"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

Affichage des articles dont le libellé est Blanchard. Afficher tous les articles
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mercredi 4 juillet 2018

Actes de la recherche en sciences sociales, n°223, Juin 2018, La résistible institutionnalisation de la cause des femmes



Actes de la recherche en sciences sociales, n°223, Juin 2018, La résistible institutionnalisation de la cause des femmes
Seuil

Dans de nombreux pays, l’égalité des sexes est devenue, notamment sous l’impulsion des mouvements féministes, une cause endossée par des acteurs et actrices au sein d’institutions variées (administrations, partis politiques, syndicats, entreprises, ONG, etc.). Cette institutionnalisation de la cause des femmes est au coeur de ce dossier, qui s’intéresse tant aux processus par lesquels des institutions s’emparent de cette cause qu’aux effets de cette institutionnalisation. 
En rompant avec une perspective qui pose a priori une rupture entre militantisme et institutions et en s’appuyant sur des études empiriques dans différents contextes nationaux (France, Inde, Égypte), il s’agit d’abord de repenser la question de la dépolitisation à partir d’une analyse des conditions historiques et sociales d’émergence et de diffusion de la cause des femmes dans différents sites institutionnels et pays. En outre, l’attention portée aux propriétés sociales des actrices et acteurs, ainsi qu’aux contraintes institutionnelles pesant sur elles/eux, permet de mettre en évidence les effets ambivalents de ces processus : la définition-même de la cause des femmes est l’objet de renégociations pouvant affecter son contenu et sa diffusion au sein des institutions demeure toujours fragile et réversible.



4 La cause des femmes dans les institutions
Soline Blanchard, Alban Jacquemart,
Marie Perrin et Alice Romerio

12 Les enjeux de la mémoire
chez les historiennes des femmes, 1970-2001
Marion Charpenel

26 La professionnalisation
de la cause des femmes en Inde
Virginie Dutoya

44 Le mouvement des travailleuses domestiques
en Égypte : entre ONG locales et ressources globales
Ranime Alsheltawy

58 L’égalité professionnelle en agriculture
Un féminisme modéré au service du patronat familial
Clémentine Comer

72 Diriger comme un homme moderne
Les élites masculines de l’administration française
face à la norme d’égalité des sexes
Laure Bereni et Alban Jacquemart

88 Résumés


mercredi 14 février 2018

Actes de la recherche en sciences sociales, 2017, N° 220 ,Varia

Actes de la recherche en sciences sociales, 2017, N° 220 ,Varia
Seuil
2018


Page 4 à 25
Francis Lebon, Maud Simonet
« Des petites heures par-ci par-là »
Quand la réforme des rythmes scolaires réorganisait le temps des professionnels de l’éducation
Page 26 à 47
Hadrien Clouet, Jean-Marie Pillon
Le chômeur et le chronomètre
Course contre la montre à Pôle emploi
Page 49 à 67
Brice Le Gall
L’aggiornamento d’un département d’économie
Conversion à la gestion et marginalisation des savoirs critiques
Page 68 à 85
Marianne Blanchard, Sophie Orange, Arnaud Pierrel
La noblesse scientifique
Jugements scolaires et naturalisation des aspirations en classes préparatoires aux grandes écoles
  
Page 87 à 101 
Laure Flandrin
Les contradictions du capitalisme informationnel à la lumière de l’affaire Renault, 2010-2011
Résumé 
 

vendredi 30 septembre 2016

Filles + sciences = une équation insoluble ? Enquête sur les classes préparatoires scientifiques, Marianne BLANCHARD, Sophie ORANGE et Arnaud PIERREL

Filles + sciences = une équation insoluble ? 
Enquête sur les classes préparatoires scientifiques
Marianne BLANCHARD, Sophie ORANGE et Arnaud PIERREL
Préface de Christian Baudelot
Rue d'Ulm
CEPREMAP
2016


