Recherche précarisée, recherche atomisée
Raisons d'agir
Sortie prévue le: 14/04/2011
Présentation de l'éditeur
La précarisation de l’enseignement supérieur et de la recherche publics est une réalité peu connue, et pour partie rendue invisible, dans un univers que l’on imaginerait comme protégé : elle affecte pourtant de plus en plus le travail et les travailleurs de ce secteur dans leur ensemble.
Fondé sur une enquête conduite en 2009 ainsi que sur des travaux et rapports variés, cet ouvrage livre un diagnostic lucide sur les mécanismes de cette précarisation, qui apparaît comme un élément d’une déstructuration plus globale, organisée et méthodique : mise en concurrence généralisée, et particulièrement forte au moment de l’entrée dans la carrière, au nom de l’efficacité ; remise en cause des statuts et des règles définissant les conditions de formation et construction d’une relation de travail durable au nom de la flexibilité ; pilotage de la recherche par projets et financements sur contrats courts, au nom de la nécessité de répondre à la demande sociale du moment.
A travers le cas exemplaire du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche, ce livre dévoile donc les effets d’une politique qui consiste à constituer la précarité en norme de fonctionnement choisie : la dégradation des conditions de travail poussée jusqu’aux limites de l’exploitation illégales, la destruction des collectifs et des conditions de la collaboration entre individus ou entre entités institutionnelles de recherche, l’abandon des projets et des investissements de long terme.
Tout cela au bénéfice, finalement, des structures privées…Loin de s’en tenir à un simple diagnostic, ce livre propose un certain nombre de directions pour mener une autre politique. Il s’adresse ainsi aussi bien à tous ceux qui sont liés à l’enseignement supérieur et à la recherche, aux personnels, mais aussi aux postulants, et plus largement à tous les étudiants, à leurs parents, à tous ceux qui sont concernés par l’enseignement, l’innovation et le développement du savoir.
Rien n'est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d'observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les soutenir que l'opinion. C'est donc sur l'opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires(David Hume in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, p.257-258)
dimanche 2 janvier 2011
à paraître: Recherche précarisée, recherche atomisée
Libellés :
enseignement supérieur,
politique,
Raisons d'agir,
recherche,
école
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