Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mercredi 1 mars 2017

Alain Accardo, Pour une socioanalyse du journalisme


Alain Accardo
Pour une socioanalyse du journalisme
Agone
Cent mille signes
2017

Présentation de l'éditeur
Le journalisme étudié comme une profession majoritairement au service des intérêts des dominants entre autres du fait de sa structure sociale.
"La représentation médiatique du monde, telle qu’elle est fabriquée quotidiennement par les journalistes, ne montre pas ce qu’est effectivement la réalité mais ce que les classes dirigeantes et possédantes croient qu’elle est, souhaitent qu’elle soit ou redoutent qu’elle devienne. Autrement dit, les médias dominants et leurs personnels ne sont plus que les instruments de propagande, plus ou moins consentants et zélés, dont la classe dominante a besoin pour assurer son hégémonie."
Les lecteurs habitués aux concepts de la sociologie bourdieusienne ne découvriront sans doute rien de bien nouveau sur le plan théorique dans ce petit livre. Mais ils apprendront peut-être de quelle manière on peut les mettre directement en application dans un projet indissociable de connaissance et d’émancipation personnelle et collective.
    Quant aux lecteurs peu ou pas du tout familiers avec ces outils et ces auteurs, ils pourront découvrir de la manière la plus claire pourquoi et comment cette socioanalyse du métier de journaliste est en même temps celle d’une classe sociale dont cette corporation est une fraction emblématique, la petite bourgeoisie intellectuelle.
    Ce texte est une version actualisée et complétée de l’introduction que l’auteur a donnée à un livre collectif réédité chez Agone en 2007 et consacrée à l’analyse sociologique des pratiques journalistiques, Journalistes précaires, journalistes au quotidien. Cette réédition le replace dans le travail que l’auteur mène depuis la fin des années 1990 sur les classes moyennes – avec des livres comme De notre servitude involontaire et Le Petit Bourgeois gentilhomme (Agone, 2001, 2013 et 2003, 2009).
 

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