Présentation de l'éditeur
Les filles constituent quasiment la moitié des bacheliers scientifiques et réussissent mieux à cet examen que les garçons. Pourtant les grandes écoles d’ingénieurs – qui représentent plus que jamais la voie d’accès aux positions de pouvoir – demeurent aujourd’hui des bastions masculins. C’est cette énigme apparente qu’il s’agit de résoudre : comment rendre compte de cette « disparition » des filles ? Où sont-elles passées ?
En mobilisant un large spectre de sources statistiques et une enquête conduite auprès d’élèves de classes préparatoires scientifiques à la demande de la direction de l’École normale supérieure, ce livre propose une approche originale en considérant cette disparition comme un fait social à part entière. Comment certains parcours scolaires et certaines destinées professionnelles en viennent-ils à être reconnus comme ouverts aux femmes ? Quels mécanismes d’incitation poussent les uns plus que les autres à se sentir à leur place dans ces parcours scolaires d’excellence scientifique ? Comment les rapports aux savoirs qui y ont cours participent-ils au maintien de ces bastions masculins ?
Cette étude pourra intéresser un large public : élèves, enseignants, parents d’élèves, conseillers d’orientation, mais aussi responsables politiques ou associatifs en charge de la promotion des carrières scientifiques féminines, ainsi que sociologues et économistes spécialistes des questions scolaires et/ou de genre. 

Ancienne élève de l’ENS, Marianne BLANCHARD est maître de conférences en sociologie à l’Université de Toulouse 2/ESPE Midi-Pyrénées et chercheuse au Certop. Ses recherches portent sur la formation des élites, du point de vue des publics comme des institutions. Elle a publié Les Écoles supérieures de commerce. Sociohistoire d’une entreprise éducative en France (Garnier, 2015) et Sociologie de l’école (avec J. Cayouette Remblière, La Découverte, 2016).
Sophie ORANGE est maître de conférences à l’Université de Nantes et chercheuse au CENS. Ses travaux concernent principalement la construction des choix scolaires, le processus d’orientation des bacheliers et la segmentation de l’enseignement supérieur. Elle a publié L’Autre enseignement supérieur. Les BTS et la gestion des aspirations scolaires (PUF, 2013) et L’Université n’est pas en crise. Les transformations de l’enseignement supérieur : enjeux et idées reçues (avec R. Bodin, Éditions du Croquant, 2013).
Arnaud PIERREL est doctorant en sociologie au laboratoire Gresco à l’Université de Poitiers. Agrégé de sciences économiques et sociales, il s’intéresse aux transformations à l’œuvre au sein de l’espace de l’enseignement supérieur et aux publics étudiants. Il a notamment publié, en 2015, « Réussite scolaire, barrière économique. Des boursiers et leur famille face aux frais de scolarité des grandes écoles de commerce » dans la revue Sociologie. 
 

mardi 24 mai 2016

en ligne: Actes de la recherche en sciences sociales, n° 195, 2012 Centres-villes : modèles, luttes, pratiques

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 195, 2012
Centres-villes : modèles, luttes, pratiques
Seuil

 en ligne sur Cairn.info:

Sylvie Tissot
Page 4 à 11 
Les centres-villes : modèles, luttes et pratiques
Anaïs Collet
Page 12 à 37 
Montreuil, « le 21e arrondissement de Paris » ?
La gentrification ou la fabrication d'un quartier ancien de centre-ville
Colin Giraud
Page 38 à 57 
La vi(ll)e en rose ?
Quartiers gays et trajectoires homosexuelles à Paris et à Montréal
 
Jean-Yves Authier, Sonia Lehman-Frisch
Page 58 à 73 
Il était une fois... des enfants dans des quartiers gentrifiés à Paris et à San Francisco
 
Eliza Benites-Gambirazio
Page 74 à 77 
Politiques urbaines et justifications écologiques
Note sur les centres-villes « durables » en Amérique latine
 
