Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 11 septembre 2013

en ligne: Pierre Bourdieu, La philosophie sociale du néo-libéralisme



Pierre Bourdieu, La philosophie sociale du néo-libéralisme
(Le titre de ce texte est de la rédaction de l'Humanité)
in L'Humanité, 4 Novembre 1999

Je voudrais ici développer une thèse - dont l'exposé demanderait beaucoup de temps - selon laquelle ce que l'on appelle le " néo-libéralisme " et que l'on essaie de fonder sur une certaine forme de science économique, est en fait une philosophie sociale. Quelqu'un, avant moi, a parlé d'" enjeu de société " : c'est souvent une expression que l'on emploie à la légère, dans les débats de télévision notamment, mais il est vrai que ce dont il est question ici est un enjeu de société, c'est-à-dire une vision du monde social. Le néo-libéralisme se présente lui-même comme une vision du monde, cohérente, fondée sur un certain nombre de propositions, à prétention scientifique, mais qui peuvent être ramenés à ce que les ethnologues ou les sociologues appellent un " ethos ", à savoir un ensemble de valeurs, pour la plupart implicites, qui sont inscrites dans les manières de vivre les plus ordinaires, les plus banales, les plus quotidiennes. C'est cet " ethos " que je vais m'efforcer ici d'expliciter.
lire la suite sur le site de L'Humanité



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voir également:


Interventions de Pierre Bourdieu: Contre le "fléau néo-libéral"




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