« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mercredi 12 juillet 2017

écouter: Claire Ducournau, La fabrique des classiques africains. Écrivains d'Afrique subsaharienne francophone


écouter: Claire Ducournau, La fabrique des classiques africains. Écrivains d'Afrique subsaharienne francophone
Danse des mots par Yvan Amar, 26.05.2017
Claire Ducournau 
La fabrique des classiques africains 
Écrivains d'Afrique subsaharienne francophone 
CNRS
Culture & Société
2017

Présentation de l'éditeur
Comment une œuvre littéraire accède-t-elle au rang de « classique » lorsque son auteur est issu d’Afrique subsaharienne francophone, l’une des zones les plus déshéritées du monde selon les standards culturels internationaux ? Si les noms de Léopold Sédar Senghor et d’Ahmadou Kourouma se sont imposés partout, pourquoi d’autres auteurs, portés au pinacle en Europe, restent-ils peu connus dans leurs pays d’origine, quand les textes d’Aminata Sow Fall et de Seydou Badian, étudiés et discutés au Sénégal et au Mali, ne le sont pas en France ?
Ce livre propose une histoire sociale collective de ces écrivains depuis 1960. Il distingue deux protagonistes majeurs : des intermédiaires culturels (organisateurs de festival, éditeurs, agents littéraires), souvent français, et des auteurs nés et socialisés en Afrique subsaharienne francophone, dont les trajectoires sont situées les unes par rapport aux autres dans un espace littéraire africain en recomposition.
Nourri de nombreux entretiens, fondé sur le dépouillement d’archives inédites et sur une étude statistique, cet ouvrage majeur décrit par quels mécanismes symboliques et matériels des écrivains originaires d’Afrique subsaharienne francophone sont devenus, sous différentes formes, des classiques africains.

Ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Lyon, agrégée de lettres modernes, Claire Ducournau est docteure de l’École des hautes études en sciences sociales. Maîtresse de conférences dans le département de lettres modernes de l’université Paul-Valéry à Montpellier, elle mène ses recherches sur les productions littéraires africaines et leurs réceptions au XXe et au XXe siècles.

lundi 26 juin 2017

Altaïr Despres, Se faire contemporain. Les danseurs africains à l’épreuve de la mondialisation culturelle

Altaïr Despres 
Se faire contemporain
Les danseurs africains à l’épreuve de la mondialisation culturelle
Publications de la Sorbonne
Homme et société
2016

Présentation de l'éditeur
Longtemps absents de la scène chorégraphique contemporaine, les danseurs africains semblent bien avoir, depuis une vingtaine d'années, le vent en poupe. Ils sont désormais les invités des festivals et des théâtres internationaux les plus prestigieux, et leurs pièces sont saluées tant par le public que par la critique. C’est que, disent les commentateurs, la mondialisation culturelle est passée par là.
Mais qu’est-ce, au juste, que cette mondialisation ?
L’auteure, sociologue et anthropologue, a mené une enquête de terrain de plusieurs années dans l’univers de la danse contemporaine africaine. À partir d’un travail d’archives, d’observations ethnographiques et du recueil de nombreux témoignages d’artistes et de professionnels de la culture, son livre retrace l’émergence de cette esthétique chorégraphique sur le continent africain. Il documente en particulier le parcours de jeunes danseurs, depuis les quartiers populaires de Bamako et de Ouagadougou jusqu’aux planches des grandes scènes parisiennes. Ce faisant, la mondialisation culturelle cesse d’apparaître comme un phénomène vague et irrépressible : elle devient une réalité concrète, une expérience pratique, dont on saisit tour à tour les ressorts politiques, artistiques ou migratoires.
L’apparition d’une forme « contemporaine » de danse en Afrique repose sur la formation de réseaux institutionnels connectés à l’Europe, sur la construction opportune d’intérêts esthétiques pour le continent noir, sur l’appropriation par les danseurs africains d’un rapport nouveau à l’art et, finalement, sur la formation de subjectivités inédites de danseurs et de chorégraphes qui en viennent à incarner, entre « ici » et « là-bas », l’art africain internationalisé.
Altaïr Despres est sociologue et anthropologue, docteure de l'université Paris-Diderot. Ses recherches portent sur les processus de transmission et de domination culturelles, en particulier dans l’Afrique post-coloniale.

mardi 28 mars 2017

Claire Ducournau, La fabrique des classiques africains. Écrivains d'Afrique subsaharienne francophone

