« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 25 janvier 2021

en poche: Xavier Vigna, Histoire des ouvriers en France au XXe siècle

 


Xavier Vigna

Histoire des ouvriers en France au XXe siècle 

Perrin

Tempus

2021

 

Présentation de l'éditeur

Une histoire sociale et politique de la « classe ouvrière ».

Loin des idées reçues, cet ouvrage sans équivalent raconte et explore « le siècle ouvrier ». Faisant la part belle aux témoignages, l'auteur trace les contours du quotidien ouvrier : travail, engagements, combats, mais aussi vie de famille, logements, loisirs. Il inscrit l'histoire de ces hommes et ces femmes dans un siècle scandé par les crises, du Front populaire à Mai 1968, en passant par les deux guerres mondiales et la crise des années 1930

Balayant bien des clichés – comme les liens indéfectibles entre partis de gauche et classe ouvrière – et investissant d’autres thèmes – les femmes, les immigrés, la « centralité » ouvrière –, cette synthèse novatrice nous livre les clés pour saisir la force et la complexité d’un monde qui incarne le XXe siècle français dans son aspiration à la solidarité comme dans sa récente déstabilisation.

Professeur d'histoire contemporaine à l’université Paris-Nanterre, Xavier Vigna est membre du Centre Georges-Chevrier et de l’Institut universitaire de France. Spécialiste d’histoire sociale de la France contemporaine, il a notamment publié L’insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines (Presses universitaires de Rennes, 2007), a codirigé avec Jean Vigreux, Mai-juin 1968. Huit semaines qui ébranlèrent la France (Editions universitaires de Dijon, 2010) et a publié plus récemment, L'espoir et l'effroi. Luttes d'écritures et luttes de classe en France au XXe siècle (La Découverte, 2016). 

 

 

mercredi 4 décembre 2019

Les enquêtes ouvrières dans l'Europe contemporaine, Sous la direction de Éric Geerkens, Nicolas Hatzfeld, Isabelle Lespinet-Moret, Xavier Vigna


Les enquêtes ouvrières dans l'Europe contemporaine
Sous la direction de 
Éric Geerkens, Nicolas Hatzfeld
Isabelle Lespinet-Moret, Xavier Vigna
La Découverte
Recherches
2019


Présentation de l'éditeur
S’il est un spectre qui hante l’Europe des XIXe et XXe siècles, c’est bien celui de la classe ouvrière. En témoignent les innombrables enquêtes qui lui sont consacrées : elles disent combien la « question sociale », telle qu’elle s’invente avec l’industrialisation, est d’abord une inquiétude sur la condition ouvrière et son évolution. Ces mondes ouvriers, si prompts aux soulèvements, constituent une énigme que de multiples enquêtes visent à résoudre, le plus souvent pour conjurer une menace.
Ce livre propose un voyage étonnant à ses lecteurs en les conduisant, par les yeux des enquêteurs, dans les taudis de Manchester, les cités minières du Borinage ou les usines Mirafiori de Turin. Il éclaire d’un jour nouveau des figures illustres des sciences sociales : Frédéric Le Play, Max Weber ou Maurice Halbwachs ; mais il les fait aussi voisiner avec des artistes (Zola et les écrivains naturalistes, les cinéastes autour de Chris Marker) et avec des collectifs soudés par un engagement – féministes, jocistes ou révolutionnaires.
En explorant ce qui mêla indissociablement pratiques scientifiques et passions politiques, l’ouvrage offre une contribution originale à une histoire transnationale de l’Europe contemporaine.  
Éric Geerkens est professeur à l’université de Liège, où il enseigne l’histoire économique et sociale.
Nicolas Hatzfeld est professeur émérite à l’université d’Évry Paris-Saclay et membre de l’IDHES.
Isabelle Lespinet-Moret est professeure à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et directrice adjointe du CHS mondes contemporains.
Xavier Vigna est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne. Il est notamment l’auteur de L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines (Rennes, PUR) en 2007 et de Histoire des ouvriers en France au XXe siècle (Paris, Perrin) en 2012.
  

lundi 30 septembre 2019

audio: Michel Pialoux, Le temps d’écouter. Enquêtes sur les métamorphoses de la classe ouvrière



avec Paul Pasquali
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau , 28.09.2019



Michel Pialoux
Le temps d’écouter
Enquêtes sur les métamorphoses de la classe ouvrière
Raisons d'agir
Cours & Travaux
2019


