Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



jeudi 5 juin 2014

Hélène Charron, Les formes de l’illégitimité intellectuelle. Les femmes dans les sciences sociales françaises 1890-1940


Hélène Charron
Les formes de l’illégitimité intellectuelle
Les femmes dans les sciences sociales françaises 
1890-1940
Culture & Société
CNRS
2013

Présentation de l'éditeur
L’histoire des sciences sociales françaises a surtout retenu les réalisations des intellectuels les mieux positionnés dans l'institution académique, laissant dans l’ombre les formes dominées de savoirs et, en premier lieu, ceux proposés par les femmes. Pourtant, celles-ci ont cherché sans relâche à s’intégrer aux groupes et aux périodiques de sciences sociales, de sociologie et d’anthropologie.
Hélène Charron retrace ici la généalogie des présences féminines dans les principaux sous-espaces du champ des sciences sociales françaises de 1890 à 1940. Accédant d’abord aux sciences sociales par le champ de la réforme sociale, les réseaux leplaysiens, le catholicisme social, les femmes et leurs travaux ne suscitent pas de controverses : les enjeux pratiques priment sur ceux de la connaissance. À l’inverse, les figures de la transgression, comme Clémence Royer, Céline Renooz, Jane Misme ou Madeleine Pelletier, provoquent des réactions négatives qui renvoient leurs analyses vers le champ politique.
À mesure que les femmes accèdent aux diplômes universitaires, les formes de marginalisation par le genre s’adaptent et évoluent. L’opposition entre féminité et compétences intellectuelles se redéploie tout en maintenant l'illusion que seuls le mérite individuel et la valeur intrinsèque des idées régissent la reconnaissance.
Un livre essentiel où ceux qui s’intéressent aux sciences sociales et aux études de genre vont trouver matière à réflexion sur la genèse de la distribution et de la consécration inégales entre hommes et femmes dans l’espace académique.
Enseignante en sociologie, Hélène Charron est chercheure associée à la Chaire Claire-Bonenfant - Femmes, Savoirs et Sociétés, à l'Université Laval. Ses recherches portent principalement sur la division sexuée du travail dans les sciences sociales françaises et québécoises. Elle a notamment publié La sociologie entre nature et culture : genre et évolution sociale dans L'Année sociologique aux presses de l'Université Laval, en 2011.

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