Claire Ducournau 
La fabrique des classiques africains 
Écrivains d'Afrique subsaharienne francophone 
CNRS
Culture & Société
2017

Présentation de l'éditeur
Comment une œuvre littéraire accède-t-elle au rang de « classique » lorsque son auteur est issu d’Afrique subsaharienne francophone, l’une des zones les plus déshéritées du monde selon les standards culturels internationaux ? Si les noms de Léopold Sédar Senghor et d’Ahmadou Kourouma se sont imposés partout, pourquoi d’autres auteurs, portés au pinacle en Europe, restent-ils peu connus dans leurs pays d’origine, quand les textes d’Aminata Sow Fall et de Seydou Badian, étudiés et discutés au Sénégal et au Mali, ne le sont pas en France ?
Ce livre propose une histoire sociale collective de ces écrivains depuis 1960. Il distingue deux protagonistes majeurs : des intermédiaires culturels (organisateurs de festival, éditeurs, agents littéraires), souvent français, et des auteurs nés et socialisés en Afrique subsaharienne francophone, dont les trajectoires sont situées les unes par rapport aux autres dans un espace littéraire africain en recomposition.
Nourri de nombreux entretiens, fondé sur le dépouillement d’archives inédites et sur une étude statistique, cet ouvrage majeur décrit par quels mécanismes symboliques et matériels des écrivains originaires d’Afrique subsaharienne francophone sont devenus, sous différentes formes, des classiques africains.

Ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Lyon, agrégée de lettres modernes, Claire Ducournau est docteure de l’École des hautes études en sciences sociales. Maîtresse de conférences dans le département de lettres modernes de l’université Paul-Valéry à Montpellier, elle mène ses recherches sur les productions littéraires africaines et leurs réceptions au XXe et au XXe siècles.

jeudi 9 juin 2016

écouter: Gabrielle Hecht, Uranium africain. Une histoire globale


écouter: Gabrielle Hecht, Uranium africain. Une histoire globale
Invité Afrique par François Mazet, 01.05.2016
Gabrielle Hecht
Uranium africain
Une histoire globale
Seuil
L'Univers historique 
2016

Présentation de l'éditeur
L’uranium de la bombe lancée sur Hiroshima provenait d’Afrique. À l’âge de l’équilibre de la terreur, pendant la guerre froide, Congo, Gabon, Madagascar, Niger, Afrique du Sud et Namibie ont fourni chaque année entre 20 et 50 % de l’uranium importé en Occident. Pour éclairer la place centrale du continent africain dans l’histoire du nucléaire, Gabrielle Hecht nous fait pénétrer dans ses mines.
La grande force du récit – car c’en est un, riche en histoires, nourri d’archives inédites et de très nombreuses interviews avec des acteurs locaux – est de montrer que la qualification de « nucléaire » est une construction variable selon les rapports de force, les moments, les lieux et les controverses technopolitiques, et qu’elle ne peut se réduire à des questions de radioactivité et de fission. Il fallut attendre 1990 pour que les mines d’uranium proprement dites soient définies comme des « installations nucléaires », quand en 2003 l’uranium nigérien supposé avoir été livré à Saddam Hussein était considéré comme suffisamment « nucléaire » pour justifier une guerre contre l’Irak : un décalage qui, en exemptant les acteurs des procédures de contrôle élaborées par l’Agence internationale de l’énergie atomique, fut bien évidemment propice au commerce de l’uranium. L’enjeu de ce livre est aussi de montrer, parfois crûment, les conséquences sanitaires et environnementales dévastatrices des rapports de forces politiques, commerciaux et humains qui sont au cœur de l’exploitation du minerai.
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Charlotte Nordmann
Gabrielle Hecht, professeure d’histoire à l’université du Michigan, a publié en 2004 Le Rayonnement de la France. Énergie nucléaire et identité nationale après la Seconde Guerre mondiale (1998, MIT Press).

mercredi 28 mai 2014

Johanna Siméant, Contester au Mali. Formes de la mobilisation et de la critique à Bamako

Johanna Siméant
Contester au Mali
Formes de la mobilisation et de la critique à Bamako
Karthala
2014