Sylvain Laurens, Francis Marchan, Mathieu Van Criekingen
Page 78 à 97 
« Il faut de tout pour faire un monde clos »
Genèse historique, délimitations matérielles et symboliques du « quartier européen » à Bruxelles, 1960-2010
 
Emmanuel Blanchard
Page 98 à 111 
La Goutte d'Or, 30 juillet 1955 : une émeute au cœur de la métropole coloniale

Lectures critiques

Fabrice Ripoll
Page 112 à 121 
Attention, un espace peut en cacher un autre

 

 

lundi 22 juin 2015

en ligne: Savoir/agir n°29, Austère université. Faux diagnostics pour vraies réformes

en ligne: Savoir/agir n°29, Austère université. Faux diagnostics pour vraies réformes
éditions du Croquant, 2014
S’abonner

Sommaire

Éditorial, par Frédéric Lebaron

Dossier : Austère Université. Faux diagnostics pour vraies réformes
Présentation du dossier, par Romuald Bodin et Sophie Orange
De l’autonomie à la mise sous tutelle ? Contraintes budgétaires et stratégies gestionnaires des universités, par Odile Henry et Jérémy Sinigaglia
Folle rationalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche. Universitaires en danger par Fanny Darbus et Fanny Jedlicki
Le rôle des palmarès et classements, ou comment les étudiant.e.s en Licence 3 de Gestion à Paris-Dauphine évaluent leur formation par Séverine Chauvel et Pierre Clément
Une hausse des frais d’inscription en France est-elle inéluctable ou même simplement souhaitable ?par Léonard Moulin
La résistible ascension de la gestion universitaire et la transformation de la culture académique par Brice Le Gall
L’essor des écoles supérieures de commerce, cas d’école de la privatisation de l’enseignement supérieur en France ? par Marianne Blanchard
La « réussite pour tous » passe-t-elle par la « professionnalisation » de l’enseignement supérieur ?par Vanessa Pinto

Grand entretien avec Lyonel Trouillot Haïti, une occupation molle

Chronique de la gauche de gauche
Front de gauche. Refondation ? Relance ? par Louis Weber

La rhétorique réactionnaire
Sur l’origine et les fondements de l’inégalité, par Gérard Mauger

Médias
Front national : indignations sélectives et banalisation effective, par Henri Maler et Julien Salingue

Chronique d’outre-Manche
Les écrivains écossais et la question de l’indépendance, par Keith Dixon


 (source: Savoir/agir)

lundi 20 octobre 2014

Savoir/agir n°29, Austère université. Faux diagnostics pour vraies réformes

Savoir/agir n°29
Austère université. Faux diagnostics pour vraies réformes
éditions du Croquant
2014
Présentation de l'éditeur
Ecrire, ou simplement prendre position, au sujet des universités n’est pas sans poser de nombreuses difficultés. L’éducation fait partie de ces objets de discussion sur lesquels tout le monde a un avis ou, mieux, se doit d’en avoir un. Qu’il s’agisse du supérieur ou des autres niveaux de l’éducation nationale, les publications scientifiques, les commentaires médiatiques et les jugements les plus divers se suivent année après année, avec la même régularité et la même intensité. Les fonctions d’encadrement de la jeunesse, de reproduction et de légitimation des hiérarchies remplies par l’enseignement expliquent sans doute cette logorrhée collective et le caractère particulièrement tranché des prises de positions qui la constituent, mais aussi l’inquiétude et le pessimisme qui semblent généralement les animer. Il y a de ce point de vue une forte proximité entre ces dernières et les discours sur la famille, le mariage, les valeurs ou encore l’immigration. Ecrire sur l’enseignement supérieur c’est donc de fait s’inscrire dans un espace discursif saturé et déjà fortement structuré, où la rhétorique de la crise, du déclin, de la dégradation, tient une place centrale. Or, le discours de la « crise de l’université » est un élément clé de la rhétorique réformiste qui tend à remettre en question aujourd’hui la mission de service public de formation et de diffusion des connaissances scientifiques au plus grand nombre qui est celle des universités.

