Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



jeudi 16 mars 2017

vidéo: La « vie au poste » de Samuel Gontier, « journaliste de canapé », Jeudi d’Acrimed

Jeudi d’Acrimed :
La « vie au poste » de Samuel Gontier,
« journaliste de canapé »
Jeudi 15 décembre 2016
Bourse du travail de Paris


Samuel Gontier
Ma vie au poste 
Huit ans d’enquête (immobile) sur la télé du quotidien
La Découverte
2016

Présentation de l'éditeur
Depuis 2008, le journaliste Samuel Gontier s’astreint pour le site Télérama.fr à écrire (presque) chaque jour dans son blog « Ma vie au poste » sur le tout-venant du petit écran : journaux, chaînes infos, éditions spéciales, retransmissions sportives, téléréalité, talk-shows, magazines dits « de société »… Une chronique souvent édifiante, jamais méchante, toujours hilarante.
Écrit dans la même veine, ce petit essai enlevé synthétise huit ans d’une rigoureuse enquête où, rivé au poste, Samuel Gontier a réuni un ensemble impressionnant de pièces à conviction. Et le verdict est sans appel : la télé « réellement existante », celle qui occupe la majorité du temps d’antenne et rassemble les plus larges audiences, est aux antipodes des valeurs de « rigueur dans le traitement de l’information » et de « respect de la dignité de la personne humaine » qu’est censé promouvoir le Conseil supérieur de l’audiovisuel.
Simpliste, démagogue et servile, souvent raciste et sexiste, cette télévision dessine un monde effrayant où le culte d’un passé fantasmé voisine avec un scientisme échevelé, où l’on promeut la charité en vilipendant les assistés. Où les faits divers, avec la ritournelle de l’« immense émotion suscitée par ce drame », servent de tremplin à des discours extrémistes. Où la tyrannie des émotions règne sans pitié, la plus primale, la peur, restant mobilisée comme jamais.
Mieux vaut en rire qu’en pleurer. Tel est aussi le message subliminal de ce livre : à l’heure d’Internet, la « machine à formater les esprits » reste toujours puissante, mais un nombre croissant de nos contemporains refuse d’y succomber.  

Samuel Gontier a réalisé l’essentiel de sa carrière àTélérama, d’abord comme secrétaire de rédaction de 1996 à 2004, puis comme rédacteur et chroniqueur.

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