Présentation de l'éditeur
Avant que le putsch du 22 mars 2012 ne fasse voler en éclat cette image, le Mali était ce pays considéré comme exemplaire du fait de ses institutions démocratiques et d’une société civile perçue comme ayant contribué à la chute du régime autoritaire en 1991. C’était aussi ce pays où la protestation était désignée depuis lors comme quelque chose d’exceptionnel et de résiduel, comme si, au Mali du consensus, seules les rebellions touarègues au Nord avaient contesté l’ordre des choses. A rebours de cette image, le livre revient sur les années antérieures aux basculements de 2012-2013 qui virent successivement une rébellion armée, un putsch, une intervention militaire internationale et des élections de transition se déployer sur le territoire malien. Il saisit les formes de la mobilisation et de la protestation à Bamako, les milieux qu’elles impliquent, en essayant de ne pas s’arrêter à l’image de consensus qui fut souvent accolée au pays. Il montre un monde de contestation et de mobilisations qui passent par les marches mais aussi par l’émeute, et les inscrits dans une histoire plus longue du recours à la rue.
Mais comprendre les mobilisations, qui ne sont pas toutes protestataires, c’est aussi comprendre leurs possibilités matérielles et morales. Loin des idées naïves sur les vertus de la « société civile », loin aussi de la dénonciation tout aussi caricaturale de l’opportunisme de qui chercherait à faire carrière à l’international par les ONG, ce livre examine les rapports ambivalents à l’engagement, aux institutions maliennes et au nationalisme de celles et ceux qui peuplent le petit monde de la société civile malienne et de la sphère altermondialiste, et donc beaucoup accueillirent avec bienveillance le putsch de 2012. Prendre au sérieux ces formes du dissentiment politique, ce qu’elles disent du rapport à un État malien en crise, permet assurément de comprendre comment ces discours, déjà là et disponibles, même s’ils étaient parfois portés par des intellectuels minoritaires, ont participé au processus très rapide de délégitimation du régime et du président ATT que les échecs face à la rébellion avaient déjà fortement affaibli, et ensuite au ralliement au capitaine Sanogo.
Au-delà du cas malien, l’ouvrage, appuyé sur une enquête de terrain qui s’est déroulée sur plusieurs années, entend revisiter les façons routinisées de penser la mobilisation, la protestation, le dissentiment et leurs conditions matérielles et morales
Johanna Siméant est professeure au département de science politique de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne (Cessp), où elle dirige le master d’études africaines.



dimanche 3 février 2013

video: Edward Berenson, Les héros de l'Empire Brazza, Marchand, Lyautey, Gordon et Stanley à la conquête de l'Afrique + Edward Berenson à propos de la Guerre au Mali

Edward Berenson
Les héros de l'Empire
Brazza, Marchand, Lyautey, Gordon et Stanley à la conquête de l'Afrique
Perrin
2012

Présentation de l'éditeur
L'épopée coloniale à travers les figures de proue qui l'ont incarnée.
Si la France et le Royaume-Uni, dans la seconde moitié du XIXe siècle, se lancèrent à la conquête de l'Afrique, cette expansion coloniale se heurta au scepticisme, voire à l'opposition des opinions publiques et de certains hommes d'Etat. Et pourtant... Des hommes, mi-aventuriers, mi-explorateurs, souvent désintéressés mais parfois avides de gloire et d'argent, se jetèrent dans l'aventure. L'histoire a retenu leur nom, qu'il s'agisse des Britanniques Stanley et Gordon ou des Français Brazza, Marchand et Lyautey.
Du Nil au Congo, de l'Atlas au Soudan, cet ouvrage retrace leurs hauts faits et les méthodes dont ils usèrent pour dépecer, au bénéfice de Londres ou de Paris, la plus grande partie du continent noir. Non contents de conquérir de vastes territoires, ces « héros de l'Empire », dont la bravoure était encensée par une presse en pleine expansion, parvinrent, grâce à leur charisme et au parfum sulfureux de leurs exploits, à populariser l'idée d'un certain idéal colonial auprès des masses dans des sociétés par ailleurs profondément divisées.
Tout en exposant les rouages de l'âpre conquête coloniale, ce livre particulièrement vivant, par son approche originale, dévoile les mentalités et la culture « fin de siècle » des peuples français et britannique qui, initialement indifférents à l'idée impériale, finirent par la plébisciter.

Professeur d'histoire et directeur de l'Institute of French Studies de l'université de New York, l'historien américain Edward Berenson est un spécialiste internationalement reconnu de la France contemporaine.
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Edward Berenson à propos de la Guerre au Mali