Sommaire

Éditorial, par Frédéric Lebaron
Dossier : Austère Université. Faux diagnostics pour vraies réformes
Présentation du dossier, par Romuald Bodin et Sophie Orange
De l’autonomie à la mise sous tutelle ? Contraintes budgétaires et stratégies gestionnaires des universités, par Odile Henry et Jérémy Sinigaglia
Folle rationalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Universitaires en danger par Fanny Darbus et Fanny Jedlicki
Le rôle des palmarès et classements, ou comment les étudiant.e.s en Licence 3 de Gestion à Paris-Dauphine évaluent leur formation par Séverine Chauvel et Pierre Clément
Une hausse des frais d’inscription en France est-elle inéluctable ou même simplement souhaitable ? par Léonard Moulin
La résistible ascension de la gestion universitaire et la transformation de la culture académique par Brice Le Gall
L’essor des écoles supérieures de commerce, cas d’école de la privatisation de l’enseignement supérieur en France ? par Marianne Blanchard
La « réussite pour tous » passe-t-elle par la « professionnalisation » de l’enseignement supérieur ? par Vanessa Pinto
Grand entretien avec Lyonel Trouillot
Haïti, une occupation molle
Chronique de la gauche de gauche 
Front de gauche. Refondation ? Relance ? par Louis Weber
La rhétorique réactionnaire 
Sur l’origine et les fondements de l’inégalité, par Gérard Mauger
Médias 
Front national : indignations sélectives et banalisation effective, par Henri Maler et Julien Salingue
Chronique d’outre-Manche 
Les écrivains écossais et la question de l’indépendance, par Keith Dixon
 

samedi 20 septembre 2014

vidéo: Dominic Thomas, Noirs d'encre. Colonialisme, immigration et identité au coeur de la littérature afro-française

Dominic Thomas
Noirs d'encre
Colonialisme, immigration et identité au coeur de la littérature afro-française
Préface d'Achille Mbembe
Postace de Pascal blanchard
et Nicolas Bancel
La Découverte
2013

Présentation de l'éditeur
Dans cet ouvrage original à plus d'un titre, Dominic Thomas explore les bouleversements qui ont résulté de la domination coloniale et postcoloniale, et les impacts sur les sociétés et populations africaines de la dissolution partielle des structures d'États-nations modernes en faveur de mécanismes supranationaux. L'auteur s'appuie sur une étude comparatiste d'oeuvres littéraires et donne à voir les circonscriptions transnationales issues du colonialisme et de l'immigration. Ainsi que l'émergence d'une littérature « afro-française », qui rafle les prix littéraires internationaux et fait connaître la la+ngue, plus profondément sans doute que ne le peuvent les institutions de la francophonie. En mobilisant les apports de différentes disciplines (anthropologie, sociologie, études francophones, Gender Studies, études sur les diasporas, études postcoloniales), Noirs d'encre souligne l'importance pour la société française de valoriser une nouvelle histoire de France qui ferait clairement comprendre que les diasporas noires se trouvent au coeur de l'ouverture de la France au monde, au coeur même de sa modernité.
Dominic Thomas, directeur du département d’études françaises et francophones de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), est spécialiste des politiques d’échanges culturels entre l’Afrique et la France et des questions d’immigration et de racisme en Europe. Il a notamment publié La France noire (avec Pascal Blanchard, La Découverte, 2011) et Africa and France : Postcolonial Cultures, Migration, and Racism (Indiana University Press, 2013).


vendredi 3 mai 2013

Sociétés contemporaines n° 89, 2013/1, Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise »

Sociétés contemporaines n° 89, 2013/1, Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise »


Présentation de l'éditeur
Le « nouvel esprit du capitalisme » charrie maints discours sur ce que doit être l'entreprise : consciente de sa responsabilité sociale en matière d’environnement, de parité femmes-hommes et de diversité, respectueuse de la qualité de ses produits, attentive aux consommateurs, ouverte aux enjeux européens, etc. Ces discours, qui circulent dans le monde économique comme dans l’espace public, ne sont pas qu’un « air du temps » ou un Zeitgeist. Une série de dispositifs et d’institutions sociales assurent leur diffusion et divers acteurs sociaux en tirent ressources économiques et profits.
Ce dossier s’intéresse aux biens symboliques que l’entreprise fabrique « sur » et « pour » elle-même. Il montre comment certains des topiques de ces « écritures institutionnelles » s’enracinent dans des univers professionnels concrets (consulting, lobbying, management, etc.), dans des pratiques (édition de livres, organisation de colloques, médiation entre concurrents économiques, promotion auprès de l’État de nouveaux dispositifs administratifs, etc.) et s’incarnent chez des acteurs sociaux désireux de se parfaire via des modèles d’accomplissement professionnels. En d’autres termes, il se donne pour objet l’ensemble des acteurs et des procédés qui participent à la rénovation des « façades institutionnelles » des firmes et à l’actualisation des formes de légitimation de leur utilité sociale et de leur organisation interne, contribuant ainsi à l’émergence d’une « nouvelle entreprise ».

Page 5 à 16
Introduction
Isabel Boni-Le Goff et Sylvain Laurens   Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise » : Acteurs, pratiques et dispositifs d'une écriture institutionnelle 

Page 17 à 46
Sylvain Laurens   Make it E.U. friendly Les entrepreneurs du « patronat européen » face aux logiques de la concurrence économique

Page 47 à 71
Isabelle Bruno   Le Malcolm Baldrige National Quality Award : des « gourous » aux « missionnaires » de la qualité

Page 73 à 99
Sylvain Thine et al.   Entreprendre et dominer Le cas des consultants

Page 101 à 130
Soline Blanchard et al.   Une cause de riches ? L'accès des femmes au pouvoir économique

Page 131 à 154
Sarah Abdelnour   L'entrepreneuriat au service des politiques sociales : La fabrication du consensus politique sur le dispositif de l'auto-entrepreneur

mardi 25 décembre 2012

Actes de la Recherche en Sciences Sociales n° 195 – Décembre 2012 // Centres-villes : modèles, luttes, pratiques

Actes de la Recherche en Sciences Sociales n° 195 – Décembre 2012 // Centres-villes : modèles, luttes, pratiques
Seuil

Numéro coordonné par Sylvie Tissot


Montreuil, « le 21e arrondissement de Paris » ?
La gentrification ou la fabrication d’un quartier ancien de centre-ville
Anaïs Collet

La vi(ll)e en rose ?
Quartiers gays et trajectoires homosexuelles à Paris et Montréal
Colin Giraud


Politiques urbaines et justifications écologiques
Note sur les centres-villes « durables » en Amérique latine
Eliza Benites-Gambirazio

« Il faut de tout pour faire un monde clos »
Genèse historique, délimitations matérielles et symboliques du « quartier européen » à Bruxelles, 1960-2010
Sylvain Laurens, Francis Marchan et Mathieu Van Criekingen


LECTURES CRITIQUES Attention, un espace peut en cacher un autre
Fabrice Ripoll

jeudi 9 février 2012

Emmanuel Blanchard, La police parisienne et les Algériens (1944-1962)

Emmanuel Blanchard
La police parisienne et les Algériens (1944-1962)
Nouveau Monde éditions
2011


