« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 16 octobre 2018

Actes de la Recherche en Sciences Sociales, N°224, Septembre 2018, Champs intellectuels transnationaux




Actes de la Recherche en Sciences Sociales, N°224, Septembre 2018,  
Champs intellectuels transnationaux
Seuil


Résumé
Les modes d’existence des espaces intellectuels semblent être particulièrement affectés par les processus de « globalisation », qu’il s’agisse du marché éditorial international, de la circulation des idées entre les pays ou de l’impact croissant des études de décolonisation dans les pays des « Suds » comme du Nord. La sociologie des intellectuels s’est emparé de ces nouveaux enjeux et elle a, depuis une vingtaine d’années, cherché à articuler les analyses des espaces nationaux avec ces nouvelles configurations transnationales. Elle montre que non seulement le national a été en grande partie créé dans les échanges supranationaux, mais encore que ces derniers, inscrits dans l’histoire des impérialismes, des cosmopolitismes élitaires ou des migrations populaires, se sont accélérés avec la « mondialisation ». Loin d’aplanir les inégalités politiques économiques et symboliques entre les régions voire les pays, elle reste fondée sur l’existence de centres et de périphéries. Par ailleurs, tandis que certains travaux ont estimé que la mondialisation conduisait à l’affaiblissement des déterminations nationales, d’autres ont montré que l’accroissement des flux culturels transnationaux n’est en rien corrélé à une disparition de contrôle étatique ou d’identification nationale. Néanmoins, les États-nations se sont eux-mêmes constitués de façon concurrente aux empires et à des organisations transnationales comme l’Église catholique. Tandis que leur création s’est accompagnée de la mise en place d’instances internationales (SDN puis ONU), avec leurs dérivés intellectuels (Institut de coopération internationale de la Société des nations, UNESCO), ou supranationales (comme l’Union européenne), des espaces transnationaux avec des centres plus ou moins forts ou concurrents n’ont cessé de fonctionner ou de se former, posant la question des limites géographiques des champs. Ces espaces transnationaux sont composés d’agents (individus et institutions) qui concourent pour l’accumulation de capital symbolique par-delà les frontières politiques de leurs pays, tout en restant soumis aux inégalités multiformes entre les pays. Ils constituent ainsi des « espaces d’ubiquité », coprésence synchronique d’acteurs en concurrence par-delà les frontières politiques. 
Le présent numéro se concentre sur les champs intellectuels transnationaux. Il se focalise sur les mécanismes par lesquels ces champs sont amenés à transcender le cadre de l’État-nation – instances de diffusion (édition, revues), organisations transnationales (religieuses, politiques ou autres) –, ainsi qu’aux conditions qui les favorisent (colonialisme, impérialisme, occupations, migrations, etc.). Les articles se placent à divers niveaux de l’analyse. Certains étudient les réceptions transnationales de l’oeuvre d’intellectuels « globalisés » (N. Klein, P. Sloterdijk), leur multi-positionnement, et leurs ressources nationales et transnationales dans différentes localisations. L’analyse de collectifs d’intellectuels permet de dessiner les contours géographiques d’espace transnationaux, avec par exemple les nouveaux penseurs de l’islam. Tandis que la plupart des auteurs mettent en avant la centralité des États-Unis dans la formation de ces espaces transnationaux, un certain nombre d’articles pose en particulier la question de l’héritage colonial et de la dissymétrie des rapports géographiques Nord-Sud. De manière peut-être plus forte encore qu’au niveau national, les échanges intellectuels, non seulement pour les militants, mais encore pour les penseurs, les écrivains, les universitaires ou les théologiens, sont toujours aussi politiques quand on se situe au niveau transnational.

Sommaire
4 Qu’est-ce qu’un champ intellectuel transnational ?
Gisèle Sapiro, Tristan Leperlier et Mohamed Amine Brahimi

12 Un champ littéraire transnational
Le cas des écrivains algériens
Tristan Leperlier

34 Les intellectuels néo-confucéens et le débat
sur les droits humains, années 1990
Trois études de cas sur les formes de l’autonomie intellectuelle
en situation transnationale
Thomas Brisson

46 Théories sans frontières ?
Les théories littéraires en France et la construction d’un espace
transnational, années 1960-années 1970
Lucile Dumont

64 Les experts au concile Vatican II, 1962-1965
Note de recherche sur les conditions de possibilité
d’un champ transnational
François Weiser

76 HORS THÈME Des morales de classe ?
Dispositions éthiques et positions sociales dans la France contemporaine
Rémy Caveng, Fanny Darbus, François Denord,
Delphine Serre et Sylvain Thine

102 Résumés





samedi 15 février 2014

Sylvain Thine, Innover pour s’imposer. Consultants et conseil en nouvelles technologies

Sylvain Thine
Innover pour s’imposer
Consultants et conseil en nouvelles technologies
P.U.Rennes
2014


