Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 3 mai 2013

Sociétés contemporaines n° 89, 2013/1, Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise »

Sociétés contemporaines n° 89, 2013/1, Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise »


Présentation de l'éditeur
Le « nouvel esprit du capitalisme » charrie maints discours sur ce que doit être l'entreprise : consciente de sa responsabilité sociale en matière d’environnement, de parité femmes-hommes et de diversité, respectueuse de la qualité de ses produits, attentive aux consommateurs, ouverte aux enjeux européens, etc. Ces discours, qui circulent dans le monde économique comme dans l’espace public, ne sont pas qu’un « air du temps » ou un Zeitgeist. Une série de dispositifs et d’institutions sociales assurent leur diffusion et divers acteurs sociaux en tirent ressources économiques et profits.
Ce dossier s’intéresse aux biens symboliques que l’entreprise fabrique « sur » et « pour » elle-même. Il montre comment certains des topiques de ces « écritures institutionnelles » s’enracinent dans des univers professionnels concrets (consulting, lobbying, management, etc.), dans des pratiques (édition de livres, organisation de colloques, médiation entre concurrents économiques, promotion auprès de l’État de nouveaux dispositifs administratifs, etc.) et s’incarnent chez des acteurs sociaux désireux de se parfaire via des modèles d’accomplissement professionnels. En d’autres termes, il se donne pour objet l’ensemble des acteurs et des procédés qui participent à la rénovation des « façades institutionnelles » des firmes et à l’actualisation des formes de légitimation de leur utilité sociale et de leur organisation interne, contribuant ainsi à l’émergence d’une « nouvelle entreprise ».

Page 5 à 16
Introduction
Isabel Boni-Le Goff et Sylvain Laurens   Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise » : Acteurs, pratiques et dispositifs d'une écriture institutionnelle 

Page 17 à 46
Sylvain Laurens   Make it E.U. friendly Les entrepreneurs du « patronat européen » face aux logiques de la concurrence économique

Page 47 à 71
Isabelle Bruno   Le Malcolm Baldrige National Quality Award : des « gourous » aux « missionnaires » de la qualité

Page 73 à 99
Sylvain Thine et al.   Entreprendre et dominer Le cas des consultants

Page 101 à 130
Soline Blanchard et al.   Une cause de riches ? L'accès des femmes au pouvoir économique

Page 131 à 154
Sarah Abdelnour   L'entrepreneuriat au service des politiques sociales : La fabrication du consensus politique sur le dispositif de l'auto-entrepreneur

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