Présentation de l'éditeur
Le « problème nord-africain » : c’est ainsi que la police a pris pour habitude de qualifier après-guerre la question des Algériens installés en région parisienne. Théoriquement égaux en droit avec les autres citoyens français, ils étaient cantonnés à certains emplois et quartiers, en butte à une forte emprise policière et objets de nombreux fantasmes touchant à leurs pratiques sexuelles ou délinquantes.
De 1925 à 1945, les Algériens ont été « suivis » par une équipe spécialisée, la Brigade nord-africaine de la préfecture de police. Celle-ci dissoute, les « indigènes » devenus « Français musulmans d’Algérie » sont désormais l’affaire de tous les personnels de police. Au début des années 1950, l’émeute algérienne devient un sujet de préoccupation majeur, exacerbé par la répression féroce de la manifestation du 14 juillet 1953, place de la Nation. Une nouvelle police spécialisée est alors reconstituée avec la Brigade des agressions et violences. Ses objectifs :  pénétrer les « milieux nord-africains » et ficher les Algériens.
Entre 1958 et 1962, dans le contexte de la guerre ouverte en Algérie, le répertoire policier se radicalise : il faut désormais « éliminer les indésirables ». Rafles, camps d’internement et retours forcés se multiplient. Les brutalités policières deviennent fréquentes, jusqu’à la torture. Le préfet de police Maurice Papon reçoit un « chèque en blanc » pour combattre le FLN. Les massacres d’octobre 1961 incarnent le moment le plus tragique de cette période noire. Les mécanismes en sont éclairés par une étude historique rigoureuse fondée sur des archives et des témoignages inédits.
Emmanuel Blanchard est maître de conférences en science politique à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP). Ses recherches portent sur les polices en situation coloniale et sur la socio-histoire des politiques d’immigration.

mercredi 8 février 2012

2012 : les sociologues s’invitent dans le débat



2012 : les sociologues s’invitent dans le débat
Textes rassemblés par Louis Pinto
éditions du Croquant
2012