Présentation de l'éditeur
Ce livre concentre plusieurs décennies de travail d’un des plus importants sociologues français contemporains, Michel Pialoux, co-auteur de plusieurs livres sur le monde ouvrier, avec le sociologue Stéphane Beaud ou le syndicaliste Peugeot Christian Corouge. Il rassemble des textes écrits entre 1970 et 2000, inédits ou dispersés dans une multitude de revues, dont certaines ne sont plus disponibles. Ces textes, bien souvent méconnus, sont pourtant d’une importance majeure. Ils analysent la condition ouvrière selon une diversité inédite de points de vue, qu’il s’agisse d’habitat insalubre, de politiques du logement, de pauvreté urbaine, de sous-prolétariat économique, de jeunesse intérimaire, d’organisation du travail, de hiérarchies dans l’entreprise, de militantisme syndical ou encore des rapports entre intellectuels et groupes dominés – ce qui conduit même l’auteur à discuter l’impact des théories sociales (Marx, Foucault, etc.) sur l’appréhension du monde social.
Ce livre offre un modèle d’enquête et de rapports aux enquêtés, d’articulation entre le terrain ethnographique et la réflexion théorique, par l’imbrication peu fréquente aujourd’hui entre sociologie, économie et histoire. En transmettant moins des techniques qu’une posture où le chercheur se donne « le temps d’écouter », il exprime surtout une juste distance à l’égard des dominés, de leurs modes d’existence et de résistance.







mardi 3 septembre 2019

Michel Pialoux, Le temps d’écouter. Enquêtes sur les métamorphoses de la classe ouvrière


Michel Pialoux
Le temps d’écouter
Enquêtes sur les métamorphoses de la classe ouvrière
Raisons d'agir
Cours & Travaux
2019


Présentation de l'éditeur
Ce livre concentre plusieurs décennies de travail d’un des plus importants sociologues français contemporains, Michel Pialoux, co-auteur de plusieurs livres sur le monde ouvrier, avec le sociologue Stéphane Beaud ou le syndicaliste Peugeot Christian Corouge. Il rassemble des textes écrits entre 1970 et 2000, inédits ou dispersés dans une multitude de revues, dont certaines ne sont plus disponibles. Ces textes, bien souvent méconnus, sont pourtant d’une importance majeure. Ils analysent la condition ouvrière selon une diversité inédite de points de vue, qu’il s’agisse d’habitat insalubre, de politiques du logement, de pauvreté urbaine, de sous-prolétariat économique, de jeunesse intérimaire, d’organisation du travail, de hiérarchies dans l’entreprise, de militantisme syndical ou encore des rapports entre intellectuels et groupes dominés – ce qui conduit même l’auteur à discuter l’impact des théories sociales (Marx, Foucault, etc.) sur l’appréhension du monde social.
Ce livre offre un modèle d’enquête et de rapports aux enquêtés, d’articulation entre le terrain ethnographique et la réflexion théorique, par l’imbrication peu fréquente aujourd’hui entre sociologie, économie et histoire. En transmettant moins des techniques qu’une posture où le chercheur se donne « le temps d’écouter », il exprime surtout une juste distance à l’égard des dominés, de leurs modes d’existence et de résistance.




dimanche 26 août 2018

Cédric Lomba, La restructuration permanente de la condition ouvrière. De Cockerill à ArcelorMittal

Cédric Lomba
La restructuration permanente de la condition ouvrière
De Cockerill à ArcelorMittal 
du Croquant
Champ social
2018
Présentation de l'éditeur
Quand on évoque les restructurations industrielles, on pense d'abord aux fermetures d'usines et aux drames sociaux qu'elles engendrent.
On oublie toutefois que ces fermetures sont l'aboutissement d'un long processus de restructurations partielles auxquelles ont dû faire face les travailleurs depuis de longues années. Pour comprendre comment les travailleurs vivent dans ce contexte d’incertitudes répétées, Cédric Lomba a multiplié les observations et les entretiens, pendant près de vingt ans, auprès des ouvriers d’usines métallurgiques d’une multinationale (ArcelorMittal) de la région de Liège en Belgique. Il présente ainsi l’évolution des mécanismes gestionnaires qui justifient les restructurations, les ajustements collectifs entre ouvriers dans les usines, les transformations du syndicalisme de base, les effets des réorganisations sur la santé au travail, sur les trajectoires professionnelles et sociales des ouvriers et, de façon plus générale, sur leurs modes de vie.
Cédric Lomba est directeur de recherche au CNRS et membre du Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris. Ses travaux portent sur les mondes ouvriers de l’industrie, sur les rapports entre classes sociales et sur le militantisme au travail.

lundi 9 juillet 2018

audio: Ingrid Hayes, Radio Lorraine coeur d'acier, 1979-1980. Les voix de la crise




audio: Ingrid Hayes, Radio Lorraine coeur d'acier, 1979-1980. Les voix de la crise
Paroles d'histoire par André Loez, 20.06.2018


Ingrid Hayes
Radio Lorraine coeur d'acier, 1979-1980
Les voix de la crise
Presses de Sciences Po
Académique 
2018

