Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


dimanche 2 mars 2014

La grande régression. La Grèce et l’avenir de l’Europe, sous la direction de Noëlle Burgi

La grande régression
La Grèce et l’avenir de l’Europe
sous la direction de Noëlle Burgi
Le Bord de l'eau
2014

Présentation de l'éditeur
La Grèce connaît depuis 2008 un effondrement économique et une récession humaine sans équivalent dans l’histoire sociale européenne depuis les années 1930. Victime d’une secousse systémique du capitalisme mondial financiarisé, prise dans les filets de dépendance créés par la monnaie commune européenne et soumise à la volonté d’institutions transnationales qui la dominent, elle connaît à nouveau la misère, et le spectre de la violence d’extrême droite ressurgit comme au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Cette tragédie résulte de la conjonction de la déficience de son État et des politiques européennes d’austérité menées avec obstination en dépit de leur faillite prévisible. La Grèce, qui avait cru sortir définitivement du sous-développement et du cycle de violence de la guerre et de l’après-guerre en s’arrimant à l’Europe, connaît aujourd’hui un recul cataclysmique.
Comme le montre cet ouvrage, elle a été le laboratoire d’une reconfiguration des politiques économiques et sociales européennes préfigurant la remise en cause généralisée de l’État social — une construction centenaire qui avait fondé les progrès de la démocratie et de la civilisation en Europe. On le constate notamment dans tous les pays dits périphériques de l’Union qui, de l’Espagne à l’Irlande, en passant par le Portugal et l’Italie, connaissent des régressions sociales importantes. Mais elle a aussi servi de levier à la « nouvelle gouvernance » autoritaire de l’Union européenne.
Situant la crise actuelle du pays dans son contexte historique, ce livre propose une analyse approfondie de ses conséquences et engage une réflexion sur la violence, la santé publique, le système politique et la mise en question de la démocratie. Miroir dans lequel on peut lire les contradictions de la construction européenne, la Grèce pose aujourd’hui la question de la pérennité et de la viabilité du projet démocratique et social que l’Europe a longtemps voulu incarner.
Avec les contributions de : Kostas Bairaktaris, Apostolos Kapsalis, Kostis Karpozilos, Loukia Kotronaki, Yannis Kouzis, Katerina Matsa, Dimitris Psarras, Corina Vasilopoulou, Polymeris Voglis.
Noëlle Burgi est chercheure au CNRS, sociologue et politologue, auteure, entre autres, de La Machine à exclure. Les faux-semblants du retour à l’emploi (La Découverte, 2006).

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