Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mercredi 2 décembre 2015

Eleonora Elguezabal, Frontières urbaines. Les mondes sociaux des copropriétés fermées

Eleonora Elguezabal 
Frontières urbaines
Les mondes sociaux des copropriétés fermées
Préface de préface de Christian Topalov
P.U.Rennes
Géographie sociale 
2015


Présentation de l'éditeur
La prolifération d’espaces résidentiels « fermés » dans différentes villes du monde est couramment interprétée comme l’une des principales preuves que la ville ne serait plus simplement ségrégée, mais qu’elle serait de nos jours fragmentée, voire duale. Selon cette approche, ces « enclaves résidentielles » matérialiseraient dans l’espace de nouvelles frontières sociales : à l’intérieur de leurs murs, l’entre-soi des riches, à l’extérieur, l’exclusion et l’abandon.
Ce livre se propose de renouveler l’étude de ces frontières urbaines en opérant un changement d’échelle d’analyse : aux approches typologiques et macro-analytiques dominant la recherche sur les gated communities, il oppose une démarche microsociologique mettant la focale sur les expériences des acteurs et sur leurs représentations, pratiques et usages de la « clôture ». À partir d’une enquête de terrain réalisée dans les « copropriétés fermées » de Buenos Aires (Argentine), l’ouvrage montre que leurs frontières ne sont pas étanches et rigides comme le suppose la notion d’enclave, mais plutôt labiles – changeantes, toutes relatives – et poreuses – traversées jour après jour par de nombreux employés subalternes de service.
En explorant ces labilités et porosités, ce sont des mondes sociaux hétérogènes, conflictuels et dynamiques, qui se donnent à voir. Au fil des pages, l’« enclave résidentielle », plutôt que comme un fait établi, apparaît comme un modèle, que certains acteurs cherchent à transformer en réalité ou approuvent, mais auquel d’autres résistent et qu’ils mettent en échec
Eleonora Elguezabal est sociologue, chargée de recherche à l’INRA (CESAER). Cet ouvrage est issu de sa thèse de doctorat, soutenue à l’EHESS en 2011.

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