« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 28 février 2017

Sarah Abdelnour, Moi, petite entreprise. Les auto-entrepreneurs, de l'utopie à la réalité

Sarah Abdelnour
Moi, petite entreprise
Les auto-entrepreneurs, de l'utopie à la réalité
PUF
2017

Présentation de l'éditeur
« Faire de la France un pays d’entrepreneurs », tel a été l’un des objectifs des politiques menées ces dernières années, dont le point d’orgue est le régime d’auto-entrepreneur, qui a suscité depuis 2008 plus d’un million d’inscriptions.
Une analyse du modèle du « tous entrepreneurs » met en lumière l’origine libérale de ce type de politiques mises en place par des opposants au modèle salarial. Il en ressort également qu’au-delà de l’autonomie parfois recherchée, la promotion de l’auto-entrepreneuriat séduit notamment en se présentant au service de ceux qui veulent s’en sortir. La fragilité des auto-entrepreneurs est pourtant patente, puisque 90 % d’entre eux gagnent moins que le SMIC et que tous perdent les acquis sociaux du salariat dans une société en voie d’ubérisation.
Quel est le sens politique de cette nouvelle injonction à être entrepreneur de sa vie ? En quoi cela vient-il bousculer le modèle social français ? Comment expliquer la mise à leur compte si rapide de plus d’un million d’individus et comment les vies de ces travailleur-se-s s’en sont-elles trouvées modifiées ?
Sarah Abdelnour est maître de conférences en sociologie à l'université Paris-Dauphine. Ancienne élève de l'ENS de Cachan et agrégée de sciences économiques et sociales, elle a réalisé une thèse de sociologie à l'EHESS sur le régime de l'auto-entrepreneur. Elle a déjà publié Les nouveaux prolétaires (éditions Textuel). 


lundi 18 novembre 2013

Sarah Abdelnour, Les Nouveaux Prolétaires

Sarah Abdelnour
Les Nouveaux Prolétaires
Textuel
2012

Lire un extrait


Présentation de l'éditeur
Que reste-t-il des prolétaires, cette classe ouvrière décrite par Marx comme exploitée, mais aussi comme capable de se révolter et d’entrainer la chute du capitalisme ? A première vue, il n’en reste rien : le monde ouvrier semble disparu, le travail moins dur et plus intellectuel, les luttes envolées, et le capitalisme toujours bien en place. Pourtant, l’auteur montre que la notion n’est pas si anachronique qu’il y parait, et qu’elle permet d’aborder les transformations du monde du travail.
Les nouveaux prolétaires, ce sont d’abord les mêmes que les anciens, soumis à un travail dur et des salaires faibles, puisqu’il ne faut pas oublier qu’un tiers des hommes en emploi aujourd’hui encore sont des ouvriers. Mais ce sont aussi désormais les employés. Et plus largement, ce sont les précaires, ces salariés fragiles et mal protégés qui se multiplient aujourd’hui, notamment parmi les femmes, les jeunes ou encore les immigrés.
Si des prolétaires, il y en a donc encore, sont-ils pour autant unis et capables de se mobiliser collectivement, et donc de former une classe sociale ? Les obstacles sont nombreux et les luttes fragiles, mais les classes populaires continuent de se battre pour exister politiquement.
- Le livre remet en question des lieux communs, sur la disparition du monde ouvrier, la « moyennisation » de la société, la fin du travail, ou encore l’extinction des grèves.
- Il décrit la transformation des formes de domination au travail, notamment par la pression du chômage et de la précarité, générateurs d’inégalités et de tensions sociales.
- Il réactualise Marx, en observant les capacités de résistance et d’organisation de cet archipel de précaires, malgré la perte de vitesse de la gauche et des syndicats.
Sarah Abdelnour est ancienne élève de l’Ecole normale supérieure de Cachan, agrégée de sciences économiques et sociales, doctorante au Centre Maurice Halbwachs (CNRS/EHESS/ENS), et ATER à Sciences Po Paris. Après une recherche sur les mobilisations de salariés précaires de la Fnac, elle travaille actuellement, sous la direction de Florence Weber, sur la conception politique et les usages sociaux du régime de l’auto-entrepreneur.

vendredi 3 mai 2013

Sociétés contemporaines n° 89, 2013/1, Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise »

Sociétés contemporaines n° 89, 2013/1, Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise »


Présentation de l'éditeur
Le « nouvel esprit du capitalisme » charrie maints discours sur ce que doit être l'entreprise : consciente de sa responsabilité sociale en matière d’environnement, de parité femmes-hommes et de diversité, respectueuse de la qualité de ses produits, attentive aux consommateurs, ouverte aux enjeux européens, etc. Ces discours, qui circulent dans le monde économique comme dans l’espace public, ne sont pas qu’un « air du temps » ou un Zeitgeist. Une série de dispositifs et d’institutions sociales assurent leur diffusion et divers acteurs sociaux en tirent ressources économiques et profits.
Ce dossier s’intéresse aux biens symboliques que l’entreprise fabrique « sur » et « pour » elle-même. Il montre comment certains des topiques de ces « écritures institutionnelles » s’enracinent dans des univers professionnels concrets (consulting, lobbying, management, etc.), dans des pratiques (édition de livres, organisation de colloques, médiation entre concurrents économiques, promotion auprès de l’État de nouveaux dispositifs administratifs, etc.) et s’incarnent chez des acteurs sociaux désireux de se parfaire via des modèles d’accomplissement professionnels. En d’autres termes, il se donne pour objet l’ensemble des acteurs et des procédés qui participent à la rénovation des « façades institutionnelles » des firmes et à l’actualisation des formes de légitimation de leur utilité sociale et de leur organisation interne, contribuant ainsi à l’émergence d’une « nouvelle entreprise ».

Page 5 à 16
Introduction
Isabel Boni-Le Goff et Sylvain Laurens   Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise » : Acteurs, pratiques et dispositifs d'une écriture institutionnelle 

Page 17 à 46
Sylvain Laurens   Make it E.U. friendly Les entrepreneurs du « patronat européen » face aux logiques de la concurrence économique

Page 47 à 71
Isabelle Bruno   Le Malcolm Baldrige National Quality Award : des « gourous » aux « missionnaires » de la qualité

Page 73 à 99
Sylvain Thine et al.   Entreprendre et dominer Le cas des consultants

Page 101 à 130
Soline Blanchard et al.   Une cause de riches ? L'accès des femmes au pouvoir économique

Page 131 à 154
Sarah Abdelnour   L'entrepreneuriat au service des politiques sociales : La fabrication du consensus politique sur le dispositif de l'auto-entrepreneur