Présentation de l'éditeur
Le 17 mars 1979, Radio Lorraine cœur d'acier, « radio de lutte » de la CGT, émet pour la première fois, au vu et au su de tous mais en totale illégalité, depuis l’ancien hôtel de ville de Longwy, à l’aide d’une antenne fixée sur le toit de l’église. Au plus fort des mobilisations contre le démantèlement de la sidérurgie, s’y retrouvent syndicalistes, ouvriers, femmes de sidérurgistes, commerçants, immigrés, enseignants, journalistes et artistes venus de Paris. Jusqu’à ce que la CGT mette un terme brutal à l’aventure, quinze mois plus tard.
En s’ouvrant à la société locale, à ses valeurs, ses doutes, ses tensions et ses contradictions, la radio déborde largement du cadre de références cégétistes que le syndicat souhaite diffuser. Elle saisit sur le vif l’ordinaire des rapports sociaux et des modes de domination, qu’ils soient culturels, de genre ou de nationalité.
Témoignage rarissime d’une parole chichement consignée par l’histoire, ce livre singulier puise au fonds volumineux, et inexploité à ce jour, des émissions de « LCA ». Il fait revivre un temps fort de ce territoire ouvrier, un temps où se jouent des formes d'émancipation individuelle et collective, alors que brûlent les derniers feux des années 68.

Ingrid Hayes est maîtresse de conférences en histoire à l'Université de paris Nanterre.


lundi 11 juin 2018

audio: Xavier Vigna, L’espoir et l’effroi. Luttes d’écritures et luttes de classe en France au XXe siècle




La Marche de l'histoire par Jean Lebrun, 21 mars 2017


Xavier Vigna
L’espoir et l’effroi
Luttes d’écritures et luttes de classe en France au XXe siècle
La Découverte
2016

Présentation de l'éditeur
Le XXe siècle a porté à son apogée la classe ouvrière en France. Les vagues de grèves qu’elle conduit et les organisations syndicales ou politiques qu’elle rejoint suscitent à la fois espoir et effroi, devant l’idée que les ouvriers puissent bouleverser radicalement l’ordre social.
Ce double sentiment s’est exprimé dans une multitude d’écrits. L’État par le truchement de la police ou des inspecteurs du travail, le patronat, les organisations catholiques, les sociologues, sans parler des lettrés qui choisirent de se faire ouvriers plus ou moins longtemps dès l’entre-deux-guerres, n’ont cessé d’évaluer la classe ouvrière et sa moralité. Les ouvriers ont répondu dans des tracts, des témoignages ou des romans, qui racontent le travail, la vie et les luttes.
Ce sont ces textes, tantôt sous forme d’archives, tantôt publiés, connus ou complètement inédits, que Xavier Vigna explore dans ce livre.Il montre que ces luttes d’écritures relèvent bien de luttes de classes.
On se souvient d’Emmanuel Macron dénonçant l’illettrisme supposé des ouvriers : quand un tel mépris vient légitimer la domination sociale et politique, quand l’anticommunisme conduit à l’anti-ouvriérisme, l’écriture ouvrière, qui réplique et réfute, oeuvre à l’émancipation individuelle et collective.
En revisitant l’histoire ouvrière, cet ouvrage invite à relire le XXe siècle français.

Xavier Vigna est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne. Il est notamment l’auteur de L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines (Rennes, PUR) en 2007 et de Histoire des ouvriers en France au XXe siècle (Paris, Perrin) en 2012.
Extrait


mercredi 5 avril 2017

Savoir/Agir N°39, Les désindustrialisations (re)visitées

 
Savoir/Agir N°39, Les désindustrialisations (re)visitées
éditions du Croquant
2017 

Présentation de l'éditeur
La désindustrialisation s’inscrit de manière récurrente dans les débats publics comme une des transformations économiques et sociales majeures des pays du Nord depuis la fin des années 1970. Pour autant, elle mérite d’être mieux définie dans ses contours et ses effets.
Des historiens relativisent, dans ce numéro, la nouveauté et l’ampleur des désindustrialisations. D’autres articles soulignent les déplacements des industries en fonction des stratégies internationalisées des firmes, notamment dans le secteur de la logistique et dans les zones franches de pays du Sud. Des contributions interrogent également les multiples dimensions des reconfigurations d’anciens bassins industriels et les implications des politiques locales de reconversions de ces espaces. Ce sont enfin les effets des transformations « industrielles » sur les ouvrier.e.s en Europe qui sont présentés. Il s’agit de saisir à la fois la dégradation des conditions d’emploi, de travail et de vie des mondes ouvriers et les formes de résistances individuelles ou collectives qu’elles entraînent.

Table des matières
Éditorial
Une affaire d’ethos. Le cas Fillon et la crise du néolibéralisme, par Frédéric Lebaron
Dossier
Les désindustrialisations (re)visitées. Dossier coordonné par Jean-Luc Deshayes et Cédric Lomba
Les fermetures d’usines dans un espace social localisé de qualification : le Bassin sidérurgique de Longwy, par Jean-Luc Deshayes
Carmaux. La cité de Jaurès à l’épreuve de la désindustrialisation, par Romain Castellesi
Sociologie des modes de gestion de main-d’œuvre «  hors sol  », par Delphine Mercier
Mobilité, ancrage et rapport à l’espace des jeunes des classes populaires rurales, par Thomas Venet
Rester ou partir  ? Déclin minier et paris sur l’avenir en Roumanie postcommuniste, par Maria Voichita Grecu
Des univers ouvriers bousculés par les restructurations répétées, par Cédric Lomba
Produire le flux. L’entrepôt comme prolongement d’un monde industriel sous une forme logistique, par Carlotta Benvegnù et David Gaborieau

Grand entretien avec Michaël Löwy
Penser au sein d’une constellation marxiste. Propos recueillis par Vincent Gay

Paroles
Mobilisation/démobilisation politique au Val Fourré, par Gérard Mauger et Nasser Tafferant

Chronique de la gauche de gauche
Deux gauches  ? Ou trois  ?, par Louis Weber

La rhétorique réactionnaire
Un champ politique illisible, par Gérard Mauger

Chroniques du monde
Déforestation et palmier à huile. Diversité des productions et réception de la critique, par Stéphanie Barral



jeudi 5 janvier 2017

en poche: Edward P. Thompson, La Formation de la classe ouvrière anglaise

Edward P. Thompson
La Formation de la classe ouvrière anglaise
Seuil/Points Histoire
2017

Présentation de l'éditeur
Préface de François Jarrige
En France, peu d’historiens ont joué un rôle politique et intellectuel équivalent à celui qu’a tenu Edward Palmer Thompson en Grande-Bretagne et, plus largement, dans le monde. Peu de livres ont exercé une influence aussi profonde sur l’écriture de l’histoire contemporaine que cette somme publiée une première fois en anglais en 1963, traduite en français vingt-cinq ans plus tard.
Ce livre foisonnant et engagé, d’une richesse exceptionnelle, qui tente de tisser ensemble de multiples fils afin de restituer l’expérience vécue par les contemporains de la « révolution industrielle » demeure d’une extraordinaire actualité. Comme l’écrit Thompson lui-même dans sa préface : « Certaines causes perdues de la révolution industrielle peuvent nous éclairer sur des plaies sociales encore ouvertes aujourd’hui. » En reconstituant la vie des pauvres tisserands à bras, des artisans « utopistes » et radicaux, des luddistes brisant les machines, en s’efforçant de les « sauver de l’immense condescendance de la postérité », Thompson a écrit un chapitre décisif de notre passé. Près de cinquante ans après, la lecture de ce grand livre peut encore nous aider à nous orienter face aux bouleversements et aux incertitudes du présent.
Edward P. Thompson (1923-1993)
Historien britannique, spécialiste d’histoire sociale et culturelle, il est l’auteur d’une œuvre importante consacrée à l’histoire du radicalisme politique et des mouvements ouvriers.


vendredi 25 mars 2016

Bande-annonce: COMME DES LIONS, un film de Françoise Davisse

BANDE ANNONCE COMME DES LIONS from Les films du balibari on Vimeo.

COMME DES LIONS, un film de Françoise Davisse
Les films du balibari, coproduit par Les productions du Verger
2016


Résumé
“COMME DES LIONS” plonge le spectateur au cœur de deux ans d’engagement de salariés de PSA Aulnay contre la fermeture de leur usine qui employait plus de 3 000 personnes dont près de 400 intérimaires. Des immigrés, des enfants d’immigrés, des militants, bref des ouvriers du 93 se sont découverts experts et décideurs. Ces salariés ont mis à jour les mensonges de la direction, les faux prétextes, les promesses sans garanties, les raisons de la faiblesse de l’État. Bien sûr ils n’ont pas « gagné ». Mais peut être faut-il arrêter de tout penser en terme de « gain ». La vie est faite d’expériences, de risques, d’aventure et de fierté. Et là, ces deux ans sont une tranche de vie exceptionnelle. Un moment d’intelligence collective, de démocratie et de révélations.

lundi 4 janvier 2016

Savoir/agir n° 34, De la classe ouvrière aux classes populaires

Savoir/agir n° 34
De la classe ouvrière aux classes populaires
éditions du Croquant
2016 
Présentation de l'éditeur
Il fut un temps qui n’est pas si lointain où « la classe ouvrière » était créditée d’un rôle messianique par les uns, d’épouvantail par les autres. Son éclipse consécutive à celle, intellectuelle et politique, du marxisme, à l’effondrement du socialisme « réellement existant », à la désindustrialisation massive, etc., a pu sembler emporter avec elle les rapports de domination et les inégalités sous toutes leurs formes dans une société désormais « moyennisée » et/ou « individualisée ». La montée du chômage et de la précarité, le retour de « l’insécurité sociale », le creusement des inégalités, etc., ont fait que, depuis la fin des années 1990, on s’est avisé chez les sociologues, les journalistes et les politiques que « les classes populaires » ne sont pas pour autant disparues avec « la classe ouvrière ». Certes, les classes populaires ne sont pas ce que la classe ouvrière n’a jamais été ailleurs que dans l’imagination des intellectuels. En mobilisant les très nombreuses enquêtes désormais disponibles, il s’agira dans ce dossier de cerner « ce que populaire veut dire », de s’interroger sur le rassemblement des ouvriers et des employés sous le même label, d’étudier les multiples clivages qui traversent les classes populaires, de se demander comment elles se reproduisent et comment on s’en échappe, de reposer la question de « la culture populaire ».

Sommaire

Éditorial
Géopolitisations, par Frédéric Lebaron
Dossier : De la classe ouvrière aux classes populaires, coordonné par Gérard Mauger
Portrait statistique des classes populaires contemporaines, par Thomas Amossé
Compter les classes populaires  : où sont les femmes  ?, par Monique Meron
École  : les trois chemins, par Tristan Poullaouec
L’accession à la propriété  : facteur de division des classes populaires  ?, par Violaine Girard
Le retour des classes est «  populaire  » à l’Association française de sociologie, par Jean-Luc Deshayes
De la sociologie de la classe ouvrière à la sociologie des classes populaires. Penser ensemble la condition des ouvriers et des employé-e-s, par Marie Cartier, Isabelle Coutant, Olivier Masclet, Nicolas Renahy, Yasmine Siblot
Pourquoi la gauche a-t-elle perdu les classes populaires  ?, par Stéphane Beaud, Michel Pialoux
Représenter les classes populaires  ?, par Lorenzo Barrault-Stella, Bernard Pudal
Grand entretien avec Thomas Piketty : Pour une approche qui mêle histoire, sociologie, culture… Propos recueillis par Frédéric Lebaron
Paroles
Tuer la contestation dans l’œuf. Histoire d’une implantation syndicale avortée dans la restauration rapide, par Charles Berthonneau
Chronique de la gauche de gauche
Front de gauche  : toujours la panne, par Louis Weber
L’expérience grecque (III)
«  Un pistolet sur la tempe   », par Gérard Mauger
Chroniques du monde
Le «  prix  » de la Révolution en Tunisie, par Amin Allal
Culture
Représentations du social et positionnement esthétique de deux transfuges. Le cinéma des frères Dardenne, par Cédric Lomba

mardi 8 décembre 2015

Michael Burawoy, Produire le consentement

Michael Burawoy
Produire le consentement 
Traduction/Quentin Ravelli
La ville brûle
Mouvement réel
2015
Préface

Présentation de l'éditeur
Depuis les années 1930, les sociologues du travail se demandent pourquoi les ouvriers ne travaillent pas plus... Michael Burawoy se demande quant à lui pourquoi les ouvriers travaillent aussi dur, et ce qui les fait consentir à leur propre exploitation.
Pour tenter de répondre à ces questions, il a travaillé près d'une année à la chaîne d'une usine de moteurs de la banlieue de Chicago. Aux antipodes d'une vision patronale de la sociologie du travail, Produire le consentement mêle descriptions ethnographiques et théorie du procès de travail capitaliste. Michael Burawoy y analyse le procès de production comme un jeu dont les travailleurs élaborent eux-mêmes les règles, et montre que cet ensemble de pratiques informelles construisant un espace de travail en partie contrôlé par les ouvriers, loin d'atténuer l'exploitation, la renforce.
Produire le consentement, qui s'est imposé comme un classique de la sociologie du travail depuis sa parution en 1979, n'avait jamais été traduit en français.

Michael Burawoy est un sociologue britannique reconnu mondialement. Né en Grande-Bretagne en 1948, il enseigne aujourd'hui à l'université de Berkeley, aux États-Unis. Il a présidé la prestigieuse American Sociological Association, puis l'Association internationale de sociologie (2010-2014). Il est l'auteur de nombreux ouvrages majeurs, qui font référence en sociologie du travail.

