Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mercredi 7 octobre 2009

Alain Accardo, Le Petit Bourgeois Gentilhomme. Sur les prétentions hégémoniques des classes moyennes



Alain Accardo
Le Petit Bourgeois Gentilhomme
Sur les prétentions hégémoniques des classes moyennes
Nouvelle édition augmentée et actualisée
AGONE

L’immense majorité semble communier spontanément dans une culture où le marketing des désirs solvables a substitué à tout autre devoir celui de se faire plaisir. En d’autres termes, le système capitaliste ne fonctionne pas seulement par l’exploitation et l’oppression mais aussi par l’adhésion de la plupart au système qui les exploite, les spolie et les opprime, c’est-à-dire qu’il fonctionne à l’aliénation psychologique et morale, entretenue par des espérances de succès individuel le plus souvent fallacieuses. Nos luttes ne doivent pas se livrer seulement aux niveaux politique et économique mais doivent s’accompagner d’un autre combat, tout aussi nécessaire, dont l’enjeu est la réappropriation par chacun de sa propre subjectivité. On peut appeler ce travail une « socioanalyse », en ce sens qu’il a pour objet la mise à jour et la maîtrise de l’« inconscient social » que notre socialisation a incorporé et qui conditionne notre adhésion spontanée à l’ordre établi.

Initialement paru en 2003 aux éditions Labor (Bruxelles), ce livre poursuit la réflexion que l’auteur a initié avec De notre servitude involontaire (Agone, 2001) et sa préface, « La colère du juste », au livre de Libertad, Le Culte de la charogne (Agone, 2006) : une analyse du rôle, central et ambigu, des classes moyennes dans les démocraties capitalistes.

Aucun commentaire: