Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



jeudi 13 février 2014

Olivier Christin, Vox populi. Une histoire du vote avant le suffrage universel

Olivier Christin
Vox populi 
Une histoire du vote avant le suffrage universel
Collection Liber
SEUIL
2014

 Documents et pièces justificatives : annexes numériques de l'ouvrage

Présentation de l'éditeur
L’élection n’a pas toujours été tenue pour le moyen le plus équitable, le plus efficace et le plus transparent de distribuer les charges et les honneurs publics ou de désigner ceux qui devaient contribuer à la fabrication de la Loi. Longtemps, d’autres systèmes ont joui d’un prestige égal sinon supérieur, qu’il s’agisse du tirage au sort, de l’hérédité, de la cooptation ou de l’appel à l’Esprit Saint.

Les élections existaient pourtant, dans d’innombrables lieux et institutions : les villes et les villages, les ordres religieux et les conclaves ? où agissait justement l’Esprit Saint ? les universités et les académies. Mais elles servaient en réalité d’autres fins que la sélection des meilleurs représentants et la juste répartition des charges, comme la reproduction sociale des élites, la défense de l’orthodoxie… Elles n’avaient finalement pas grand-chose à voir avec la démocratie.

C'est ainsi l'idée d'un progrès linéaire des institutions représentatives depuis la fin du Moyen Âge jusqu'aux révolutions du XVIIIe siècle que met en cause Olivier Christin. Une contribution importante aux débats contemporains sur la démocratie représentative.

Olivier Christin est professeur d'histoire moderne à l'Université de Neuchâtel et directeur d'études à l'École pratique des hautes études à Paris (Ve section). Spécialiste des relations entre arts et réformes religieuses de la première période moderne, il a notamment publié au Seuil La Paix de religion. L'autonomisation de la raison politique au XVIe siècle (1997) et Les Yeux pour le croire. Les dix commandements en images, XVe-XVIIIe siècle (2003).

Aucun commentaire: