Pierre Bourdieu, in Pour un savoir engagé, Athènes, mai 2001, Raisons d'agir-Grèce, Le Monde Diplomatique, février 2002 — Page 3, aussi in Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique, Agone, P.465-469
"D’autre part, les mouvements sociaux ont apporté des méthodes d’action que les syndicats ont peu à peu, encore une fois, oubliées, ignorées ou refoulées. Et en particulier des méthodes d’action personnelle : les actions des mouvements sociaux recourent à l’efficacité symbolique, une efficacité symbolique qui dépend, pour une part, de l’engagement personnel de ceux qui manifestent ; un engagement personnel qui est aussi un engagement corporel.
Il ne s’agit pas de défiler, bras dessus bras dessous, comme le font traditionnellement les syndicalistes le 1er mai. Il faut faire des actions, des occupations de locaux, etc. Ce qui demande à la fois de l’imagination et du courage."

lundi 11 juin 2018

audio: Xavier Vigna, L’espoir et l’effroi. Luttes d’écritures et luttes de classe en France au XXe siècle




La Marche de l'histoire par Jean Lebrun, 21 mars 2017


Xavier Vigna
L’espoir et l’effroi
Luttes d’écritures et luttes de classe en France au XXe siècle
La Découverte
2016

Présentation de l'éditeur
Le XXe siècle a porté à son apogée la classe ouvrière en France. Les vagues de grèves qu’elle conduit et les organisations syndicales ou politiques qu’elle rejoint suscitent à la fois espoir et effroi, devant l’idée que les ouvriers puissent bouleverser radicalement l’ordre social.
Ce double sentiment s’est exprimé dans une multitude d’écrits. L’État par le truchement de la police ou des inspecteurs du travail, le patronat, les organisations catholiques, les sociologues, sans parler des lettrés qui choisirent de se faire ouvriers plus ou moins longtemps dès l’entre-deux-guerres, n’ont cessé d’évaluer la classe ouvrière et sa moralité. Les ouvriers ont répondu dans des tracts, des témoignages ou des romans, qui racontent le travail, la vie et les luttes.
Ce sont ces textes, tantôt sous forme d’archives, tantôt publiés, connus ou complètement inédits, que Xavier Vigna explore dans ce livre.Il montre que ces luttes d’écritures relèvent bien de luttes de classes.
On se souvient d’Emmanuel Macron dénonçant l’illettrisme supposé des ouvriers : quand un tel mépris vient légitimer la domination sociale et politique, quand l’anticommunisme conduit à l’anti-ouvriérisme, l’écriture ouvrière, qui réplique et réfute, oeuvre à l’émancipation individuelle et collective.
En revisitant l’histoire ouvrière, cet ouvrage invite à relire le XXe siècle français.

Xavier Vigna est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne. Il est notamment l’auteur de L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines (Rennes, PUR) en 2007 et de Histoire des ouvriers en France au XXe siècle (Paris, Perrin) en 2012.
Extrait


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