Présentation de l'éditeur
L’expérience de la collection savoir/agir révèle la richesse et l’originalité des analyses proposées par des intellectuels critiques. Or ceux-ci, plus familiers avec la description et l’explication du réel qu’avec l’élaboration de programmes, ne sont pas à l’aise dans une conjoncture électorale. Mais, précisément pour cette raison, ils ne sont pas nécessairement mal placés pour faire ce qu’eux seuls sont en mesure de faire. À savoir d’une part, étblir un diagnostic synthétique de l’état des choses dans un domaine de leur compétence ; d’autre part, énumérer un certain nombre de points qui leur semblent décisifs pour ce que pourrait être une politique de gauche.
L’exercice de militantisme intellectuel proposé ici a quelque chose de paradoxal. Alors que la gauche de gauche se voit d’ordinaire associée à des idées dites maximalistes, il s’agit de favoriser, sur des points précis, la formulation de principes d’action en deçà desquels une gauche digne de ce nom ne pourrait que se déjuger : non pas placer la barre très haut, la placer plutôt au minimum, un minimum qui pourrait aussi être l’essentiel, bref ce qui ne saurait être escamoté.
L’urgence semble aujourd’hui de montrer qu’autre chose est possible, réalisable, en refusant à la fois la capitulation social-démocrate devant la loi d’airain du capitalisme financier et le délire incantatoire du discours « anticapitaliste ». Le « réalisme utopique » dont parlait Bourdieu ne se distingue ni par les fausses précisions du discours d’expert ni par des proclamations grandioses mais vagues : il consiste à chercher les points précis où peut se faire un basculement des rapports de force en faveur de la justice sociale, de la démocratie et de la maîtrise collective du futur. Être « radical » consiste à être simplement conséquent : c’est, après avoir pris connaissance des questions posées, chercher des réponses qui pourraient être à la hauteur de ces questions. En matière d’environnement ou de marché financier, la réalité se charge de montrer que des idées autrefois considérées comme radicales, et donc exclues de l’horizon du pensable, ne sont pas aussi extravagantes qu’on avait bien voulu le dire.
Table des matières
Aller à l’essentiel
Louis Pinto
Sortir du capitalisme financier, étape nécessaire, mais non suffisante d’une alternative globale
Frédéric Lebaron
La crise est là
Le capitalisme financier reste dominant
Ordre et désordre néolibéraux
Quelles réponses ?
Réduire fortement et structurellement les inégalités de revenus et de patrimoines
Anéantir la spéculation financière
Faire du système bancaire un instrument au service d’objectifs économiques, sociaux et environnementaux
Développer des mécanismes de solidarités
Remobiliser électoralement les milieux populaires
Céline Braconnier
Reconstruire l’électorat populaire
Ce qui peut faire voter malgré le désenchantement
Une démocratie sociale apportant plus de pouvoir aux salariés
Sophie Béroud et Karel Yon
Un remède à la crise ?
Des syndicats plus « légitimes » pour négocier dans l’entreprise
Démocratie sociale ou fétichisme de la négociation ?
Vers de véritables points d’appui pour conférer du pouvoir aux salariés
Pour une réappropriation collective de la démocratie locale
Michel Koebel
Comment contrecarrer ces tendances ?
La désocialisation de la santé
Frédéric Pierru
Le dilemme électoral du candidat Sarkozy
La privatisation progressive du financement des soins courants
La révolution conservatrice de la médecine libérale
Les cliniques au secours de la Sécu…
Une santé de moins en moins publique
Le remède : reconstruire les quatre services publics constitutifs du système de santé égalitaire et solidaire
« Délinquance zéro »
Gérard Mauger
« Angélisme » – « Réalisme » ?
Sociogenèse des pratiques délinquantes ordinaires
Le répertoire des « politiques de sécurité »
Pour une « politique de gauche » face à la délinquance
Une autre justice
Laurent Willemez
La justice : fonction symbolique, fonction répressive
L’offensive contre le pouvoir judiciaire et les magistrats
L’affaiblissement de la fonction judiciaire par la RGPP
Une « autre justice » ?
Remettre les droits des étrangers au centre des politiques d’immigration
Emmanuel Blanchard et Alexis Spire
Défendre le droit à quitter son pays
Pour une régulation démocratique des mouvements migratoires
Construire une politique de l’hospitalité
Développer la sécurité et la stabilité juridique des règles d’entrée et de séjour
Un chômage contre les chômeurs ?
Emmanuel Pierru
Le poids du stigmate
La peau de chagrin des droits des chômeurs
Une assurance chômage qui assure de moins en moins
La paupérisation des chômeurs
Accompagnement ou contrôle renforcé des chômeurs ? La création de Pôle Emploi
Les laissés pour compte de la formation professionnelle continue
En guise de conclusion : réconcilier les chômeurs avec les syndicats et la gauche ?
L’école pour tous, enfin !
Bertrand Geay
Le bilan contrasté de « l’école unique »
L’incohérence du curriculum
La dialectique des ségrégations et de la concurrence
Une entreprise de déprofessionnalisation
Cinq propositions
Université : contre la bureaucratie de marché
Bertrand Geay, Samuel Bouron et Pierre Clément
Le marché à marche forcée
L’anomie bureaucratique
Quelques mesures d’urgence pour en sortir
Une recherche résolument publique et vraiment autonome
Louis Pinto
Gouvernance des personnels
Gouvernance de l’évaluation
Gouvernance de la recherche
Propositions
Transformer les médias
Henri Maler
Éléments de diagnostic
Quelques cibles
Constituer et constitutionnaliser un Conseil national des médias
Contrecarrer la concentration et la financiarisation des médias
Constituer un service public de l’information et de la culture
Garantir les droits des journalistes, des créateurs et des usagers
Affranchir les sondages politiques de l’emprise du marché
Rémy Caveng
Les sondages : un marché ; les sondeurs : des marchands
Une économie de la précarité
Que faire des sondages politiques ?