Quentin Ravelli est sociologue, chercheur au CNRS. Des médicaments aux crédits à risque, il s'intéresse à la vie des marchandises pour comprendre l'économie. Il est l'auteur d'un livre de sociologie sur l'industrie pharmaceutique, La stratégie de la bactérie, et de deux romans.

lundi 1 juin 2015

vidéo: Fanny Gallot, En découdre. Comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société


Boîte à idées par Mathilde Goanec, Mediapart

Fanny Gallot
En découdre
Comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société
La Découverte
2015

Présentation de l'éditeur
Alors que depuis la fin des années 1990, le monde ouvrier revient sur le devant de la scène avec des luttes de plus en plus dures (occupations, séquestrations, grèves de la faim, menaces de faire « sauter l’usine », etc.), le rôle joué par les femmes a été passé sous silence. À la différence des hommes, elles ont souvent effectué leur carrière entière dans la même usine et subissent de plein fouet l’épreuve des restructurations ou de la liquidation pure et simple.
Qui sont ces femmes décidées à « en découdre » ? Ayant commencé à travailler après 1968, elles n’ont plus grand-chose de commun avec leurs mères : elles ne sont ni fatalistes ni résignées. Grâce à leurs combats, de nouvelles lois ont révolutionné le travail et, plus largement, la société. Elles ont obtenu d’être reconnues comme des salariée s à part entière, et non pas comme des subalternes devant se contenter d’un salaire d’appoint. Elles ont mis en cause le pouvoir des petits chefs disposant d’un quasi-droit de cuissage. Elles ont donné sa dignité au travail en usine jusqu’alors considéré comme dégradant pour une femme. Elles ont changé le fonctionnement syndical en refusant de tout déléguer aux hommes. Les syndicats ont été obligés de prendre en charge des questions comme la contraception, l’avortement ou le partage des tâches familiales.
Fanny Gallot s’est appuyée, entre autres, sur les témoignages précis des femmes engagées dans cette lente et profonde révolution. Elle raconte leurs histoires surprenantes et émouvantes, comme celles des ouvrières de Chantelle et Moulinex dont les luttes ont marqué l’actualité. 
Fanny Gallot est maîtresse de conférence à l'université Paris-Est-Créteil. Elle est membre du Centre de recherche en histoire européenne comparée. Sa thèse, soutenue en décembre 2012 sous la direction de Michèle Zancarini-Fournel, a obtenu le prix 2013 de l'Institut du genre du CNRS.

mercredi 28 janvier 2015

vidéo: Beverley Skeggs, Des femmes respectables. Classe et genre en milieu populaire (Présentation par Anne-Marie Devreux)


vidéo: Présentation de l'ouvrage Des femmes respectables. Classe et genre en milieu populaire de Beverley Skeggs, par Anne-Marie Devreux
(source: Canal-U)
Journées d’étude organisées par les réseaux Classes sociales, inégalités, fragmentations, Méthodes, Sociologie des élites et Justice sociale de l’AFS.
Site CNRS Pouchet, Paris, 16 décembre 2014
Beverley Skeggs
Des femmes respectables
Classe et genre en milieu populaire
Traduit de l’anglais par Marie-Pierre Pouly
Préface d’Anne-Marie Devreux
Agone
2015


Présentation de l'éditeur
"On est sorties à Manchester l’autre samedi, toutes les trois. C’était bien en fait, on s’est bien marrées. Mais à un moment on est allées dans le quartier bourge, et on se marrait devant les chocolats en se demandant combien on en aurait mangé si on avait pu se les payer, et il y a cette femme qui nous a lancé un regard. Si les regards pouvaient tuer. Genre, on était là, c’est tout, on faisait rien de mal, on n’était pas crades ni rien. Elle nous a juste regardées. On aurait dit que c’était chez elle et qu’on n’avait rien à faire là. Ben tu sais quoi, on est parties, on n’a plus rien dit pendant une demi-heure. T’imagines ? On s’est bien fait remettre à notre place. On aurait dû lui mettre notre poing dans la gueule. C’est des trucs comme ça qui te dégoûtent de sortir. Il vaut mieux rester chez soi."

La matière première de ce livre est une série d’entretiens menés par Beverley Skeggs avec quatre-vingt-trois jeunes femmes issues de la classe ouvrière anglaise, inscrites à une formation d’aide à la personne et travaillées par leur propre respectabilité. Abordant leur rapport à la sexualité, à la classe ou au féminisme, cet ouvrage vient apporter un prolongement essentiel aux travaux de Pierre Bourdieu et de Paul Willis.
Sociologue britannique comptant parmi les spécialistes des cultural studies et de la pensée féministe, Beverley Skeggs a notamment codirigé Transformations : Thinking Through Feminism (Routledge, 2000) et Feminism after Bourdieu (Blackwell, 2004).

mardi 19 novembre 2013

video: Un ouvrier à la chaîne, dialogue avec un sociologue | Christian Corouge - Michel Pialoux


vidéo:  Un ouvrier à la chaîne, dialogue avec un sociologue, Christian Corouge et Michel Pialoux

