Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mardi 9 septembre 2014

Paul Pasquali, Passer les frontières sociales. Comment les « filières d'élite » entrouvrent leurs portes

Paul Pasquali
Passer les frontières sociales
Comment les « filières d'élite » entrouvrent leurs portes 
Fayard
2014

Présentation de l'éditeur
Cible principale des débats sur les vices et vertus de l’élitisme à la française, les grandes écoles font aujourd’hui l’objet de multiples mesures pour élargir leur vivier de recrutement. L’instauration de la « discrimination positive » à Sciences Po Paris, puis l’obligation faite aux grandes écoles d’accueillir au moins 30 % de boursiers ont provoqué de vives polémiques. Mais ce tumulte médiatique laisse dans l’ombre les principaux intéressés, les étudiants bénéficiaires des politiques d’ouverture sociale. Ils ont leur mot à dire. Souvent issus des milieux populaires et, pour beaucoup, de familles immigrées, qui sont ces jeunes ? En franchissant les frontières sociales, à quelles épreuves sont-ils confrontés au quotidien ? 
Grâce à une enquête ethnographique au long cours sur une classe préparatoire réservée à des bacheliers ZEP, dans un lycée prestigieux de province, ce « polar sociologique » montre comment ces étudiants sont sélectionnés, formés et transformés au fil de leur parcours, jusqu’à leur arrivée dans le monde du travail. À travers leurs espoirs et leurs craintes, leurs découvertes et leurs déconvenues, leurs succès et leurs échecs, ces étudiants s’affrontent à un problème qui nous concerne tous : que signifie concrètement changer de milieu social et tout faire pour « réussir » ? 
 Paul Pasquali est sociologue, chargé de recherche au CNRS (CURAPP-ESS, Amiens). Ses travaux portent principalement sur la mobilité sociale, l’éducation et l’histoire des sciences humaines. 

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