Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



samedi 14 février 2015

Rencontre avec Pierre Carles et Annie Gonzalez, rushes de leur film en cours sur Pierre Bourdieu (Festival Filmer le Travail, 14 février 2015)


La fabrique des images du travail. Rencontre avec Pierre Carles et Annie Gonzalez

Horaire : 11h00
Lieu : Espace Mendès France, POITIERS
14 février 2015
Entrée gratuite

6e Festival international
Filmer le Travail

Présentation par le Festival Filmer le Travail
Dans le cadre de ce rendez-vous initié l’an dernier pour donner la parole aux professionnels du cinéma qui s’intéressent à la thématique du travail, cette année Pierre Carles et Annie Gonzalez nous présenteront des rushes de leur film en cours sur Pierre Bourdieu. Thème abordé : la place des entretiens dans une démarche documentaire.

Nous préparons un long-métrage, Bourdieu, le retour, un retour au présent, dans l’univers de Pierre Bourdieu, disparu en 2002. De la publication en 1964 du livre Les Héritiers à la sortie de La distinction, ses travaux sur les pratiques culturelles le conduiront à élaborer une nouvelle théorie des classes sociales, à une époque ou de nombreux essayistes ou sociologues proclamaient leur fin et l’embourgeoisement généralisé des sociétés modernes. Cinquante ans plus tard qu’en est-il ?
A l’occasion du tournage de La sociologie est un sport de combat, Pierre Carles a filmé un grand nombre de situations : des séquences qui n’ont pas été utilisées et qui, pourtant, gardent toujours la force de la présence et de la pensée de Bourdieu. Nous avons aussi accumulé de nombreuses archives inédites. Nous avons rangé ces séquences de façon thématique : de A comme Algérie à Z comme Zorro, en passant par Capital, Béarn, Manet, Engagement, Théorie, Humour, etc. Les étapes d’un voyage dans la planète Bourdieu.
Nous avons longtemps pensé à un usage partagé, quasi didactique de ce matériau – abécédaire, collections de super-super-bonus, compléments interactifs- bref, cherché une architecture savante qui aurait l’avantage d’offrir d’autres pans originaux et passionnants de cette période « en suivant Bourdieu » et de structurer en entrées multiples et dynamiques le visionnement d’extraits non linéaires.
Mais il a fallu du temps, voir et revoir ces images, les articuler, s’en éloigner, continuer nos lectures et nos rencontres, oublier, dépasser les querelles de « chapelles » et d’héritage pour retrouver ce qui nous avait mus dans un premier temps : le plaisir de voir une pensée en mouvement, novatrice, d’une clarté et d’une exigence stimulante. C’est ce que nous voulons partager, ce plaisir de la connaissance, cette excitation de se sentir transformés par l’expérience du savoir à mesure que la pensée d’un grand savant se développe devant nous.
Nous n’étions pas les seuls à avoir ressenti ce grand mouvement dans nos existences. Et si nous allions voir ceux dont la vie a été changée par leur rencontre avec Pierre Bourdieu ? Ceux qui l’ont réellement rencontré en chair et en os ou ceux qui l’ont découvert par le texte, par une conférence, par une réunion, par une apparition dans l’espace public…
Pierre Carles et  Annie Gonzalez


 (source: Filmer le travail)

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