Cet entretien a suivi la diffusion du film de Laurence Jourdan, Sochaux, cadences en chaînes, 2010
Christian Corouge, ancien ouvrier de chez Peugeot-Sochaux
Michel Pialoux, sociologue, maître de conférences à l’EHESS, auteur, avec Stéphane Beaud, de Retour sur la condition ouvrière. Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard (Fayard, 1999)
Rencontre présentée par Richard Sobel, maître de conférences en économie à l’université Lille 1, chercheur au Clersé (UMR 8019) 
PRINTEMPS DES SHS 2012 - QUE FAIRE DU TRAVAIL ? Ciné-rencontre
(Source: Canal-U)


Christian Corouge - Michel Pialoux
Résister à la chaîne
Dialogue entre un ouvrier de Peugeot et un sociologue
Introduction de Michel Pialoux et Épilogue 2010
Édition établie par Julian Mischi
Agone
2011

Présentation de l'éditeur
Pendant quatre jours je t’ai raconté des trucs sur le travail, les lois Auroux, les trente-huit heures… Seulement ça, je vais te le dire, ça crée un déséquilibre complet, parce qu’une semaine comme ça, c’est pas facile de la vivre quand tu travailles en chaîne et que t’as en plus plein de boulot syndical à faire. C’est pas facile.
Alors mes mains, dans tout ça, qu’est-ce qu’elles deviennent, mes mains ? On dit : « Bon, en 1974, il avait mal aux mains. Maintenant ça a l’air de passer. Il est devenu beaucoup plus intellectuel, il n’a plus mal aux mains, il a mal à la tête… » Il est fou, quoi. Seulement, moi, je travaille encore avec mes mains ! Et ça, ça me fait toujours mal. Mais maintenant je me tais. Parce que, pendant dix ans, tu en souffres tout seul. Et en même temps, tu as l’impression d’être une espèce de cobaye… aussi bien de la part des copains… qui veulent surtout pas écrire ce genre de truc avec moi, alors qu’en fait, à mon avis, leur boulot de militant – c’est à eux que je devrais le dire –, ça aurait été de faire ce livre avec moi.
Au début des années 1980, le sociologue Michel Pialoux rencontre Christian Corouge, ouvrier et syndicaliste chez Peugeot-Sochaux. Ils entament un long dialogue sur le travail à la chaîne, l’entraide dans les ateliers et la vie quotidienne des familles ouvrières. À partir de l’histoire singulière d’un ouvrier, devenu porte-parole de son atelier sans jamais le quitter, sont abordées les difficultés de la constitution d’une résistance syndicale.

Ouvrier et syndicaliste à la CGT, Christian Courouge, a travaillé sur les chaînes Peugeot-Sochaux de 1969 à 2011. Dans ce dialogue avec Michel Pialoux il évoque notamment la violence du travail à la chaine et la lutte syndicale.
Michel Pialoux est sociologue, a notamment écrit (avec Stéphane Beaud) Retour sur la condition ouvrière. Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard (Fayard, 1999 / La Découverte, 2012).


lundi 18 novembre 2013

Sarah Abdelnour, Les Nouveaux Prolétaires

Sarah Abdelnour
Les Nouveaux Prolétaires
Textuel
2012

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Présentation de l'éditeur
Que reste-t-il des prolétaires, cette classe ouvrière décrite par Marx comme exploitée, mais aussi comme capable de se révolter et d’entrainer la chute du capitalisme ? A première vue, il n’en reste rien : le monde ouvrier semble disparu, le travail moins dur et plus intellectuel, les luttes envolées, et le capitalisme toujours bien en place. Pourtant, l’auteur montre que la notion n’est pas si anachronique qu’il y parait, et qu’elle permet d’aborder les transformations du monde du travail.
Les nouveaux prolétaires, ce sont d’abord les mêmes que les anciens, soumis à un travail dur et des salaires faibles, puisqu’il ne faut pas oublier qu’un tiers des hommes en emploi aujourd’hui encore sont des ouvriers. Mais ce sont aussi désormais les employés. Et plus largement, ce sont les précaires, ces salariés fragiles et mal protégés qui se multiplient aujourd’hui, notamment parmi les femmes, les jeunes ou encore les immigrés.
Si des prolétaires, il y en a donc encore, sont-ils pour autant unis et capables de se mobiliser collectivement, et donc de former une classe sociale ? Les obstacles sont nombreux et les luttes fragiles, mais les classes populaires continuent de se battre pour exister politiquement.
- Le livre remet en question des lieux communs, sur la disparition du monde ouvrier, la « moyennisation » de la société, la fin du travail, ou encore l’extinction des grèves.
- Il décrit la transformation des formes de domination au travail, notamment par la pression du chômage et de la précarité, générateurs d’inégalités et de tensions sociales.
- Il réactualise Marx, en observant les capacités de résistance et d’organisation de cet archipel de précaires, malgré la perte de vitesse de la gauche et des syndicats.
Sarah Abdelnour est ancienne élève de l’Ecole normale supérieure de Cachan, agrégée de sciences économiques et sociales, doctorante au Centre Maurice Halbwachs (CNRS/EHESS/ENS), et ATER à Sciences Po Paris. Après une recherche sur les mobilisations de salariés précaires de la Fnac, elle travaille actuellement, sous la direction de Florence Weber, sur la conception politique et les usages sociaux du régime de l’auto-entrepreneur.

