits couvrant tel aspect ou exemple précis de la démarche d’enquête.
Compétition pour la suprématie culturelle des élites intellectuelles, marché des savoirs et de l’expertise, circulations des biens culturels, foires et salons internationaux… Autant de thèmes traités dans cet ouvrage, qui invite à adapter les sciences sociales aux défis du monde globalisé.
Ouvrage coordonné par Johanna Siméant, Romain Lecler, Cécile Rabot, Bertrand Réau, Sébastien Roux et Anne-Catherine Wagner.  
Johanna Siméant. Professeure de science politique à l’université Paris I, Johanna Siméant est l’auteure de nombreux ouvrages, parmi lesquels La cause des sans-papiers (1998), Le travail humanitaire (2002) et La grève de la faim (2009).
TABLE DES MATIERES
Introduction. Johanna Siméant - Face à l’international. Textes et pratiques de l’enquête en
sciences sociales
PREMIERE PARTIE :
Chapitre 1. Johanna Siméant, Florent Pouponneau, Victoria Lickert – Échelles, récifs,
bureaux – terrains du politique à l’international
Chapitre 2. Anne-Catherine Wagner, avec Bertrand Réau – Le capital international : un
outil d’analyse de la reconfiguration des rapports de domination
Chapitre 3. Meryll David, Leonora Dugonjic, Romain Lecler – Analyser les politiques de
mondialisation
Chapitre 4. Gisèle Sapiro, Jérôme Pacouret – La circulation des biens culturels : entre
marchés, États et champs
Chapitre 5. Marie-France Garcia-Parpet, Romain Lecler, Gustavo Sóra – Foires, salons et
marchés internationaux. Circulation des biens symboliques et mondialisation des
places marchandes
Chapitre 6. Dominique Marchetti - Les espaces de la migration des biens culturels
transnationaux. À propos des logiques de production et de circulation de
l’information journalistique transnationale
Chapitre 7. Boris Attencourt, Afranio Garcia – Compétition pour la suprématie culturelle et
stratégies internationales des élites intellectuelles
Chapitre 8. Nehara Feldman, Sébastien Roux – Des vies actuelles. Expériences
contemporaines d’un monde globalisé
Chapitre 9. Yves Dezalay, Olivier Nay, introduit par Johanna Siméant - Le marché des
savoirs de réforme : circulations de l’expertise de gouvernement et reproduction des
hiérarchies internationales
Chapitre 10. Antoine Vauchez, Didier Georgakakis - Le concept de champ à l’épreuve de
l’Europe
DEUXIEME PARTIE : TEXTES CHOISIS
1. THEORIES ET CONSTRUCTIONS D’OBJET (textes de F. Cooper, N. Guilhot, D.
Bigo, E. Durkheim, N. Elias, A. Gramsci, I. Wallerstein, A. de Swaan, J.-F. Bayart, P.
Bourdieu, J. Heilbron, B. Wilfert-Portal, D. Kennedy, O. Evard, S. Mahler et P. Pessar, E.
Zerubavel, T. Gowan)
2. LIEUX (textes de P.-Y. Saunier, F. Keck, H. Becker, E. Ollion, D. Edwards, K. Cetina, T.
Bestor, A. Mach, T. David, F. Bühlmann, R. Poli, L. Ravenel, R. Besson, J. Bonhomme, A.
M. Paul, A. Moran, A. ONG, D. M. Nonini, Y. Buchet de Neuilly, D. Ambrosetti, G. Sapiro,
A. Bokobza, C. Charle, S. Mahmood)
3. ENQUETES (textes de G. Daho, V. Gayon, S. Lefranc, C. Robert, M. Kingston de Leusse,
O. Fillieule et al., M. Darley, N. Chabloz, D. Bielby, P.-Y. Saunier, L. Boltanski, P.
Casanova, C. Charle, L. Jeanpierre)
4. PISTES (textes de P. Bourdieu, B. De l’Estoile, G. Steinmetz, M. & M. Pinçon-Charlot, V.
Karady, J.-F. Bayart, J. Roitman, C. Lutz, A. Béteille, A. Appadurai)

mercredi 28 mai 2014

Johanna Siméant, Contester au Mali. Formes de la mobilisation et de la critique à Bamako

Johanna Siméant
Contester au Mali
Formes de la mobilisation et de la critique à Bamako
Karthala
2014

Présentation de l'éditeur
Avant que le putsch du 22 mars 2012 ne fasse voler en éclat cette image, le Mali était ce pays considéré comme exemplaire du fait de ses institutions démocratiques et d’une société civile perçue comme ayant contribué à la chute du régime autoritaire en 1991. C’était aussi ce pays où la protestation était désignée depuis lors comme quelque chose d’exceptionnel et de résiduel, comme si, au Mali du consensus, seules les rebellions touarègues au Nord avaient contesté l’ordre des choses. A rebours de cette image, le livre revient sur les années antérieures aux basculements de 2012-2013 qui virent successivement une rébellion armée, un putsch, une intervention militaire internationale et des élections de transition se déployer sur le territoire malien. Il saisit les formes de la mobilisation et de la protestation à Bamako, les milieux qu’elles impliquent, en essayant de ne pas s’arrêter à l’image de consensus qui fut souvent accolée au pays. Il montre un monde de contestation et de mobilisations qui passent par les marches mais aussi par l’émeute, et les inscrits dans une histoire plus longue du recours à la rue.
Mais comprendre les mobilisations, qui ne sont pas toutes protestataires, c’est aussi comprendre leurs possibilités matérielles et morales. Loin des idées naïves sur les vertus de la « société civile », loin aussi de la dénonciation tout aussi caricaturale de l’opportunisme de qui chercherait à faire carrière à l’international par les ONG, ce livre examine les rapports ambivalents à l’engagement, aux institutions maliennes et au nationalisme de celles et ceux qui peuplent le petit monde de la société civile malienne et de la sphère altermondialiste, et donc beaucoup accueillirent avec bienveillance le putsch de 2012. Prendre au sérieux ces formes du dissentiment politique, ce qu’elles disent du rapport à un État malien en crise, permet assurément de comprendre comment ces discours, déjà là et disponibles, même s’ils étaient parfois portés par des intellectuels minoritaires, ont participé au processus très rapide de délégitimation du régime et du président ATT que les échecs face à la rébellion avaient déjà fortement affaibli, et ensuite au ralliement au capitaine Sanogo.
Au-delà du cas malien, l’ouvrage, appuyé sur une enquête de terrain qui s’est déroulée sur plusieurs années, entend revisiter les façons routinisées de penser la mobilisation, la protestation, le dissentiment et leurs conditions matérielles et morales
Johanna Siméant est professeure au département de science politique de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne (Cessp), où elle dirige le master d’études africaines.