Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



jeudi 20 mai 2010

4e Congrès suisse «Santé dans le monde du travail», 10 juin 2010



PEURS ET ESPOIRS : LA SANTÉ AU TRAVAIL À L’ÉPREUVE DE LA CRISE



Le 10 juin 2010 se tiendra à l’Université de Fribourg le 4e Congrès suisse «Santé dans le monde du travail».

Différentes enquêtes récentes montrent qu’en Europe une majorité de travailleurs et travailleuses s’attendent à une détérioration des conditions de travail dans le contexte actuel de crise économique. Le personnel d’une entreprise qui doit procéder à des licenciements développera davantage de problèmes de santé et aura plus de peine à concilier vie professionnelle et vie privée. Au sentiment d’insécurité, accompagné d’une montée d’angoisse et d’inquiétude à la place de travail, s’ajoute une explosion de la peur : peur de ne plus tenir face aux transformations du travail, peur d’aller au travail, peur de le perdre.

La situation actuelle est marquée par des réorganisations, sources potentielles d’incertitudes. Elle risque aussi de conduire les directions à minimiser l’importance de la santé et de la sécurité au travail, avec pour conséquence une augmentation possible des accidents du travail et des pathologies associées au travail.

Ce colloque se fixe pour objectifs : de faire un état des lieux de la peur en milieu de travail ; de montrer le lien entre l’augmentation de la peur au travail et la dégradation de la santé ; d’appréhender les sources de ses manifestations ; de comprendre que la peur exacerbée par la crise actuelle est un tabou lorsqu’elle n’est pas reconnue. Il s’attachera surtout à décrire des figures d’espoir. Quelles sont les sources d’espoir face à la peur ? Reconnaissance, participation, capacité d’agir, sont des pistes de travail pour proposer des solutions permettant d’intégrer davantage cette préoccupation dans les pratiques de gestion et d’organisation du travail. La situation actuelle n’est-elle pas une opportunité pour remettre le travail au centre des préoccupations économiques et sociales ?

Après les colloques de : 2004 : Evolution du monde du travail et pathologies émergentes, 2006 : Exclure / Inclure : gérer les problèmes de santé dans le milieu professionnel, de 2008 : Les Suisses au travail : heureux mais… fatigués, le 4e Congrès « Santé dans le monde du travail » se penche sur la relation entre peur et santé, avec l’espoir d’une évolution dans un sens positif.

Le Congrès est organisé par l’IST en collaboration avec la Haute Ecole de gestion de Neuchâtel, le Centre de Recherche en Psychologie du travail (CerPSa) de l’Université de Lausanne, le Domaine Sociologie, politiques sociales et travail social de l’Université de Fribourg et le Département de recherche en santé et de management de la santé en entreprise de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.
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