mercredi 30 octobre 2013

écouter: Thierry Pillon, Le corps à l'ouvrage

écouter:

Thierry Pillon, Le corps à l'ouvrage
La tête au carré par Mathieu Vidard, 27.05.2012


Thierry Pillon
Le corps à l'ouvrage
Stock
2012

Présentation de l'éditeur
Le travail au quotidien, à la mine, en usine ou en atelier, est une expérience qui s’inscrit dans le corps et le marque, parfois avec violence. L’apprentissage des gestes et des postures, la maîtrise du rythme ou le vertige de la vitesse le forment en le pliant aux habitudes. La lumière, le bruit, la chaleur le plongent dans un univers de sensations envahissantes. À l’épreuve d’objets, d’outils ou de substances dangereuses, il garde trace de blessures, de maladies, d’accidents.
Enfin, le contact avec les autres, la promiscuité des odeurs et des humeurs, mais aussi l’exhibition de la virilité et les jeux de séduction, lui assignent un espace de perceptions intimes. Pour restituer au plus près ce corps à l’ouvrage, Thierry Pillon a utilisé une étonnante série de récits, de témoignages et d’autobiographies rédigés depuis le début du xxe siècle. Ils sont précis, troublants, terribles par moments.
On y découvre, par exemple, ces jeunes mineurs qui restent seuls au bal tant ils transpirent noir, le piquant irritant des cristaux sur la peau des femmes dans une usine de sucre, les métaphores guerrières pour dire le bruit, mais aussi la beauté des usines et leur silence à l’arrêt des machines, la provocation insolente des blagues sexuelles ou le besoin de caresse de ces corps meurtris. Attentif et rigoureux, Thierry Pillon analyse à la fois les continuités et les ruptures dues aux changements techniques ou aux évolutions des sensibilités.
C’est tout un monde ouvrier en mouvement qui s’incarne sous sa plume.
Thierry Pillon est maître de conférence à l’université d’Evry. Il a notamment publié Traité de sociologie du travail (avec F. Vatin, 2003), Georges Friedmann. Les débuts de la sociologie du travail (2009). Il a collaboré à la récente Histoire de la virilité (2011).  


mercredi 24 juillet 2013

écouter: Martin Thibault, Ouvriers malgré tout



écouter: Martin Thibault, Ouvriers malgré tout, Cours & Travaux, Raisons d'agir, 2013
Turbulences par Patrick Nivolle et Kevin Sonsa Kini, 28 juin 2013
Martin Thibault
Ouvriers malgré tout
Enquête sur les ateliers de maintenance des trains de la Régie autonome des transports parisiens 
Préface d'Olivier Schwartz
Cours &Travaux
Raisons d'agir
2013

Présentation de l'éditeur
La mort annoncée du monde ouvrier ne doit pas cacher ni la pérennité de cette condition (près du quart de la population active), ni les transformations en cours, notamment dans certaines fractions de la jeunesse. Invisibles, délaissés politiquement, les ouvriers ne semblent plus capables de faire entendre leur voix. Pourtant, un ouvrier sur quatre a aujourd’hui entre 15 et 29 ans et, si les travaux sur les générations antérieures ont été nombreux, la jeunesse ouvrière semble d’autant plus invisible aujourd’hui qu’elle est peu explorée. L’enquête ethnographique présentée dans cet ouvrage, et qui a été menée pendant huit ans sur de jeunes ouvriers de la maintenance des trains à la RATP, entend donner à voir un univers social peu visible à trois titres : le monde ouvrier déjà, celui du public ensuite, la jeunesse ouvrière enfin. Elle nous amène à suivre des trajectoires de jeunes, de leur sortie de l’école à leur insertion dans le monde du travail, de leur quotidien dans l’atelier à leurs activités en dehors, de leurs acceptations des contraintes managériales à de nouvelles formes de résistances au travail...
Ainsi, ce livre se propose de répondre à trois questions : Qu’est-ce qu’être un jeune ouvrier et comment ces jeunes vivent-ils cette condition ? En quoi cette génération apparaît-elle distante de celle qui la précède ? En quoi la perméabilité aux normes managériales du secteur privé tend à remettre en cause la « particularité » de ces ouvriers de la RATP et une certaine idée du service public ?