Présentation de l'éditeur
Un monde en mouvement permanent, porteur de transformations importantes dans les entreprises : telle est l’image la plus répandue du monde du conseil. À en croire les magazines économiques, ainsi que les dirigeants des sociétés de conseil ou les diplômés des grandes écoles, le conseil serait « un métier de rêve » ou encore « la nouvelle profession mondiale ». Abreuvée de discours d’excellence et de performance, cette profession en forte expansion qui laisse une large place aux jeunes serait ouverte à tous les « talents ». Prête à reconnaître les capacités de chacun, se pensant résolument à l’avant-garde, elle serait un vecteur à la fois de démocratisation et de consécration sociale. Car elle s’adapterait aux transformations économiques qui laisseraient place à de nouveaux profils. En bref, le conseil serait l’archétype de la forme à venir des métiers de demain : ouvert, innovant, équitable. 
Pourtant ces clichés ne résistent pas à l’analyse : non seulement la morphologie sociale des consultants est en tout point comparable à celle de nos élites, mais les logiques qui sous-tendent leurs modes d’actions et leurs pratiques s’accommodent des principes de hiérarchisation du monde économique, s’y ajustent et les renforcent. 
Ce livre, nourri d’enquêtes de terrain et étayé de données statistiques nouvelles, couvre une période charnière de l’histoire du conseil de 1990 à 2010, de l’émergence à la banalisation de « la nouvelle économie de l’information » et s’emploie à décrire l’évolution de la structure des activités de conseil notamment par l’analyse de l’utilisation d’un outil spécifique de gestion des flux d’information de l’ensemble des activités des grandes entreprises
Sylvain Thine, Membre associé au CESSP-CSE

vendredi 3 mai 2013

Sociétés contemporaines n° 89, 2013/1, Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise »

Sociétés contemporaines n° 89, 2013/1, Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise »


Présentation de l'éditeur
Le « nouvel esprit du capitalisme » charrie maints discours sur ce que doit être l'entreprise : consciente de sa responsabilité sociale en matière d’environnement, de parité femmes-hommes et de diversité, respectueuse de la qualité de ses produits, attentive aux consommateurs, ouverte aux enjeux européens, etc. Ces discours, qui circulent dans le monde économique comme dans l’espace public, ne sont pas qu’un « air du temps » ou un Zeitgeist. Une série de dispositifs et d’institutions sociales assurent leur diffusion et divers acteurs sociaux en tirent ressources économiques et profits.
Ce dossier s’intéresse aux biens symboliques que l’entreprise fabrique « sur » et « pour » elle-même. Il montre comment certains des topiques de ces « écritures institutionnelles » s’enracinent dans des univers professionnels concrets (consulting, lobbying, management, etc.), dans des pratiques (édition de livres, organisation de colloques, médiation entre concurrents économiques, promotion auprès de l’État de nouveaux dispositifs administratifs, etc.) et s’incarnent chez des acteurs sociaux désireux de se parfaire via des modèles d’accomplissement professionnels. En d’autres termes, il se donne pour objet l’ensemble des acteurs et des procédés qui participent à la rénovation des « façades institutionnelles » des firmes et à l’actualisation des formes de légitimation de leur utilité sociale et de leur organisation interne, contribuant ainsi à l’émergence d’une « nouvelle entreprise ».

Page 5 à 16
Introduction
Isabel Boni-Le Goff et Sylvain Laurens   Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise » : Acteurs, pratiques et dispositifs d'une écriture institutionnelle 

Page 17 à 46
Sylvain Laurens   Make it E.U. friendly Les entrepreneurs du « patronat européen » face aux logiques de la concurrence économique

Page 47 à 71
Isabelle Bruno   Le Malcolm Baldrige National Quality Award : des « gourous » aux « missionnaires » de la qualité

Page 73 à 99
Sylvain Thine et al.   Entreprendre et dominer Le cas des consultants

Page 101 à 130
Soline Blanchard et al.   Une cause de riches ? L'accès des femmes au pouvoir économique

Page 131 à 154
Sarah Abdelnour   L'entrepreneuriat au service des politiques sociales : La fabrication du consensus politique sur le dispositif de l'auto-entrepreneur

mardi 19 juin 2012

Actes de la recherche en sciences sociales n°193, Le conseil de l’État (1)



Actes de la recherche en sciences sociales n°193, Juin 2012, Le conseil de l’État (1)
Expertise privée et réformes des services publics

Numéro coordonné par Odile Henry et Frédéric Pierru
Les consultants et la réforme des services publics
Odile Henry et Frédéric Pierru
Etat, experts et savoirs néo-managériaux
Les producteurs et diffuseurs du New Public Management en France depuis les années 1970
Philippe Bezes
Du grand soir au clair obscur
Expertise économique et privatisation bureaucratique de l’assurance maladie
Daniel Benamouzig
Du militant au manager
La trajectoire d’un syndicaliste au sein d’une entreprise publique
Sylvain Thine
………………………………………………………………………………………………………………………
Hors thèmes :
L’économie symbolique du capital social
Note pour un programme de recherche
Bruno Cousin et Sébastien Chauvin


vendredi 13 janvier 2012

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 190 – Décembre 2011 // Le pouvoir économique. Classes sociales et modes de domination (1)



 Actes de la recherche en sciences sociales, n° 190 – Décembre 2011 // Le pouvoir économique. Classes sociales et modes de domination (1), Seuil

Numéro coordonné par Anne-Catherine Wagner
Anne-Catherine Wagner   Les classes dominantes à l'épreuve de la mondialisation

Page 10 à 23
Michael Hartmann   Internationalisation et spécificités nationales des élites économiques

Page 24 à 57
François Denord et al.   Le champ du pouvoir en France

Page 58 à 71
Alexis Spire   La domestication de l'impôt par les classes dominantes

Lectures critiques

Page 72 à 77
Gabriele Pinna et Bertrand Réau   Service de luxe et classes sociales

Page 78 à 107
André Mach et al.   La fragilité des liens nationaux La reconfiguration de l'élite du pouvoir en Suisse, 1980-2010

Page 108 à 125
Céline Bessière   Des producteurs indépendants face aux multinationales Les viticulteurs de Cognac sous dépendance économique

Page 126 à 139
Pierre Bourdieu   Champ du pouvoir et division du travail de domination Texte manuscrit inédit ayant servi de support de cours au Collège de France, 1985-1986
Premières lignes ]